‹ Poe˜me du CidChapitre 48 sur 182 · V. 1117. — L’auteur paraît avoir eu l’inten · texte numérisé non relu

V. 1117. — L’auteur paraît avoir eu l’inten

tion de faire un jeu de mots , assez fade, sur tregua (trêve) et entrega (remise).

V. 1119. — Remarquer ici, comme dans le Poème du Cid, cette forme énergiquement contractée du futur, morré, morra, pour moriré , morirá.

APPENDICE

Por amor deste ynfante que es nuestro afijado ,

Otros quatro años vos pedimos de plaso.

Dixo el rey don Fernando : Seavos otorgado. ii a5 E por amor del patriarcha dovos otros quatro años.

E por amor del cardenal .

(Aquí acaba el manuscrito, y quedan quatro fojas en blanco.)

«Pour l’amour de cet infant, qui est notre filleul, trQuatre autres années nous vous demandons de délai.»

Le roi don Fernand dit : tr Que cela vous soit octroyé.

1125 ffEt pour l’amour du patriarche, je vous donne quatre autres années. «Et pour l’amour du cardinal . .

(Ici finit le manuscrit, et il reste quatre feuillets en blanc.)

De los sos oios tan fuertemientre lorando Tornaba la cabeza è estábalos catando.

Vió puertas abiertas è uzos sin cañados, Alcándaras vacias sin pielles è sin mantos,

E sin falcones è sin adtores mudados.

Sospiró Mió Cid, ca mucho avie grandes cuidados. Fabló Mió Cid bien è tan mesurado :

Grado à ti, Señor Padre que estás en alto :

Esto me han buelto mios enemigos malos,

Alli piensan de aguijar, alli sueltan las riendas.

A la exida de Vivar ovieron la corneia diestra,

E entrando à Burgos ovieronla siniestra.

Meció Mió Cid los ombros è engrameó la tiesta :

1 Nous ne plaçons au bas de ces pages que les notes destinées à établir le texte , à en préciser le sens, ou à justifier notre traduction. Pour les détails de géographie , voir plus loin les Notes géographiques ; et , quant aux renseignements concernant soit les personnages qui figurent dans ce Poème , soit les mœurs, les coutumes, les usages, nous renvoyons le lecteur aux Notes historiques et littéraires. Ici , deux observations seulement. Et d’abord , sur ce titre : Poème du Cid. Ceci n’est pas un poème, c’est la réunion de deux chansons ( cantares ) composées en l’honneur du Cid. Il suffit, pour n’avoir aucun doute à cet égard, de lire, avec un peu d’attention, les vers 2 a 84 et suivants qui terminent la première chanson , et en particulier ce vers très-significatif :

Las coplas deste cantar aqui s van acabando.

(Les couplets de cette chanson ici vont s’achevant.)

Pourquoi donc avons - nous donné à cette œuvre le titre de Poème ? Parce que le premier éditeur l’a ainsi intitulée ; parce qu’elle est maintenant connue sous ce nom , et qu’en lui restituant la véritable appellation qui lui appartient, nous aurions craint d’induire le monde savant en erreur. - — Nous remarquerons encore que dans les vers, aujourd’hui perdus, qui formaient le début du Poème, l’auteur devait annoncer le héros de ses chants , le Cid , ou Mon Cid.

Y. 1. — La particule tan est fréquemment employée dans ce Poème pour marquer un haut degré de supériorité dans la qualité exprimée par l’adjectif ou l’adverbe devant lequel elle est placée.

Pleurant très-fortement de ses yeux,

Il tournait la tête et il les regardait.

Il vit les portes ouvertes et les huis sans cadenas,

Les perchoirs vides, sans fourrures et sans manteaux,

5 Et sans faucons et sans autours mués.

Mon Cid soupira, car il avait maints grands soucis.

Mon Cid parla bien et avec beaucoup de mesure :

« Grâces te soient rendues, Seigneur Père qui es là-haut!

« Voilà ce que m’ont valu mes méchants ennemis!»

10 Alors on pense à piquer des deux, alors on lâche les brides. A la sortie de Bivar, ils eurent la corneille à droite ,

Et, en entrant à Burgos, ils l’eurent à gauche.

Mon Cid secoua les épaules et releva la tête :

(Voyez les vers 7, 21 A, 638, etc., etc.)— Le début du Poema del Cid se trouve cité dans l’ouvrage de Prudencio de Sandoval , intitulé Fundaciones de San-Benito , Madrid, 1601, fol. Ai.

V. 2. — E estábalos catando (et il les regardait). Ce pronom relatif los (les) représente quelque substantif pluriel qui se trouvait probablement énoncé dans les vers qui manquent : Los solares ou los palacios (le manoir ou le palais) de Bivar. (Voyez la Chronica del Cid, cap. xci.) Les Espagnols, comme on sait, emploient volontiers le pluriel pour le singulier. — Au mot catar, le savant M. Raynouard interprète : voir. Le verbe catar exprime l’acte de la vue dirigée par la volonté.

V. h -5. — Il est singulier de voir les fourrures et les manteaux placés dans le même endroit

où l’on gardait les autours et les faucons; car ces choses paraissent n’aller guère ensemble. Ne serait-ce pas que l’on voulait avoir sous la main tout ce qui servait pour la chasse ?

V. 6. — Remarquer cet imparfait avie, au lieu de avia. C’est une forme primitive , très-curieuse à noter, et qui se retrouve également dans la Crónica rimada, que nous avons placée à la suite de l’ Introduction .

