‹ Poe˜me du CidChapitre 171 sur 182 · V. 8667 -—Sin todo pavor (sans aucune crainte · texte numérisé non relu

V. 8667 -—Sin todo pavor (sans aucune crainte

Les anciens Provençaux ont également employé l’adjectif tôt au même sens. Cette analogie me paraît digne de remarque.

V. 3643. — Sanchez mentionne, dans son Index, le mot boca ainsi écrit, sans cédille, en ajoutant: lease ( lisez ) boda. Nous avons pensé qu’il fallait lire boça (bosse). Les Provençaux, qui disaient bloca (boucle) et blocat (bouclé), disaient également bossa (bosse) et bossât (bosselé, bossué).

V. 3647. — Sanchez ne met qu’une simple virgule à la fin de ce vers.

Quebráronle las cinchas, ninguna nol’ ovo pro.

Por la copla del cavallo en tierra lo echó.

Así lo tenien las yentes que mal ferido es de muert.

El dexó la lanza, è al espada metió mano.

3655 Quando lo vió Ferran Gonzalez, conúvo à Tizón.

Antes que el colpe esperase dixo : venzudo so ! Otorgarongelo los fieles, Pero Bermuez le dexó.

Martin Antolinez è Diego Gonzalez firieronse de las lanzas. Tales fueron los colpes que les quebraron lanzas.

366o Martin Antolinez mano metió al espada.

Relumbra tod’ el campo, tanto es limpia è clara.

Diól’ un colpe , de traviesol’ tomaba :

El casco de somo apart gelo echaba.

Las moncluras del yelmo todas gelas cortaba.

3665 Allá lebó el almófar, fata la cofia legaba.

La cofia è el almófar, todo gelo lebaba.

Raxól’ los pelos d’ la cabeza, bien à la carne legaba.

Lo uno cayó en el campo , è lo al suso fincaba.

Quando deste colpe ha ferido Colada la preciada,

3670 Vió Diego Gonzalez que no escaparie con alma.

Bolvió la rienda al cavallo por tornase de cara.

Esora Martin Antolinez recibió!’ con el espada.

Un colpel’ dió de laño, con lo agudo nol’ tomaba.

Dia Gonzalez espada tiene en mano, mas non la ensaiaba. 8675 Esora el infante tan grandes voces daba :

Valme, Dios glorioso, Señor, è curiar m deste espada!

El cavallo asorrienda, è mesurandol’ del espada,

V. 3652. — Au mot copla, Sanchez interprète gravement : cola (queue). Ce mot, selon nous, n’est autre chose que le mot eropa, avec changement de IV en l et transposition de lettres.

V. 3653. — Ici encore, remarquer le mot muert, à la fin d’un vers placé dans un couplet dont l’assonance est en 0 aigu.

V. 3654. — Remarquer ici, comme plus loin (v. 366o), al espada, au lieu de à la espada. C’est sans doute pour l’euphonie. — Dans ce vers , comme dans quelques autres passages de cet épi¬

sode, j’ai cru devoir, de peur de confusion, exprimer le sujet sous-entendu.

V. 3657. - — Sanchez se contente de mettre deux points à la fin de ce vers.

V. 3658 et suiv. — Remarquer que le narrateur, en passant à un autre épisode, adopte une autre assonance. Il y a là, évidemment, une intention artistique.

V. 3668. — Le poète a dit, au vers 3666, que Martin Antolinez enleva, d’un coup d’épée, à- Diègue Gonzalez, le casque et la coiffe. Ici il veut dire , je crois, que le casque tomba dans le champ ;

Les sangles de son cheval se rompirent, aucune ne lui tint bon.

Par la croupe du cheval il le jeta à terre.

Aussi les gens estiment qu’il est malement blessé à mort.

Pero Bermuez laissa la lance, et mit la main à l’épée.

3655 Lorsque Fernand Gonzalez vit cela , il reconnut Tizón.

Au lieu d’attendre le coup, il dit : « Je suis vaincu !»

Les juges [du camp] l’ayant octroyé, Pero Bermuez le laissa.

Martin Antolinez et Diègue Gonzalez se frappèrent de leurs lances.

Tels furent les coups, que leurs lances se brisèrent.

366o Martin Antolinez mit la main à l’épée.

Tout le champ reluit , tant elle est nette et claire.

Il lui donna un coup; il le prit à revers;

Il lui jeta bas son casque, de dessus la tête.

Les courroies du heaume, il les lui coupa toutes.

3665 II enleva le casque, [et] arriva jusqu’à la coiffe.

La coiffe et le casque, il lui enleva tout.

II lui coupa les poils de la tête, [et] bien arriva à la chair.

Une partie tomba dans le champ, et l’autre demeura sur lui.

Lorsque Colada la précieuse eut porté ce coup,

3670 Diègue Gonzalez vit [bien] qu’il n’échapperait pas vivant.

Il tourna la bride à son cheval pour se tourner de face.

Alors Martin Antolinez le reçut avec l’épée.

Il lui donna un coup à plat, il ne le prit pas avec la pointe.

Diègue Gonzalez tient l’épée en main , mais il ne s’en servait pas.

3675 Alors l’infant jeta de très-grands cris :

tt Sois-moi en aide , Dieu glorieux , Seigneur, et garde-moi de cette épée ! « U tire [à soi] le cheval parla bride et, l’écartant de l’épée,

quant à la coiffe , toute déchirée qu’elle était , elle demeura suspendue près de la tête.

V. 3671.— Tomase (ou tornasse ) pour tomarse. (Voyez le vers 1708 , à la note.)

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