V. 3i4o. — Sanchez dit que fa est l’apocope
de fue. C’est plutôt la forme française : je fus. V. 3ii6. — Alcaldes, c’est-à-dire, juges.
V. 3 1 5¿i . — Sur le sens du mot demandai', voyez, plus haut, le vers 3oç)o et la note.
Mucho vos lo gradesco como à rey è à señor,
Por quanto esta cort ficiestes por mi amor.
Esto les demando à infantes de Garrion.
3i6o Por mis fijas que m dexaron yo non he desonor;
Ga vos las casastes. Rey; sahredes que fer hoy.
Mas quando sacaron mis fijas de Valencia la mayor,
Hyo bien los queria d’alma è de corazón :
Diles dos espadas, à Colada è à Tizón :
3 1 65 Estas yo las gané à guisa de varón : k
Ques* ondrasen con ellas è sirviesen à vos.
Quando dexaron mis fijas en el robredo de Gorpes,
Gomigo non quisieron aver nada è perdieron mi amor.
Denme mis espadas, quando mis yernos non son.
3170 Atorgan los alcaldes : tod’ «sto razón.
Dixo el conde don Garcia : à esto nos fablemos.
Esora salien aparte infantes de Garrion,
Con todos sus parientes è el vando que y son.
Apriesa la yban trayendo è acuerdan la razón.
3175 Aun grand amor nos face el Cid Campeador,
Quando desondra de sus fijas non nos demanda hoy.
Bien nos avendremos con el rey don Alfonso.
Démosle sus espadas, quando así finca la voz;
E quando las toviere, partirse ha la cort.
3 180 Hya mas non abrá derecho de nos el Cid Campeador.
Con aquesta fabla tornaron à la cort.
Merced ya , rey don Alfonso , sodes nuestro señor.
Non lo podemos negar, ca dos espadas nos dió.
Quando las demanda è délias ha sabor,
3 1 85 Dargelas queremos déliant estando vos.
Sacaron las espadas Colada è Tizón;
Pusiéronlas en mano del Rey so señor.
Saca las espadas è relumbra toda la cort :
Las manzanas è los arriaces todos d’oro son.
3igo Maravillanse délias todos los omes buenos de la cort.
V. 3i63. — Texte de Sanchez : Hyo bien veut pas parler deses tilles , mais des infants de
las queria, etc. Au pronom féminin las, nous (larrion. (Voyez, plus loin, le vers3i68.)
avons substitué le pronom masculin los. Le Gid ne V. ii'jo. — A torgan pour otorgan. On en voit
ff Je vous rends maintes grâces comme à roi et à seigneur, rrDe ce que vous avez assemblé cette cour pour l’amour de moi. ff Voici ce que je demande aux infants de Carrion.
3 160 tf A cause de mes filles qu’ils m’ont laissées, je ne suis point déshonoré;
ff Car c’est vous , Roi, qui les avez mariées, [et] vous saurez que faire aujourd’hui. ffMais lorsqu’ils emmenèrent mes filles de Valence la grande, ff Moi qui bien- les aimais d’âme et de cœur, ffJe leur donnai deux épées, Colada et Tizón
3 1 65 ff (Je les avais gagnées en manière de baron) ,
ff Afin qu’avec elles ils s’honorassent et vous servissent, ff Puisqu’ils ont laissé mes filles dans le rouvrai de Corpes,
'fils ont voulu ne plus rien avoir avec moi, et ont perdu mon amour, tf Qu’ils me rendent mes épées , puisqu’ils ne sont plus mes gendres, n
3170 Les alcaldes octroient : ftTout cela est raisonnable. »
Le comte don Garcia dit : ff Parlons ensemble là-dessus, v Alors sortent à part les infants de Carrion ,
Avec tous leurs parents et ceux du parti qui sont là.
Ils abordent aussitôt la question , et se mettent d’accord.
3175 ffLe Cid Campéador nous montre encore beaucoup d’amour,
ff Puisque du déshonneur de ses filles il ne nous demande pas compte aujourd’hui. ftBien nous nous arrangerons avec le roi don Alphonse, ff Donnons-lui ses épées, puisqu’il borne là sa réclamation; ff Et quand il les aura reçues, la cour se séparera.
3 180 tf Jamais n’aura de nous satisfaction le Cid Campéador. r,
Sur cet entretien , ils retournèrent à la cour. ffOr çà, merci, roi don Alphonse, vous êtes notre seigneur. ffNous ne le pouvons nier, car il nous a donné deux épées, ff Puisqu’il les redemande et en a désir,
3 1 85 ffNous voulons les lui rendre, vous étant présent. v Ils tirèrent les épées Colada et Tizón ,
[Et] les mirent dans la main du Roi leur seigneur.
Il tire les épées , et toute la cour reluit ;
[Car] les poignées et toutes les garnitures sont d’or.
3190 Tous les bons-hommes de la cour en sont émerveillés.
d’autres exemples dans les anciens monuments de les expressions ornes buenos (bons-hommes) et la langue espagnole. ricos ornes (riches-hommes) étaient synonymes.
V. 3190. — Dans l’espagnol du moyen âge, De même dans notre ancien français.
Recibió ias espadas , las manos le besó ,
Tornos’ al escaño don se levantó.
En las manos las tiene è amas las cató.
No s le pueden carnear, ca el Cid bien las connosce. 8195 Alegró s le tod’ el cuerpo, sonrrisó s de corazón.
Alzaba à la mano , à la barba se tomó :
Por aquesta barba que nadi non mesó ,
Asís’ yrán vengando doñ’ Elvira è doña Sol !
A so sobrino por nombrel’ lamo.
3aoo Tendió el brazo, la espada Tizón le dió :
Prendetla, sobrino, ca meiora en señor.
A Martin Antolinez, el Burgales de pro,
Tendió el brazo, el espada Colada!’ dió :
Martin Antolinez , mió vasalo de pro ,
3ao5 Prended à Colada: ganóla de buen señor,
Del conde don Remont Berengel de Barcelona la maior. Por eso vos la do que la bien curiedes vos.
Se que si vos acaeciere, con ella Ganaredes grand prez è grand valor.
3a 10 Besóle la mano, el espada tomó è recibió.
Luego se levantó Mió Cid el Campeador :
Grado al Criador, è à vos, Rey señor,
Hya pagado so de mis espadas, de Colada è de Tizón! Otra rencura he de infantes de Carrion.
321 5 Quando sacaron de Valencia mis fijas amas à dos,
En oro è en plata tres mili marcos de plata les di yo. Hyo faciendo esto, ellos acabaron lo só.
Denme mis haberes, quando mios yernos non son.
Aqui veriedes quexarse infantes de Carrion.
3220 Dice el conde don Remond : decid de si ó de no.
Esora responden infantes de Carrion :
Por esol’ diemos sus espadas al Cid Campeador,
Y. 3191. — Le sujet de la phrase n’est pas indiqué , ni le régime indirect non plus. Nous avons précisé.
V. 3 ig4. — Nous avons, suivant notre habitude, cherché à rendre la pensée de l’auteur plutôt que le texte matériel.