V. i3. — Pour les verbes mecer et cngrarnear, j’ai adopté l’interprétation de Sanchez. — Au mot tiesta (que du reste il interprète fort bien : cabeza, tête), Sanchez rappelle qu’on dit en italien testa. Sanchez aurait pu rappeler que, dans le français du midi, on disait test, testa, et dans le français du nord, teste, probablement avant les Italiens.

Albrizia, Alvar Fañez, ca echados somos de tierra, i» Mió Cid Ruy Diaz por Burgos entraba.

En su compaña LX. pendones lebaba.

Exienlo ver mugieres è varones.

Burgeses è burgesas por las fmiestras son puestos.

Plorando de los oios, tanto avien el dolor,

De las sus bocas todos dician una razón : ao Dios, que buen vasalo si oviese buen señor!

Convidarle yen de grado , mas ninguno non osaba ,

El rey don Alfonso tanto avie la grand saña.

Antes de la noche en Burgos déi entró su carta ,

Con grand recabdo è fuertemientre sellada : a5 Que à Mió Cid Ruy Diaz que nadi noF diessen posada ,

E aquel que gela diese sopiese vera palabra,

Que perderie los averes è mas los oios de la cara,

E aun demas los cuerpos è las almas.

Grande duelo avien las yentes christianas.

3o Ascondense de Mió Cid , ca nol’ osan decir nada.

El Campeador adelinó à su posada.

Así como legó à la puerta falóla bien cerrada ,

Por miedo del rey Alfonso que así lo avie parado :

Que si non la quebrantas’ por fuerza que non gela abriese nadi.

V. ih.—Ms.: Albricia. Sanchez : Albrizias. Ce mot, d’origine arabe, était l’interjection usitée pour annoncer une bonne nouvelle , et rappeler en même temps le présent que l’on devait faire au messager. — Echados. La forme de ce mot n’a-t-elle pas été altérée , modernisée par le copiste ? Si mes conjectures ne me trompent, au lieu du verbe echar, le texte primitif devait porter jetar ou getar, qu’on retrouve plusieurs fois dans le Fuero Juzgo.

V. 16. — Les deux lignes ainsi rattachées ne 'forment, dans le manuscrit du Poème du Cid, qu’un seul vers, que Sanchez a coupé en deux à cause de sa longueur démesurée. Nous y avons reconnu deux vers, excellents, de dix syllabes chacun ; mais nous tenons à conserver le numérotage indiqué par le premier éditeur. — L’auteur emploie le mot pendón psur lanza, la partie poulie tout. — Remarquer aussi, à la fm du vers, le

mot varones , qui, en cet endroit, est simplement le corrélatif de mugieres (femmes).

V. 17. — Un littérateur français, d’ailleurs fort distingué et très-instruit des choses de l’Espagne, qui a traduit ce passage du Poème du Cid, interprète le mot burgeses : habitants de Ruegos, Burgosiens. Dans ce Poème, quand le narrateur veut désigner un habitant de Burgos, un homme de Burgos, il se sert du mot Púrgales. (Voyez les vers 65 et 193.) Le mot barges est l’équivalent et l’homonyme du provençal borges (bourgeois). — Remarquer aussi le mot puestos, terminant un vers qui se trouve dans un couplet dont l’assonance est en 0 aigu. Très -probablement, dans le manuscrit primitif, il y avait postos. De moitié, l’ancien provençal disait post (posé, placé).

V. 20. — Pour les mots vasalo, oviese . nous suivons, comme partout, l’orthographe de Sanchez.

ff Donne-moi l’étrenne, Alvar Fañez! car nous sommes exilés du pays.» i5 Mon Cid Ruy Diaz entrait à Burgos.

| Il menait en sa compagnie soixante pennons.

( Hommes et femmes sortent pour le voir.

Bourgeois et bourgeoises se mettent aux fenêtres.

Pleurant de leurs yeux, tant ils étaient affligés,

Tous de leur bouche disaient les mêmes paroles :

20 ffDieu! quel bon vassal, s’il avait un bon seigneur!»

Us l’inviteraient volontiers; mais nul n’osait,

Tant du roi don Alphonse était grande la colère.

Avant la nuit à Burgos était arrivée sa charte,

Avec grande précaution et fortement scellée : a» «Que, à Mon Cid Ruy Diaz, personne ne lui donnât asile;

« Et que celui qui le lui donnerait sût une vraie parole , ff Qu’il perdrait ses biens et, de plus, les yeux du visage, ttEt encore, en outre, le corps et l’âme.»

La gent chrétienne .était fort affligée.

3o Us se cachent de Mon Cid, car ils n’osent lui rien dire.

Le Campéador se dirigea vers son logis.

En arrivant à la porte, il la trouva bien fermée,

Par crainte du roi Alphonse qui l’avait ainsi disposé :

Que, s’il ne la brisait par force, personne ne la lui ouvrit.

V. 25. — Que nadi noV diessen, etc. Au premier abord, ce pluriel diessen, placé après un substantif employé aujourd’hui au singulier, et surtout après un substantif négatif, nadi, nous a paru fort étrange, et nous avons été tenté de le corriger comme une faute du copiste. Mais , à la réflexion , nous avons été amené à penser que , dans le principe, le mot nadi avait dû être le pluriel d’un substantif latin altéré : nati (les hommes nés). Il y aurait donc, selon nous, à remarquer et à respecter ici une forme de l’ancien roman espagnol, qui n’était pas encore complètement abolie au xii* siècle. — On remarquera aussi dans ce vers le redoublement de la conjonction que et du régime indirect.

V. 26. — Ge, au lieu de se. Cette forme se retrouve assez fréquemment dans les Siete Partidas.

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