Qu’il donnât garantie et tribut chaque année
Les royaumes d’Espagne sont au nombre de cinq. Il était ainsi exigé Qu’ils donneraient chaque année quinze jeunes filles vierges ,
Et qu’elles seraient de noble race;
Et dix chevaux , les meilleurs du royaume ;
73o Trente marcs d’argent, pour les dépenses des gentilshommes;
Et des autours mués, et trois faucons, les meilleurs des royaumes.
Ce tribut, il faudrait le donner chaque année, tant qu’il y aurait des chrétiens vivants. Lorsque le bon roi don Fernand entendit cela,
V. 718-19. — Ces deux vers sont fort obscurs, et nous traduisons un peu au hasard. — Quant au mot abondo, il appartient bien à la vieille langue espagnole, où il est synonyme
de abundancia; mais en avons -nous saisi le sens?
Y. 723. — Ms. : Que diessen tributo España e Francia, etc. Encore une distraction du copiste. (Voyez le vers 7Ù8. )
ovin APPENDICE.
Batiendo va amas las palmas , las ayres quebrantando :
735 Peccador sin ventura, à que tiempo so llegado!
Quantos en España visquieron, nunca se llamaron tributarios.
A mi veenme niño è sin sesso, è vanme soberviando.
Mas me valdría la muerte que la vida que yo fago.
Agora enbiaré por mis vassallos, que me semeja guissado,
760 E consejarme he con ellos sy seré tributario.
Aíly enbió por Rodrigo è por todos los fijosdalgo. - Enbiara atreguar los condes, que non temiessen de daño.
Llegó con ellos Rodrigo al pueblo çamorano,
E tomólos por las manos, è levólos ant’el rey don Fernando :
7A5 Señor, perdona aquestos condes syn arte è sin engaño.
Yo los perdono sin arte è sin engaño, por non te salir, Rodrigo, de mandado; Que los cinco reys d’España quiero que anden por tu mano;
Ca Francia è Alemaña fasenme tributario,
E el papa de Roma que devia vedarlo.
75o Vedes aqui su previllegio con su sello colgado.
Estonce dixo Rodrigo : Por ende sea Dios loado !
11 frappa ses mains l’une contre l’autre avec grand bruit :
735 rr Infortuné pécheur! en quel temps suis-je venu!
ff Jamais ceux qui vécurent en Espagne ne furent appelés tributaires.
ffOn me voit enfant et sans jugement, et l’on va me traitant avec dédain.
ff Mieux vaudrait pour moi la mort que la vie que je mène.
ffJe vais à l’instant envoyer vers mes vassaux, ainsi qu’il me semble raisonnable.
7/10 ff Et je me consulterai avec eux si je dois être tributaire.»
Alors il envoya vers Rodrigue et vers tous les gentilshommes.
Il envoya donner une trêve aux comtes , afin qu’ils ne craignissent point de dommage. Rodrigue arriva avec eux à la ville de Zamora ,
Et il les prit par la main, et les conduisit devant le roi don Fernand :
7 ¿5 ff Seigneur, pardonne à ces comtes sans feinte et sans tromperie.»
— ffJe leur pardonne sans feinte et sans tromperie, Rodrigue, pour ne pas te déplaire; ffCar les cinq rois d’Espagne, je veux que ta main les dirige; rrCar la France et l’Allemagne me font tributaire, ff Ainsi que le pape de Rome, qui aurait dû l’empêcher.
75o ffTu vois ici leur charte avec leur sceau appendu.»
Sur ce, Rodrigue dit : ffDieu en soit loué!
V. 73 h. — Ms.: las ases quebrantando (brisant les bataillons). Gela ne présente aucun sens; nous corrigeons.