‹ Poe˜me du CidChapitre 27 sur 182 · V. 667. — Le verbe arrumar (pour den-amar · texte numérisé non relu

V. 667. — Le verbe arrumar (pour den-amar

se trouve un peu plus loin, v. 653 , employé au même sens.

V. 657.— Ce More Burgos est sans nul doute le même personnage que le poète nomme plus haut (v. 63o) Burgos de Ayllon. Il est impossible

APPENDICE

E el gcnado , captivos è captivas , traxolos el Castellano.

46o En Çamora llegaron los mandados, do era el buen rey don Femando.

El rey, quando lo sopo, fue ledo è pagado.

Ay Dios, que grande alegria fasia el rey castellano!

Cavalgó el buen rey; con él muchos condes è cavalleros, è otros ombres fijosdalgo Ffuésse para Tudela de Duero , do pacia el ganado.

A65 Rodrigo, quandol’ vio venir, recebiólo muy privado. •

Cata, dixo, buen rey, que te trayo, magüera non so tu vassallo.

De cinco lides que te prometí el dia que tu. me oviste desposado,

Vencido he’ la una, yo cataré por las quatro.

Essas oras dixo el buen rey : Por todo seas perdonado,

'170 En tal que me des el quinto de quanto aqui has ganado.

Estonce dixo Rodrigo : Solamente non sea pensado ;

Que yo lo daré à los mesquinos que assas lo han iasrado.

Lo suyo daré à los diesmos, que non quiero ser peccado.

De lo mió daré soldadas aquellos que me aguardaron.

Et le troupeau, [ainsi que] les captifs et les captives, le Castillan les emmena.

46o Les messages arrivèrent à Zamora, où était le bon roi don Fernand.

Le roi , quand il sut cela , fut content et joyeux.

Ah Dieu ! quelle grande joie témoigna le roi castillan !

11 chevaucha, le bon roi; avec lui maints comtes et chevaliers, et d’autres nobles hommes. Il alla devers Tudela de Duero , où paissait le troupeau.

/i65 Rodrigue, quand il le vit venir, se hâta d’aller à sa rencontre.

«■Regarde, dit-il, bon roi, ce que je t’amène, bien que je ne sois pas ton vassal.

«Des cinq batailles que je t’annonçai le jour que tu me marias,

«J’en ai gagné une; je m’occuperai des quatre [autres].»

Alors le bon roi dit : «Sois pour tout pardonné,

470 «Pourvu que tu me donnes le cinquième de tout ce que tu as ici gagné.»

Alors Rodrigue dit : «Qu’il n’y soit pas seulement pensé;

«Car je le donnerai à ces nécessiteux qui l’ont bien mérité par leurs peines.

«Je donnerai ce que je dois pour la dîme, car je ne veux point pécher.

«Sur ma part je donnerai la soldé à ceux qui m’ont défendu.»

de se figurer une copie faite avec plus de négligence que celle de la Gi'onica rimada. *

Y. /173.— Ms. et texte de M. Michel : que non quiero su peccado. Quant à notre correction, il nous suffira, pour la justifier, de rappeler qu’on trouve dans le Poème du Cid plusieurs exemples du participe passé employé au sens actif, quoique précédé du verbe ser. Voyez notamment v. /107 :

Despues que fue cenado (après qu’il eut s8upé).

V. ttqli. — Devant aquellos M. Michel a cru devoir ajouter entre parenthèses la préposition à. Pour le sens, fort bien. Mais on trouve dans le Poème du Cid vingt exemples qui prouvent que , pour l’euphonie, l’on supprimait à volonté la préposition à devant un mot commençant par la rrtëme voyelle.

APPENDICE

xcm

'ji 7 5 Essas oras dixo el buen rey : Dame à esse Moro losano.

Estonce dixo Rodrigo : Solamente non sea pensado ;

Que non por quanto yo valgo, que fidalgo à fidalgo, quandol’ prende non deve dessonrrarlo Demás non vos daré el quinto, synon de aver monedado;

Que darlo he à mis vassallos, que assas me lo han laserado.

48o Despedieronse del rey, è bessaronle la mano.

Tresientos cavalleros fueron por cuenta los que ally fueron juntados.

Quando esto vio Rodrigo, à los Moros se tornó privado :

Oytmelo , rey moro Rurgos de Ayllon , muy losano :

Yo non prendería rey, nin à mi non seria dado;

485 Mas roguévos que veniesedes conmigo : vos fesisteslo de grado.

Ytvos para vuestro reynado, salvo è seguro;

Que en toda la mi vida non ayades miedo de rey moro nin de christiano.

Quanto avien los arrayases que yo maté, vos heredado,

Sy vos quesieren abrir las villas; synon, enbiatme mandado.

4g° Yo faré que vos abran à miedo, que non de grado.

Quando esto vio el moro Burgos de Ayllon , muy losano ,

475 Alors le bon roi dit : rr Donne-moi ce More glorieux.?)

Sur ce, Rodrigue dit : «Qu’il n’y soit pas seulement pensé;

«Car, par tout ce queje vaux, de gentilhomme à gentilhomme, quand l’un prend l’autre, il ne doit pas le déshonorer.

«De plus, je ne vous donnerai pas le cinquième, si ce n’est de l’argent monnayé;

«Car il faut que je le donne à mes vassaux, qui l’ont bien mérité par leurs peines.?)

4 80 Ils prirent congé du roi, et lui baisèrent la main.

11s étaient par compte trois cents chevaliers, ceux qui là étaient réunis.

Lorsque Rodrigue vit cela , il retourna promptement vers les Mores :

«Ecoutez-moi, roi more Burgos de Ayllon, le très-glorieux :

«Je ne prendrais pas un roi, et cela ne me serait pas permis;

485 «Mais je vous ai prié de venir avec moi : vous l’avez fait de gré.

«Allez-vous-en devers votre royaume sans crainte ét sauf :

«Tant que je vivrai ne redoutez [ni] roi more ni [roi] chrétien.

«De tout ce qu’avaient les arraez que j’ai tués, vous, héritez-en,

«Si l’on veut vous ouvrir les villes; sinon, envoyez-moi un message.

490 «Je ferai qu’on vous ouvre par crainte, sinon de gré.??

Lorsqu’il vit cela , le More Burgos de Ayllon , le très-glorieux ,

V. 477. — L’auteur dit malee qu’il veut dire. Nous précisons.

V. 48 1 . — Cette expression por cuenta se trouve deux ou trois fois dans le Poeme du Cid.

V. 486. — Comme M. Wolf l’a fort bien remarqué, au lieu de salvo è seguro , l’assonance veut : seguro è salvo.

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