V. 3483 Contra’ l pour contra el, comme plus
hauta’I pour à él. (Voyez le vers 333o.) Sanchez interprète contra’l par con el (avec le). Sanchez nous paraît n’avoir pas bien saisi le sens de la préposition contra.
V. 3487. — Cette interjection, ou cet adverbe aosadas , a déjà paru dans notre Poème. (Voyez le vers 44g.)
V. 3488. — Un seigneur puissant, comme ie Cid, avait toujours un certain nombre d’armures, qu’il pouvait, à l’occasion, prêter aux chevaliers de sa maison.
Hyo vos lo sobreliebo como buen vasallo face à señor,
Que non prendan fuerza de conde nin de infanzón.
Aquí les pongo plazo de dentro en mi cort :
Acabo de tres semanas, en vegas de Garrion,
Que fagan esta lid delant’ estando yo.
Quien non viniere al plazo pierda la razón ,
Desi sea vencido è escape por traydor.
Prisieron el juicio infantes de Carrion.
Mió Cid al Rey las manos le besó è dixo : plazme , señor. Estos mis tres cavalleros en vuestra mano son.
D’aqui vos los acomiendo como à rey è à señor.
Ellos son adobados pora cumplir todo lo só.
Ondrados me los embiad à Valencia, por amor del Criador. Esora respuso el Rey : así lo mande Dios!
Allí se tollió el capielo el Cid Campeador,
La cofia de ranzal que blanca era como el sol ;
E soltaba la barba è sacóla del cordon.
No s fartan de catarle* quantos ha en la cort.
Adelinó à el conde don Anrricb, è el conde don Remond;
Abrazólos tan bien, è ruégalos de corazón
Que prendan de sus haberes quanto ovieren sabor.
A esos è à los otros que de buena parte son ,
A todos los rogaba así como han sabor.
Tales y ha que prenden, tales y ha que non.
Los docientos marcos al Rey los soltó.
De lo al tanto príso quant’ ovo sabor.
Merced vos pido, Rey, por amor del Criador!
Quando todas estas nuevas así puestas son ,
Beso vuestras manos con vuestra gracia, señor,
E yrme quiero pora Valencia: con afan la gané yo.
El Rey alzó la mano , la cara se sanctiguó :
Hyo lo juro par Sant Esidro el de León ,
V. 35o h. — Au mot capielo, Sanchez interprète : capillo (béguin). A notre avis, il ne s’agit pas ici de béguin, mais d’un chapeau, qui complétait le costume civil du Cid. Les Provençaux et les Catalans disaient capel.
V. 35o8.— A el pour al, et. au second lTéoiistiche, è el pour è à el, on mieux, è al.
V. 35 1 3. — Nous demandons pardon pour ces deux tels y a, que nous n’avons pas cherchés, mais qu’il nous a paru impossible d’éviter à cet
3/190 «Je vous le garantis, comme fait un bon vassal à son seigneur,
«Qu’ils ne recevront aucun mal [ni] de comte ni d’infançon.
«Ici dans ma cour je leur assigne un délai :
« Au bout de trois semaines , dans la plaine de Carrion ,
« Qu’ils fassent ce combat moi étant présent.
3/195 «Celui qui ne viendra pas dans le délai, qu’il perde son droit;
«Qu’il soit dès lors [comme] vaincu et tenu pour traître.»
Les infants de Carrion acceptèrent le jugement.
Mon Cid baisa les mains au Roi et dit : «J’y consens, seigneur.
« Ces trois miens chevaliers sont en votre pouvoir.
35oo «Dès à présent je vous les recommande, comme à roi et à seigneur.
«Ils sont équipés de manière à accomplir tout leur devoir.
«Pour l’amour du Créateur, renvoyez-les-moi honorés à Valence.»
Alors le Roi répondit : «Ainsi Dieu le veuille!»
Sur ce, le Cid Campéador ôta son chapeau,
35o5 [Ainsi que] la coiffe de fine toile, laquelle était blanche comme le soleil: Et il dégagea sa barbe et la tira du cordon.
De tous ceux qui sont à la cour, nul ne se lasse de le regarder.
Il s’avança vers le comte don Henri et le comte don Raymond;
Il les embrasse très-bien , et les prie de cœur 35 10 Qu’ils prennent de son avoir tout ce qui leur fera plaisir.
Ceux-là et les autres qui sont du bon côté,
Il les priait tous [de faire] selon leur désir.
Tels y a qui prennent, tels y a qui non.
Il abandonna au Roi les deux cents marcs.
35 1 5 Sur le reste le Roi prit tout ce qui lui fit plaisir.
«Merci je vous demande, Roi , pour l’amour du Créateur !
«Puisque toutes ces affaires sont ainsi arrangées,
«Je vous baise les mains avec votre grâce, seigneur,
«Et je veux m’en aller à Valence : avec peine je l’ai conquise.»
3520 Le Roi leva la main, se signa le visage :
«Je le jure par saint Isidore de Léon,
endroit. Nous invoquons , au besoin , i’autorité de Racine :
Tant y a qu’il n’est rien que votre chien ne prenne. V. 35 1 5. — Le sujet de la phrase est sous-entendu; je l’ai exprimé , crainte de confusion.
V. 35 2 1 . — Cette préposition par est à remarquer. Aujourd’hui elle ne se retrouve plus en espagnol que dans ces locutions : par Dios ou par Diez. Mais elle s’est conservée intacte et fréquemment employée en français.
Que en todas nuestras tierras non ha tan buen varón.
Mió Cid en el cavallo adelant se legó;
Fue besar la mano à so señor Alfonso :
35 2 5 Mandastesme mover à Babieca el corredor.
En Moros ni en Christianos otro tal non ha hoy.
Hy vos le do en don, mandedesle tomar, señor.
Esora dixo el Rey : desto non he sabor :
Si à vos le tollies’, el cavado non abrie tan buen señor.
353o Mas atal cavado cum est por atal como vos,
Pora arrancar Moros del campo è ser segudador.
Quien vos lo toder quisiere nod vala el Criador!
Ca por vos è por el cavado ondrados somos nos.
Esora se espidieron, luego s partió la cort.
3535 El Campeador à los que van lidiar tan bien los castigó : Hya, Martin Antolinez, è vos Pero Bermuez,
E Muño Gustioz, firmes sed en campo à guisa de varones. Buenos mandados me vayan à Valencia de vos.
Dixo Martin Antolinez: porque lo decides, señor?
354o Preso habernos el debdo, è à pasar es por nos.
Podredes oir de muertos, ca de vencidos non.
Alegre fue de aquesto el que en buen ora nació.
Espidió s de todos los que sos amigos son.
Mió Cid pora Valencia, è el Rey pora Carrion.
3545 Las tres semanas de plazo todas complidas son.
Felos al plazo los del Campeador.
Cumplir quieren el debdo que les mandó so señor.
Ellos son en poder del rey don Alfonso el de León.
Dos dias atendieron à infantes de Carrion.
355o Mucho vienen bien adobados de cavallos è de guarnizones : E todos sus parientes con ellos son.
Que si los pudiesen apartar à los del Campeador,
Que los matasen en campo por desondra de so señor.
El cometer fue malo, que lo al nos’ enpezó :
V. 353o. — Plusieurs observations sur ce vers. - i° Nous avons déjà vu atal pour tal ( v. a638 ). — 2° Cum. Voyez le vers 1 761 .—3° Sanchez écrit est’ (avec une apostrophe en haut du t final),
comme pour indiquer une voyelle supprimée. Tout simplement le poète a voulu écrire est, comme les Provençaux.