V. 3212. — Sanchez met un point à la fin de ce vers
Que al no nos demandase , que aquí fincó la voz.
Si ploguiere al Rey, así decimos nos. Dixo el Rey:
3 sa 5 A lo que demanda el Cid quel’ recudades vos.
Dixo el buen Rey : así lo otorgo yo.
Dixo Alvar Fañez : levantados en pie, el Cid Campeador.
Estos haberes que vos di yo, si me los dades, ó dedes dello razón. Esora salien à parte infantes de Carrion.
3a3o Non acuerdan en conseio; ca los haberes grandes son,
Espensos los han infantes de Carrion.
Tornan con el conseio, è fablaban à so sabor :
Mucho nos afinca el que Valencia ganó,
Quando de nuestros haberes asiT prende de sabor.
3a35 Pagarle hemos de heredades en tierras de Carrjpn.
Dixieron los alcaldes quando manfestados son :
Si eso plogiere al Cid, non gelo vedamos nos;
Mas en nuestro juuicio así lo mandamos nos :
Que aqui lo entergedes dentro en la cort.
32 4o A estas palabras fabló el rey don Alfonso :
Nos bien la sabemos aquesta razón,
Que derecho demanda el Cid Campeador.
Destos tres mili marcos los docientos tengo yo :
Entr’ amos me los dieron los infantes de Carrion.
3e45 Tornargelos quiero, ca todos fechos son.
Enterguen à Mió Cid el que en buen ora nació.
Quando ellos los han à pechar non gelos quiero yo.
Fabló Ferran Gonzalez : haberes monedados non tenemos nos. Luego respondió el conde don Remond :
325o El oro è la plata espendisteslo vos.
Por juuicio lo damos ant’ el rey don Alfonso :
V. 32 2 4. — Ms. et texte de Sanchez : asi decimos nos. Nous adoptons ia ieçon. Mais le vers 32 20 , où le comte don Raymond dit aux infants de répondre par oui ou par non ( decid de si o de no), semble appeler une réponse plus précise; et peut-être faut-il lire : Si pluguiere al Rey así, decimos : no.
V. 3225. — Nous avons traduit le verbe recudir au sens indiqué par Sanchez : responder , sa¬
tisfacer. (Voyez aussi, plus loin, levers 3281.)
V. 3228. — Il faut, je crois, lire à cet endroit la conjonction si; et en voyant le verbe dades à l’indicatif présent , je suis disposé à penser qu’il y a ici une ellipse énergique : Decidme si me los dades , etc. (Dites-moi si vous voulez me le rendre, etc.).
V. 3233-34. — Sanchez met un point à la fin du premier de ces deux vers , et se content**
K Afin qu’il ne nous demandât pas autre chose, car là s’était bornée sa réclamation. « S’il plaît au Roi, ainsi nous disons.» Le Roi dit :
3225 ce Sur ce que demande le Gid il faut queVôus lui donniez satisfaction.»
Le bon Roi ajouta : ce Je l’octroie ainsi.»
Alvar Fañez dit : ce Levez-vous debout, ó Gid Campéador! ce Cet argent que je vous ai donné, rendez-le-moi , ou rendez-m’en raison.»
Alors sortaient à part les infants de Carrion.
323o Ils n’y consentent pas dans leur conseil; car l’argent était considérable,
[Et] les infants de Carrion l’ont dépensé.
Ils rentrent avec ce conseil , et ils parlèrent à leur gré : ce II nous tourmente beaucoup, celui qui a conquis Valence, ce Alors que de notre avoir il lui prend ainsi envie.
3235 ff Nous le payerons en domaines sur les terres de Carrion.»
Quand ils se furent expliqués , les alcaldes dirent : et Si cela plaît au Cid, nous ne nous y opposons point; cf Mais, à notre jugement, nous l’ordonnons ainsi : crQue vous remettiez cela ici [même], dans la cour.»
32îio A ces mots parla le roi don Alphonse : cr Nous savons bien cette affaire, cf [Et] que le Cid Campéador demande une chose juste, ce De ces trois mille marcs, j’en ai deux cents : cr Entre eux deux me les ont donnés les infants de Carrion.
3245 ff Je veux les leur rendre, car ils sont tout faits.
ff Qu’ils [les] remettent à Mon Cid, celui qui en bonne heure naquit, et Puisqu’ils les doivent restituer, je ne les veux plus.»
Fernand Gonzalez parla : ftNous n’avons point d’argent monnayé.»
Aussitôt répondit le comte don Raymond :
325o ffL’or et l’argent, c’est vous qui l’avez dépensé.
cr Par jugement, nous le mandons [ainsi] devant le roi don Alphonse :
de mettre une simple virgule à la fin du second.
V. 32 36. — Le sens de ce mot manj estados n’offre aucune difficulté; mais la forme de ce mot, je l’avoue, m’est suspecte, et je crois qu’il faudrait lire manifestados. Le mot manfestados ne serait-il pas une correction du copiste , qui , ne se rendant pas bien compte des lois de la versification , aura jugé manfestados trop long pour le vers ? Dans mon opinion , la voyelle finale des
mots, tels que quando et manfestados , comptait ou ne comptait pas ad libitum.