V. 598. — Voyez les vers 573 et suivants
V. 601. — Ce vers, le plus heureux de la Crónica rimada, indique on ne peut mieux que la fièvre annoncée à Rodrigue , c’est une fièvre divine, ou l'enthousiasme, à qui rien ne résiste.
APPENDICE
Desta guissa ganó à Calahorra Rodrigo el Castellano 6i5 Por el buen rey don Fernando, el dia de Santa Crus de mayo.
. Que Atiença avia por reynado;
El .rey moro Jesyas de Guadalajara que à Africa ovo poblado,
Aquel moro Jesyas mucho honrrado Madriano.
E sopolo el rey Burgos de Ayllon, muy losano;
6ao E vinose para Castilla de dia è de noche andando.
A Bivar enbió el mandado.
E quando lo sopo Rodrigo, ca valgo muy privado.
Entre dia è noche à Çamora es llegado.
Al rey se omilló, è noP bessó la mano.
6a5 Dixo : Rey, mucho me piase porque non so tu vassalio.
Rey, fasta que non te armasses , non dévias tener reynado ;
Ca non esperas palmada de Moros nin de Christianos. m
Mas ve velar al padrón de Santiago; quando oyeres la missa,
Armate con tu mano, è tu te ciñe la espada con tu mano;
63o E tu te deciñe commo de cabo , è tu te sey el padrino, è tu te sey el afij ado ;
De cette manière Rodrigue le Castillan gagna Calahorra 6i5 Pour le bon roi don Fernand, le jour de Sainte-Croix de mai.
. Qui avait Atiença pour royaume ;
[Et] le roi more Jésyas de Guadalajara qui avait peuplé l’Afrique,
Ce More Jésyas, très-honorable Madrian.
Et le roi Burgos de Ayllon, le très-glorieux, sut cela:
620 Et il vint devers la Castille, marchant jour et nuit.
A Bivar il envoya un message.
Et lorsque Rodrigue le sut, il chevaucha très-promptement.
Entre jour et nuit à Zamora il est arrivé.
11 s’humilia devant le roi, mais ne lui baisa pas la main.
6a5 II dit : trRoi, j’ai beaucoup de plaisir parce que je ne suis point ton vassal.
ffRoi, tant que tu ne te seras point armé, tu ne devrais point gouverner un royaume; ffCar n’espère pas le moindre secours des Mores ni des Chrétiens.
. ffMai^va faire la veillée des armes au patron de Saint-Jacques, [et] après avoir entendu la messe . ff Arme-toi de ta main, et de ta main ceins-toi l’épée;
63o trEl déceins-toi également, et sois à toi-même ton parrain, et sois à toi-même ton tilleul;
V. 616. — Ainsi que M. Wolf l’a remarqué avec raison, il doit manquer quelque chose avant ce vers. Voyez plus loin le vers 666 , qui révélerait au besoin l’omission.
V. 626. — Fasta que non te armasses, etc. L’auteur s’est mal exprimé, ou le copiste a mal
écrit : le mot fasta n’est pas le mot juste , ou la négation non est de trop.
V. 627. — L’indicatif esperas, au lieu du subjonctif esperes.
V. 63o. — Deux observations sur ce vers. — t° Après le mot deciñe, M. Michel met entre pa-
cu
APPENDICE
E llámate cavallero del padrón de Santiago;
E serias tu mi señor; è mandarías el tu reynado.
Essas horas dixo el rey : -En tanto fue acordado.
Non ha cossa, Rodrigo, que non faga, por te non salir de mandado. 685 Metiéronse à los caminos, passól’ Rodrigo à mal grado.
Passólo à Astorga, è metiólo à Monte-Yrago.
De ally se tornó Rodrigo , que le apresurava el mandado ,
Que se aguissavan paganos para correr el reynado.
64 o De noche llegó Rodrigo à Bivar; dava su apellido Que non fo entendiessen los que vendían el reynado.
A Sant Estevan fue Diego Laynes llegado,
E don Ruy Laynes de Alfaro, è don Layn Laynes que ovo à Treviño conprado. E Fernand Layijes de Sant Estevan , muy losano.
645 El alvor quería quebrar, è aun el dia non era claro,
Quando assomavan los cinco reys moros por el llano.
Por la deffesa de Sant Estevan à Duero son llegados.
rr Et appelle-toi chevalier du patron de Saint-Jacques;
ff Et tu seras mon seigneur; et tu pourras gouverner ton royaume.»
Alors le roi dit : rr Cela est accordé.
rrll n’est chose, Rodrigue, que je ne fasse pour te complaire.»
635 Us se mirent en chemin, Rodrigue l’emmena contre son gré.
Il l’emmena à Astorga, et le mit à Monte-Yrago.
De là s’en retourna Rodrigue , car un message l’appelait à la hâte ,
Vu que les païens se préparaient à courir le royaume.
64 o Rodrigue arriva de nuit à Bivar; il fit son appel
De manière à n’être pas entendu de ceux qui vendaient le royaume.
Diègue Laynez à Sant-Estevan était arrivé,
Et don Ruy Laynez de Alfaro , et don Layn Laynez qui avait acheté Treviño , Et Fernand Laynez de Sant-Estevan, le très-glorieux.
645 L’aube allait poindre, et le jour n’était pas encore clair.
Lorsque les cinq rois mores parurent dans la plaine.
Par le territoire de Sant-Estevan ils sont arrivés au Duero.
renthèses : sic. Tout semble indiquer que c’est bien là le mot que le copiste a voulu écrire. Mais devant ce mot il aurait dû répéter le pronom te. — 2° Commo de cabo. Expression que nous avons déjà vue et qui se représente au vers 1002.
V. 632. — Le conditionnel sérias, mandarías, au lieu du futur serás , mandarás.
V. 635. — Après le vers 6$5^1e manuscrit porte la ligne suivante :
Que disen Benavente, según dise en el romance. Nous supprimons cette ligne comme nous avons supprimé celle qui suit le vers 546, et par le même motif.