‹ Poe˜me du CidChapitre 47 sur 182 · V. 1080. — Le copiste a dû omettre ici quelques mois · texte numérisé non relu

V. 1080. — Le copiste a dû omettre ici quelques mois

V. 1081. — L’auteur, qui a employé plus haut le mot tributario , sous-entend ici le radical tributo. On trouve dans le Poème du Gid plusieurs exemples de hardiesses toutes semblables.

APPENDICE

Alegre s’è va el buen rey don Fernando A la su tienda ; lieva à Ruy Dias , que non quiere dexarlo.

Ally dixo el rey à Ruy Dias : Ffijo eres de Diego Laynes è nieto de Layn Calvo. »°9o Cabdiella bien los reynos desque cantará el gallo.

Essas horas dixo Ruy Dias : Que me piase de grado.

Cabdillaré las ases ante del alvor quebrado.

Commo esten las ases paradas enante del sol rrayado ,

Apriessa dan cevada, è piensan de cavalgar.

>og5 Las ases son acabdilladas quando el alvor quiere quebrar.

Mandava Ruy Dias à los Castellanos al buen rey don Fernando guardar.

Va Ruy Dias con los DCCCC. , la delantera fue tomar.

Armadas son las ases, è el pregón apregonado;

La una è las dos à la tercera llegando.

1100 La ynfanta de Saboya, fija del conde saboyano,

Yassia de parto en la tienda del buen rey don Fernando.

Ally parió un fijo varón, el papa fue tomarlo.

Ante que el rey lo sopiesse fue el ynfante christiano.

Padrino fue el rey de Francia è el emperador alemano.

Joyeux s’en va le bon roi don Femand

Vers sa tente; il emmène Ruy Diaz, car il ne veut point le laisser.

Alors le roi dit à Ruy Diaz : «Tu es fils de Diègue Laynez et petit-fils de Layn Calvo. 1090 «Commande bien les royaumes dès que chantera le coq.»

Alors Ruy Diaz dit : «Cela me plaît volontiers.

«Je commanderai les bataillons avant l’aube parue.»

Afin que les bataillons soient prêts avant que le soleil rayomie,

On donne vite l’orge , et l’on pense à chevaucher.

1095 Les bataillons sont commandés lorsque l’aube commence à poindre.

Ruy Diaz ordonna aux Castillans de veiller sur le bon roi don Femand.

Ruy Diaz va avec les neuf cents; il va se placer à l’avant-garde.

Les bataillons sont armés, et le héraut a poussé son cri.

Le premier [bataillon], puis les deux se joignent au troisième.

1100 L’infante de Savoie, fille du comte savoisien,

Gisait en couches, dans la tente du bon roi don Fernand.

Là elle mit au monde un enfant du sexe masculin ; le pape alla le prendre.

Avant que le roi le sût, l’infant fut [baptisé] chrétien.

Parrain fut le roi de France, ainsi que l’empereur d’Allemagne.

V. 1098. — Au lieu de apregonado , d’uu seul mot, peut-être faut-il lire a (ou ha) pregonado. Y. 1100. et suiv. — Voilà une infante qui * accouche bien vite! et dans quelles circonstances!

C’est une suite de niaiseries de mauvais goût; et si le Poème du Cid n’était parvenu jusqu’à nous, on aurait une pauvre idée du génie espagnol au xne siècle.

APPENDICE

1 1 o5 Padrino fue un patriarcha è un cardenal onrrado.

En las manos del papa el ynfante fue christiano.

Ally llegó el buen rey don Fernando.

Quando lo vio el papa, passó el ynfante à un estrado;

Comencó de predicar, muy grandes boses dando : uto Cata , dis , rey de España , commo eres bien aventurado ,

Con tan grand onrra Dios que fijo te ha dado.

Miraglo fue de Christus el Señor apoderado ,

Que non quisso que se perdiesse christianismo desde Roma fasta Santiago. Por amor deste ynfante que Dios te ovo dado,

1 1 1 5 Danos tregua syquiera por un año.

Ally dixo Ruy Dias : Sol non sea pensado ;

Salvo sy es entrega. Enpero mas queremos aplasarlo.

E tal plaso nos dedes que podamos entregarlo.

O morrá este emperador, ol’ daremos reynado apartado.

H2o Dixo el rey don Fernando : Dovos quatro años de plaso.

Dixo el rey de Francia è el emperador alemano :

no5 Parrain fut un patriarche, ainsi qu’un honorable cardinal.

De la main du pape l’infant fut [baptisé] chrétien.

Alors arriva le bon roi don Fernand.

Lorsque le pape le vit, il posa l’infant sur mie estrade,

[Et] commença de prêcher, en parlant à très-haute voix : ino Considère, dit-il, roi d’Espagne, combien tu es heureux, ff Puisque avec si grand honneur Dieu t’a donné un fils. rrÇ’a été un miracle de Christ le Seigneur tout-puissant, ffCar il n’a point voulu que de Rome à Saint-Jacques le christianisme se perdît, ff Pour l’amour de cet infant que Dieu t’a donné,

1 1 1 5 rr Accorde-nous une trêve, ne fût-ce que pour un an.r

Alors Ruy Diaz dit : ff Qu’il n’y soit pas seulement pensé;

ff A moins que ce ne soit une remise. Pourtant nous aimons mieux vous fixer un délai.

(t Et donnez-nous tel délai, que nous y puissions consentir.

ff Ou cet empereur mourra , ou nous lui donnerons un royaume à l’écart. »

1120 Le roi don Fernand dit : ffJe vous donne quatre ans de délai. »

Le roi de France dit, et [aussi] l’empereur d’Allemagne :

V. 1 1 o 8 . — A u lieu de passó , il vaut mieux, ce nous semble , lire possô.

V. mo et suiv. — Dis, au lieu de dise (ou dice). — Il n’est pas besoin de faire remarquer l’étrangeté de cette espèce de sermon.

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