V. 2673. — Ms. et texte de Sanchez : habrenm
V. 2676. — Par ces mots un Moro latinado, le poète veut dire un More qui savait, qui comprenait le roman, ou la langue romano-espagnole, issue du latin. Abengalvon, voisin de la Castille , devait , en effet, avoir à son service un interprète versé dans la langue en usage parmi les
Il sorlit les recevoir avec de grandes démonstrations de joie.
Dieu ! comme il les servit bien à tout leur souhait !
:>.(>6o Le jour suivant, au matin, il chevaucha avec eux.
Par deux cents cavaliers il les fit escorter.
Us allaient traverser les montagnes, celles qu’on appelle de Luzon. Aux filles du Cid le More donna ses présents;
Aux infants de Carrion, à chacun un beau cheval.
2 665 Ils traversèrent Arbuxuelo et arrivèrent au Jalon.
A l’endroit nommé l’Ansarera ils se sont logés.
Tout cela, le More le leur fit pour l’amour du Cid Campéador. Eux, voyant la richesse que le More avait mise dehors,
Entre les deux frères concertèrent une trahison :
3670 Or çà, puisque nous devons laisser les filles du Campéador, rfSi nous pouvions tuer le More Abengalvon,
•f Toute la richesse qu’il a, ce serait nous qui l’aurions.
«Aussi sûrement nous posséderions cela, que ce qui est à Carrion. «Jamais n’aurait raison de nous le Cid Campéador. »
>67.0 Pendant que ceux de Carrion parlaient de cette perfidie,
Un More latinier bien entendit cela.
Il ne garda point le secret; il le dit à Abengalvon :
« Maître , méfie-toi d’eux , car tu es mon seigneur.
^ J’ai ouï concerter ta mort aux infants de Carrion. n 3680 Le More Abengalvon était très-courageux.
Avec deux cents [hommes] qu’il avait il chevaucha.
Il allait tenant ses armes, il s’arrêta devant les infants.
Ce que le More dit aux infants ne leur plut pas :
«Dites-moi, que vous ai-je fait, infants de Carrion?
3685 «Moi, [je vais] vous servant sans artifice,
« Et vous vous concertez touchant ma mort !
« Si je ne m’en abstenais à cause de Mon Cid de Bivar,
«Je vous ferais telle chose que cela retentirait par le monde,
Chrétiens. Quant au mot latinier, par nous employé , il se trouve dans les plus anciens monuments de notre langue , et nous l’avons préféré à une définition qui n’aurait été qu’un commentaire.
V. 2677. — Texte de Sanchez : Non tienen , poridad , etc. Il ne s’agit pas ici des deux in¬
fants, comme semble l’indiquer ce verbe au pluriel. Il s’agit uniquement du More latinier, qui les a entendus; et nous avons dû mettre le verbe au singulier. — Remarquer aussi, devant Abengalvon , la suppression de l’à pour l’euphonie.
V. 2678. — Le mot acaiaz est le même que celui à'alcayaz. Voir plus haut (v. i5io).
E luego lebaria sus fijas al Campeador leal.
0690 Vos nunqua en Carrion entrariedes iamas.
Aquí m parto de vos como de malos è de traydores.
Hyré con vuestra gracia, doñ’ Elvira è doña Sol :
Poco precio las nuevas de los de Carrion.
Dios lo quiera è lo mande, que de tod’ el mundo es señor, 2695 Daqueste casamiento que grade al Campeador!
Esto les ha dicho, è el Moro se tornó.
Teniendo iban armas al trocir de Salon.
Cuerno de buen seso à Molina se tornó.
Hya movieron de la Ansarera los infantes de Carrion.
2700 Acoiense andar de dia è de noch.
A siniestro dexan Atineza, una peña muy fuert.
La Sierra de Miedes pasáronla estonz.
Por los montes claros aguijan à espolón.
A siniestro dexan a Griza , que Alamos pobló :
2705 Alli son canos do a Elpha encerró.
A diestro dexan à Santesteban, mas cae aluen.
Entrados son los infantes al robredo de Corpes.
Los montes son altos, las ramas puian con las nues,
E las bestias fieras que andan aderredor.
2710 Falaron un vergel con una limpia fuent.
Mandan fincar la tienda infantes de Carrion.
Con quantos que ellos traen y iazen esa noch.
Con sus mugieres en brazos, demuestranles amor.
Mal gelo cumplieron quando salie el sol.
2715 Mandaron cargar las acémilas con grandes haberes.
Cogida han la tienda, alvergaron de noch.
Adelant eran idos los de criazón.
V. 2697. — Avant et après ce vers, le poète n’indique qu’un sujet singulier : Abengalvon. Il met ici le verbe au pluriel, iban, pour le besoin de son vers probablement, désignant Abengalvon et sa compagnie.
V. 270t.— Nous plaçons ailleurs les notes relatives à la géographie du Poème ; mais nous devons observer ici que le motpeña, dans l’ancienne langue espagnole, comme le mot roc , dans notre vieille
langue française , signifie souvent un château fort bâti sur un rocher.— Remarquer, en outre, ce mot fuert, à la fin d’un vers qui se trouve dans un couplet dont l’assonance est en o aigu.
V. 2706. — Remarquer ce mot aluen (ou mieux luen ) , qui termine un vers placé dans un couplet en 0 aigu. Les anciens Provençaux disaient luenh et lonh.