‹ Poe˜me du CidChapitre 22 sur 182 · V. 332. — Au lieu de catar, peut-être faut-il lire guardar · texte numérisé non relu

V. 332. — Au lieu de catar, peut-être faut-il lire guardar

APPENDICE

1AUV

Que los vengamos quemar de noche en las cassas de Bivar.

Ffabló Ximena Gomes la menor: Mesura, dixo, hermanos, por amor de^caridat.

Yrme he para Çamora, al rey don Fernando querellar,

3/io E mas fincaredes en salvo, è él derecho vos dará.

Allí cavalgó Ximena Gomes: tres doncellas con ella van,

E otros escuderos que la avian de guardar.

Llegava à Çamora, do la corte del rey está,

Llorando de los ojos è pediendo piedat :

3A5 Rey, dueña so lasrada, è avéme piedat.

Orphanilla finqué pequeña de la condessa mi madre.

Ffijo de Diego Laynes fissome mucho mal;

Prissome mis hermanos, è matóme à mi padre.

A vos que sodes rey vengóme à querellar.

,35o Señor, por merced, derecho me mandat dar.

Mucho pessó al rey, è comensó de tablar :

En grand coyta son mis reynos; Castilla aleárseme ha;

E si se me alean Castellanos, flaserme han mucho mal.

Quando lo oyó Ximena Gomes, las manos le fue bessar.

355 Merced, dixo, señor, non lo tengades à mal.

(fPour que nous venions les brûler, de nuit, dans leurs maisons de Bivar.»

Chimène Gómez, la plus jeune, parla : « Modérez-vous, dit-elle, mes frères, pour l'amour de la charité. (T Je m’en irai devers Zamora, porter plainte au roi don Fernand,

3/10 ffEt vous demeurerez davantage en sûreté, et lui vous donnera satisfaction.»

Alors Chimène Gómez monta à cheval : trois demoiselles vont avec elle.

Et, de plus, des écuyers qui devaient veiller sur elle.

Elle arriva à Zamora , où se tient la cour du roi .

Pleurant de ses yeux et demandant pitié :

3A5 (r Roi, je suis une dame infortunée, ayez pitié de moi!

ff Petite [encore], je demeurai orpheline de la comtesse ma mère, rr Un fils de Diègue Laynez m’a fait beaucoup de mal;

«• Il m’a pris mes frères, et m’a tué mon père, fr A vous qui êtes roi je viens porter plainte.

35o ff Seigneur, par grâce, faites-moi rendre justice. »

Le roi fut très-alïligé , et il commença de parler :

ffMes royaumes sont en grand péril; la Castille se soulèvera contre moi;

trEt si les Castillans se soulèvent contre moi, ils me feront beaucoup de mal.»

Lorsque Chimène Gómez l’entendit, elle alla lui baiser les mains.

355 ff Merci, dit-elle, seigneur, ne le tenez pas à mal.

V. 337. — Nous conservons le tour hardi du V. 3A 2 . — Les mois otro * escudm'os viennent

poète. assez singulièrement.

APPENDICE

Mostrarvos he assosegar à Castilla è à los reynos otrotal :

Datme à Rodrigo por marido , aquel que mató à mi padre.

Quando aquesto oyó el conde don Ossorio, amo del rey don Fernando,

Tommó el rey por las manos, è aparte yva sacallo.

36o Señor, que vos semeja? que don vos ha demandado?

Mucho la devedes agradecer al padre apoderado.

Señor, enbiat por Rodrigo è por su padre privado.

Apriessa fasen las cartas , que non lo quieren tardar.

Danlas al mensajero; al camino es entrado.

365 Quando llegó à Bivar, don Diego estava folgando.

Dixo : Omillome à vos, señor, ca vos trayo buen mandado.

Enbia por vos è por vuestro fijo el buen rey don Fernando.

Vedes aqui sus cartas firmadas que vos trayo :

Que, sy Dios quisiere, será ayna Rodrigo encimado.

870 Don Diego cató las cartas è ovo la color mudado.

Sospechó que por la muerte del conde queria el rey matarlo.

Oytme, dixo, mi fijo, mientes catedes acá.

trJe vous montrerai à maintenir en paix la Castille et les [autres] royaumes pareillement : rr Donnez-moi pour mari Rodrigue, celui qui a tué mon père.»

Lorsqu’il entendit cela, le comte don Ossorio, gouverneur du roi don Fernand,

11 prit le roi par la main et le tira à part.

36o «Seigneur, que vous semble? quel don vous a-t-elle demandé? rr Vous devez beaucoup de gratitude au père puissant. rrSeigneur, envoyez devers Rodrigue et devers son père promptement.»

Ils font aussitôt les lettres, car ils ne veulent point y mettre de retard.

Ils les donnent au messager; celui-ci se met en route.

365 Lorsqu’il arriva à Bivar, don Diègue était à se divertir.

11 dit : « Je m’humilie devant vous, seigneur, car je vous apporte un bon message.

rrLe bon roi don Fernand envoie après vous et après votre fils.

rrVoyez ici les lettres qu’il a signées [et] que je vous apporte :

rrDe sorte que, si Dieu le permet, Rodrigue sera bientôt en haut rang.»

370 Don Diègue regarda les lettres et changea de couleur.

Il soupçonna qu’à cause de la mort du comte le roi le voulait tuer. crEcoutez-moi, dit-il, mon fils, mettez ici toute votre attention.

V. 35g. — Por las manos, au lieu de por la mano, le pluriel pour le singulier. (Voyez les Notes historiques, p. 298.)

V. 36 1. — Au lieu de la devedes, il faut lire ici le devedes. On voit dans le Poème du Cid mille exemples du régime indirect ainsi redoublé.

V. 370. — Après l’article la qui précède le mot color, M. Wolf met entre parenthèses : sic. Certainement; et cela doit être: dans l’ancien espagnol, comme dans l’ancien provençal, le substantif color était féminin. II a changé de genre en vieillissant.

APPENDICE

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