‹ Poe˜me du CidChapitre 168 sur 182 · V. 3532. — Texte de Sanchez: nol’ vala al · texte numérisé non relu

V. 3532. — Texte de Sanchez: nol’ vala al

«Que dans toutes nos terres il n’y a pas si bon baron. n Mon Cid s’avança sur son cheval;

Il alla baiser la main à son seigneur Alphonse :

352.5 « Vous m’avez ordonné de mettre en mouvement Babieca le coureur.

«Chez les Mores, ni chez les Chrétiens, il n’y a pas aujourd’hui son pareil. «Je vous le donne ici en don: faites-le prendre, seigneur. »

Alors le Roi dit : «Je n’en ai nul désir :

«Si je vous le prenais, le cheval n’aurait pas si bon seigneur.

353o «Mais un tel cheval que celui-ci [est] pour un [chevalier] tel que vous, «Pour vaincre les Mores dans le champ et courir à leur poursuite.

«Qu’à celui qui voudra vous le prendre le Créateur ne vienne pas en aide!

« Car par vous et par ce cheval nous sommes honorés. »

Alors ils prirent congé [l’un de l’autre , et] aussitôt la cour se sépara. 3535 Le Campéador instruisit fort bien ceux qui allaient combattre :

«Or çà, Martin Antolinez, et vous, Pero Bermuez,

«Et Muño Gustioz, soyez fermes dans le champ, en manière de barons. «Qu’à Valence me viennent sur vous de bons messages. x Martin Antolinez dit : «Pourquoi dites-vous cela, seigneur?

35Ao «Nous en avons pris l’engagement, et il sera rempli par nous.

«Vous pourrez apprendre que nous avons été tués; quant à vaincus, non.» De cela fut content celui qui en bonne heure naquit.

Il prit congé de tous ceux qui sont ses amis.

Mon Cid [alla] devers Valence, et le Roi devers Camón.

3545 Les trois semaines de délai sont entièrement accomplies.

Voici au jour assigné ceux du Campéador.

Iis veulent accomplir le devoir que leur a confié leur seigneur.

Ils sont au pouvoir du roi don Alphonse de Léon.

On attendit deux jours les infants de Carrion.

355o Ils viennent fort bien pourvus de chevaux et d’armures;

Et avec eux sont tous leurs parents.

Que s’ils pouvaient tenir à l’écart ceux du Campéador,

Ils les tueraient dans le champ , pour déshonorer leur seigneur.

La pensée fut mauvaise ; quant au reste , rien ne fut tenté :

Criador. Faute d’impression, très-probablement.

V. 3545. — Le texte de Sanchez porte : Mas tres semanas , etc. J’ai cru voir ià une erreur du copiste ou une faute d’impression.

V. 3549. — Au mot atender, Sanchez dit que c’est le verbe français attendre. En elfet.

V. 3554. — Cometer. Le manuscrit primitif portait peut-être le verbe comedir, plusieurs fois

3555 Ca grand miedo ovieron à Alfonso el de León.

De noche velaron las armas è rogaron al Criador.

Trocida es la noche, ya quiebran los albores.

Muchos se aiuntaron de buenos ricos ornes

Por ver esta lid, ca habien ende sabor.

356o Demas, sobre todos, y es el rey don Alfonso,

Por querer el derecho è non consentir el tuerto.

Hya s metian en armas los del buen Campeador.

Todos tres se acuerdan , ca son de un señor.

En otro logar se arman los infantes de Carrion.

3565 Sedielos castigando el conde Garci Ordoñez.

Andidieron en pleyto, dixieronlo al rey Alfonso :

Que non fuesen en la batalla las espadas taladores

Colada è Tizón, que non lidiasen con ellas los del Campeador.

Mucho eran repentidos los infantes por quanto dadas son.

3570 Dixierongelo ai Rey, mas non gelo conloyó.

Non sacastes ninguna quando oviemos la cort.

Si buenas las tenedes, pro habrán à vos.

Otrosi farán à los del Campeador.

Lebad è salid al campo, infantes de Carrion.

3575 Huebos vos es que lidiedes à guisa de varones,

Que nada non mancará por los del Campeador.

Si del campo bien salides, grand ondra habredes vos;

E si fueres vencidos non rebtedes à nos :

Ca todos lo saben , que lo buscastes vos.

358o Hya se van repintiendo infantes de Carrion.

De lo que avien fecho mucho repisos son.

No lo querrien aver fecho por quanto ha en Carrion.

Todos tres son armados los del Campeador.

Hybalos ver el rey don Alfonso.

