E corrió à Sevilla tres veces en una sason
A dargela ovieron Moros, que quisieron ó que non.
E ganó à Sant Ysydro, è aduxolo à Leon.
Ovo à Navarra en comienda, è vínole obedecer el rey de Aragon.
ffCar on vous envoie demander un don, vous devez l’octroyer.
ffMême on ne vous envoie pas demander un tribut, mais on envoie vous donner quelque chose, ff Je vous montrerai à gagner cet avoir.
755 ff Faites un appel à vos royaumes, depuis les défilés d’Aspa jusqu’à Saint-Jacques: ff Faisons la guerre sur leur terre, laissons la nôtre tranquille. ffSi je ne vais pas jusqu’à Paris, j’aurais dû ne pas naître.»
Le bon roi don Fernand fut l’égal d’uji empereur.
Il régna sur la Castille-Vieille, et il régna sur Léon;
760 Et il régna sur les Asturies jusqu’à San-Salvador;
Il régna sur la Galice , où sont les chevaliers ;
H régna sur le Portugal , ce pays si riche ;
Et il régna sur Coïmbre des Mores. Il peupla Montemayor:
Il peupla Soria, frontière d’Aragon;
765 Et il fit trois incursions à Séville dans la même saison.
Les Mores durent la lui livrer, qu’ils le voulussent ou non.
Et il gagna saint Isidore, et l’emmena à Léon.
H eut la Navarre sous ses ordres, et le roi d’Aragon lui vint obéir.
V. 756. — L’expression sobre lo suyo est bien vague ; mais le vers suivant l’explique.
V. 758. — Le manuscrit porte, au début de ce vers : Por esta rrason dixieron ( Pour ce motif on dit). Cette même formule se retrouve dans la Crónica general, après le récit de la fabuleuse expédition de Ferdinand Ier. Nous la regardons ici
comme une citation du copiste, et nous prenons sur nous de la supprimer. En revanche, nous ajoutons le mot rey, qui nous semble avoir été oublié par le copiste. Le texte ainsi corrigé présente un excellent vers de douze syllabes, suivant les règles de l’ancienne versification espagnole.