V. 3199. — Son neveu Felez Muñoz
V. 3200. — Remarquer, à ce vers, la espada Tizón le dió , et , plus loin (v. 32o3), el espada ColadaV dió.
V. 3203. — Ici et plus loin (v. 3210 et 3672), on remarquera le mot espada , précédé de l’article
Le Cid reçut les épées , baisa les mains au Roi ,
[Et] retourna au banc à dossier d’où il s’était levé.
Il les tient en ses mains, et il les considérait toutes deux.
On ne peut les lui changer, car le Cid les connaît bien.
3195 Tout son corps se réjouit, [et] il sourit en son cœur.
Il leva la main , il se prit la barbe :
«Par cette barbe que personne [jamais] n’arracha,
« Ainsi seront vengées doña Elvire et doña Sol ! »
II appela son neveu par son nom.
3üoo II tendit le bras, [et] lui donna l’épée Tizón :
«Prenez-la, neveu, car elle aura [ainsi] un meilleur seigneur.»
A Martin Antolinez, le Burgalais de distinction,
U tendit le bras, [et] lui d^i'na l’épée Colada :
«Martin Antolinez, mon vassal de distinction,
32o5 «Prenez Colada : je l’ai gagnée sur un bon seigneur,
«Sur le comte don Raymond Bérenger de Barcelone la grande. «Pour cela je vous la donne, afin que vous la gardiez avec soin.
«Je sais que si vous en avez l’occasion, avec elle «Vous acquerrez grand prix et grande estime.»
3s 10 Martin Antolinez lui baisa la main, prit et reçut l’épée.
Aussitôt se leva Mon Cid le Campéador :
«Grâces au Créateur, et à vous, seigneur Roi,
« Me voilà satisfait quant à mes épées , quant à Colada et Tizón ! «[Mais] j’ai un autre sujet de plainte contre les infants de Carrion. 3a 1 5 «Lorsqu’ils emmenèrent de Valence mes deux filles,
«En or et en argent je leur donnai trois mille marcs d’argent. «Tandis que moi j’agissais ainsi, ils mirent à exécution leur projet. «Qu’ils me rendent mon avoir, puisqu’ils ne sont plus mes gendres.» Ici, vous eussiez vu se plaindre les infants de Carrion.
3220 Le comte don Raymond dit : «Dites oui ou non.»
Alors répondent les infants de Carrion :
« Pour cela nous lui avons rendu ses épées , au Cid Campéador,
masculin el, tandis que dans le cours du Poëme ce mot est employé comme substantif féminin. Je ne crois pas , pourtant , que le mot espada ait jamais été des deux genres ; et quand le vieux poète dit el espada, c’est, ce me semble, pour l’eupbonie, comme il dit plus haut (v. 2766) el una, et
comme les Espagnols d’aujourd’hui disent el aima.