3585 Dixieron los del Campeador :

Besamosvos las manos como à rey è à señor,

Que fiel seades hoy dellos è de nos.

A derecho nos valed, à ningún tuerto no.

Aqui tienen su vando los infantes de Carrion.

déjà employé par le poète, et qui se retrouve au V. 356 1. — Le verbe querer me parait em-

vers 35qo. ployé ici dans son acception latine.

3555 Car ils eurent grand’ peur d’Alphonse de Léon.

Ils firent de nuit la veillée des armes , et prièrent le Créateur.

La nuit est passée , déjà l’aube paraît.

Beaucoup se rassemblèrent [là] de bons riches-hommes Pour voir ce combat, car ils en avaient le désir.

356o De plus, par-dessus tous, là est le roi don Alphonse,

Pour rechercher le droit et défendre l’injustice.

Déjà revêtaient leurs armes ceux du bon Campéador.

Tous trois se mettent d’accord, car ils sont du même seigneur.

En un autre endroit s’arment les infants de Carrion.

3565 Le comte Garci Ordoñez leur donnait ses instructions.

Ils élevèrent une difficulté; ils dirent ceci au roi Alphonse :

Qu’on n’admît point au combat les épées tranchantes

Colada et Tizón, afin qu’avec elles ne combattissent pas ceux du Campéador.

Les infants se repentaient fort de les avoir rendues.

3570 Ils le dirent au Roi, mais il ne le leur accorda point.

«Vous n’en avez tiré aucune alors que nous avons tenu la cour.

«Si vous en avez de bonnes , ce sera à votre avantage.

«Il en ira de même pour ceux du Campéador.

<^evez-vous et sortez au champ, infants de Carrion.

3575 «Il faut que vous combattiez en manière de barons,

« Car rien ne sera négligé par ceux du Campéador.

«Si du champ bien vous sortez, vous aurez grand honneur;

«Et si vous êtes vaincus, ne vous en prenez pas à nous;

«Car tout le monde le sait, que vous l’avez cherché. »

358o Voilà qu’ils vont se repentant, les infants de Carrion.

De ce qu’ils ont fait ils sont très-fâchés.

Ils voudraient ne l’avoir point fait pour tout ce qu’il y a à Carrion.

Us sont tous trois armés, ceux du Campéador.

Le roi don Alphonse alla les voir.

3585 Ceux du Campéador [lui] dirent :

«Nous vous baisons les mains, comme à roi et à seigneur,

«Afin que vous soyez juge aujourd’hui entre eux et nous.

« Protégez-nous selon la justice, [et] que nul tort ne nous soit fait.

«Les infants de Carrion ont ici leur parti.

V. 3571. — Non aacastes ninguna , etc. (Vous cède, il est facile de voir que le poète a sous-en-

n’en avez tiré aucune, etc.). D’après ce qui pré- tendu ici le mot espada (épée).

3590 Non sabemos que s comidrán ellos b que non.

En vuestra mano nos metió nuestro señor:

Tenendos à derecho por amor del Criador.

Esora dixo el Rey : d’alma è de corazón.

Aducenles los cavallos buenos è corredores.

35g5 Sanctiguaron las sielas è cabalgan à vigor.

Los escudos à los cuellos que bien blocados son.

En mano prenden las astas de los fierros taladores :

Estas tres lanzas traen senos pendones :

E derredor dellos muchos buenos varones.

36oo Hva salieron al campo do eran los moiones.

Todos tres son acordados los del Campeador,

Que cada uno dellos bien fos ferir el só.

Fevos de la otra part los infantes de Carrion,

Muy bien acompañados , ca muchos parientes son.

3 60 5 El Rey dióles fieles por decir el derecho è al non.

Que non barajen con ellos de si ó de non.

Do sedien en el campo fabló el rey don Alfonso :

Oyd que vos digo , infantes de Carrion í

Esta lid en Toledo la ficierades, mas non quisiestes vos. •

36 10 Estos tres cavalleros de Mió Cid el Campeador,

Hyo los aduj’ à salvo à tierras de Carrion.

Habed vuestro derecho , tuerto non querades vos :

Ca qui tuerto quisiere facer, mal gelo vedaré yo,

E todo mió regno non habrá buena sabor.

36 1 5 Hya les va pesando à los infantes de Carrion.

Los fieles è el Rey enseñaron los moiones.

Librábanse del campo todos aderredor.

Rien gelo demostraron à todos seis como son,

Que por y serie vencido qui saliese del moion.

3620 Todas las yentes esconbraron aderredor,

De seis astas de lanzas que non legasen al moion.

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