‹ Poe˜me du CidChapitre 169 sur 182 · V. 3592.— Tenendos pour tenednos, par transposition · texte numérisé non relu

V. 3592.— Tenendos pour tenednos, par transposition

V- 3596. — Ils font le signe de la croix sur les selles de leurs chevaux, afin d’en écarter toute maligne influence.

V. 3602. — i° Fos pour fuese , et comme dan l’ancien provençal. — 20 Le pronom possessif el só (le sien) est employé plusieurs fois dans cet épisode pour dire: son adversaire. (Voyez les vers 8626 et 3632.)

3590 «Nous ne savons pas ce qu’ils pourront méditer ou non.

«En votre main nous a mis notre seigneur :

« Maintenez-nous notre droit, pour l’amour du Créateur.»

Alors le Roi dit : «D’âme et de cœur.»

On leur amène les chevaux bons et coureurs.

3.59a Us firent le signe de la croix sur les selles et chevauchent à force.

[ Ils ont] au cou leurs écus qui sont bien bouclés.

Us prennent en main les hampes au fer tranchant (Ces trois lances ont chacune leur pennon) ,

Et autour d’eux [il y a] maints bons barons.

36oo Voilà qu’ils paraissent au champ, où étaient les barrières.

Ceux du Campéador sont tous trois convenus Que chacun d’eux bien allât frapper le sien.

Voici venir, de l’autre part, les infants de Carrion,

Très-bien accompagnés, car ils ont [là] maints parents.

36o5 Le Roi leur donna des juges, pour dire ce qui serait ou non selon le droit, Afin qu’on ne disputât pas avec eux par oui et par non.

Du côté où ils se tenaient dans le champ , le roi don Alphonse parla : «Ecoutez ce que je vous dis, infants de Carrion !

«Ce combat, vous l’auriez fait à Tolède, mais vous n’avez point voulu.

36 10 «Ces trois chevaliers de Mon Cid le Campéador,

«Je les ai amenés sous ma garantie aux terres de Carrion.

«Maintenez votre droit, [mais] ne cherchez rien d’injuste:

«Car qui voudra faire une injustice, malement l’en empêcherai-je,

«Et tout mon royaume [en] aura déplaisir.»

36 1 5 Déjà il va pesant aux infants de Carrion.

Les juges [du camp] et le Roi indiquèrent les barrières.

Tout le monde débarrassa le champ à l’entour.

On les avertit bien tous les six, comme ils sont,

Que, par cela [seul] serait vaincu, celui qui sortirait de la barrière.

36a 0 Tous les gens débarrassèrent [l’espace] à l’entour,

De façon qu’à six longueurs de lance ils n’approchassent point de la barrière.

V. 36o4. — Au second hémistiche, pour que le sens soit complet, il faut lire : ca muchos parientes les son.

V. 36o6. — Barajen, 3e pers. plur. du subjonctif du verbe barajar. Sans nul doute , le plus-

que-parfait barajasen serait bien plus correct.

V. 36 1 1 . — Cette expression sous ma garantie est plus précise que le texte « salvo (en sûreté). Nous croyons avoir rendu l’intention du poète. (Voyez les vers 3687 et suiv.)

Sorteábanles el campo, ya les partien el sol.

Saben los fieles de medio ellos, cara por cara son.

Desi vinien los de Mió Cid à los infantes de Carrion,

3625 E líos infantes de Carrion à los del Campeador.

Cada uno dellos mientes tiene al só.

Abrazan los escudos delant los corazones,

Abaxan las lanzas apuestas con los pendones,

Enclinaban las caras sobre los arzones ,

363o Batien los cavallos con los espolones :

Tembrar querie la tierra dond eran movedores.

Cada uno dellos mientes tiene al só.

Todos tres por tres ya juntados son.

Cuedanse que esora cadrán muertos, los que están aderredor. 3635 Pero Bermuez el que antes rebtó ,

Con Ferran Gonzalez de cara se juntó.

Feriense en los escudos sin todo pavor.

Ferran Gonzalez à Pero Bermuez el escudol’ pasó.

PrísoT en vacio, en carne noT tomó.

364o Bien en dos logares el astil le quebró.

Firme estido Pero Bermuez, por eso nos’ encamó.

Un colpe recibiera, mas otro firió.

Quebrantó la boça del escudo, apart gela echó.

Pasógelo todo que nada nol’ valió.

3645 Metió!’ la lanza por los pechos, que nada nol’ valió.

Tres dobles de loriga tenie Fernando, aquestol’ prestó.

Las dos le desmanchan, è la tercera fincó.

El belmez con la camisa è con la guarnizon De dentro én la carne una mano gela metió.

365o Por la boca afuera la sangrel’ salió.

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