V. 490. — Même observation qu’au vers
YC1V
APPENDICE
Fincó los ynojos delante Rodrigo,
E bessóle la mano de boca fablando :
A ty digo el mi señor, yo so el tu vassallo,
/ig5 E dote de mi aver el quinto è tus parias en cada año.
Alegre se va el Moro , alegre se tornó el Castellano.
Parias le enbió el rey moro de Ayllon, muy losano,
Que para en quatro años fuesse rico è ahondado.
Sopolo el conde don M. Ges de Navarra, cavalgó muy privado,
5oo E fuésse para el rey : Señor, pessete del tu daño.
Calahora è Tudela forçada te la ha el buen rey don Fernando.
Señor, dame tus cartas, è yré desafiarlo. .
Yo seré tu justador, conbaterlo he privado.
Essas horas dixo el rey : Sseate otorgado.
5o 5 Las cartas dan al conde, al camino es entrado.
Allegava à Çamora, al buen rey don Fernando.
Entró por la corte, al buen rey bessó la mano,
E dixo : Oytme , rey de grand poder, un poco sea escuchado.
Mensagero con cartas non deve tomar mal , nin recebir daño.
Il s’agenouilla devant Rodrigue ,
Et lui baisa la main , en parlant de sa bouche :
«Je t’appelle mon seigneur, je suis ton vassal,
¿95 « Et je te donne de mon bien le cinquième et un tribut chaque année.»
Joyeux s’en va le More , joyeux s’en retourna le Castillan.
Le roi more de Ayllon , le très-glorieux , lui envoya un tribut ,
De sorte que pour quatre ans il fût riche et dans l’abondance.
Le comte don Martin Gonzalez de Navarre le sut, il chevaucha très-promptement, 5oo Et s’en alla devers le roi : «Seigneur, qu’il te pèse de ton dommage.
«Le bon roi don Fernand t’a pris par force Calahorra et Tudela.
«Seigneur, donne-moi tes lettres, et j’irai le délier.
«Je serai ton jouteur, je le combattrai promptement.»
Alors le roi dit : «Que cela te soit octroyé.»
5o5 On donne les lettres au comte, il se met en route.
Il arriva à Zamora, au bon roi don Fernand.
II entra au milieu de la cour, au bon roi baisa la main ,
Et dit : «Entendez-moi, roi tout-puissant, veuillez m’écouter un peu.
«Un messager porteur de lettres ne doit pas être maltraité, ni recevoir dommage.
V. 698. — Para en quatro años. Cela est encore bien obscur. Nous précisons.
V. lx 99. — Nous croyons, avec M. Wolf, que ces lettres M. G" signifient Martin Gonzalez.
V. 5oi. — Remarquer le participe forçada (au singulier) au lieu d o Jorcadas (au pluriel), après deux substantifs féminins. Les anciens Provençaux auraient dit de même.
APPENDICE
ÏCV
5io Enbia vos desafiar el rey de Aragon, à vos è todo vuestro reynado. Vedes aqui sus cartas , yo vos trayo el mandado.
Synon, datme un justador de todo vuestro reynado;
Yo lidiaré por el rey de Aragon , que so su vassallo.
Quando este oyó el rey, en pie fue levantado,
5i5 E dixo : Pessar dévia à Dios è à todo su reynado,
De tal cossa començar rey que devia ser su vassallo.
Quien gelo consejó, è commo fue dello ossado?
Qual seria de mis reynos amigo, ô pariente, à vassallo Que por mi quissiesse lidiar este rieto?
5 20 Rodrigo à los tres dias à Çamora ha llegado.
Vió estar al rey muy triste, ante él fue parado.
Sonrissando se yva, è de la boca fablando :
Rey, quien vos fisso pessar, ô commo fue dello ossado?
De presso ó de muerto non vos saldrá de la mano.
525 Essas horas dixo el rey : Seas bien aventurado.
A Dios mucho agradesco por ver que eres aqui llegado.
A ti digo la mi coyta donde soy coytado :
Enbióme desafiar el rey de Aragon , è nunca gelo ove buscado.
5 io ffLe roi d’ Aragon vous envoie défier, vous et tout votre royaume.
«Vous voyez ici ses lettres, c’est moi qui vous apporte le message.
«Sinon, donnez-moi un jouteur de tout votre royaume;
«Je combattrai pour le roi d’Aragon, car je suis son vassal.»
Lorsque le roi l’entendit, il se leva debout,
5 1 5 Et dit : « Cela devrait affliger Dieu et tout son royaume ,
«Qu’un roi qui devrait être son vassal entreprenne une telle chose.
«Qui le lui a conseillé? et comment a-t-il osé cela?
«Quel serait de mes royaumes, l’ami, le parent ¿h le vassal,
«Qui pour moi voudrait soutenir ce défi?»
520 Rodrigue dans les trois jours est arrivé à Zamora.
Il vit le roi qui se tenait fort triste; il s’arrêta devant lui.
Il s’approcha en souriant, et parlant de sa bouche :
«Roi, qui vous a causé du chagrin, et comment a-t-on osé cela?
«Sinon prisonnier ou mort, il ne sortira pas de vos mains.»