‹ Poe˜me du CidChapitre 49 sur 182 · V. 28. — Le poète met cuerpos et aimas au · texte numérisé non relu

V. 28. — Le poète met cuerpos et aimas au

pluriel pour le besoin de son vers. — Quant au mot cuerpo, la forme n’en a-t-elle pas été modernisée par le copiste? Dans le Poema de Alexandro, composé un siècle environ après notre Poème . on lit corpo.

V. 3i .—Le mot Campeador, qui devint comme le second surnom du Cid, signifie tout à la fois le champion brave et actif, et habile , — le champion par excellence.

V. 3 h. — i° Quebrantas’ . Ne serait-ce point là un de ces mots dont la forme primitive aurait été altérée, modernisée par le copiste? Dans les poésies de Gonzalo de Bcrceo, on trouve crèbrantar. — 20 Fiiena. La forme de ce mot n’a-t-elle pas aussi été altérée, modernisée par le copiste? Dans la liste qu’il donne des mots romans, ou d’origine latine, que les Arabes empruntèrent autrefois des Espagnols, le savant Aldrete met

35 Los de Mió Cid à altas voces laman :

Los de dentro non les querien tornar palabra. Aguijó Mió Cid , à la puerta se legaba ,

Sacó el pie del’ estribera, una feridal’ daba.

Non se abre la puerta, ca bien era cerrada.

4o Una niña de nuef años à oio se paraba :

Ya, Campeador, en buen ora cinxiestes espada. El Rey lo ha vedado, à nocb dól entró su carta, Con grant recabdo è fuertemientre sellada.

Non vos osariemos abrir nin coger por nada ;

45 Sinon, perderiemos los averes è las casas,

E demas los oios de las caras.

Cid, en el nuestro mal vos non ganades nada.

Mas el Criador vos vala con todas sus Virtudes sanctas. Esto la niña dixo, è tornó s pora su casa.

5o Ya lo vee el Cid que del Rey non avie gracia.

Partió s de la puerta, por Rurgos aguijaba.

Legó à Sancta Maria, luego descavalgaba.

Fincó los ynoios, de corazón rogaba.

La oración fecha , luego cavalgaba :

55 Salió por la puerta, è en Arlanzon posaba.

Cabo esa villa en la glera posaba.

Fincaba la tienda è luego descavalgaba.

Mió Cid Ruy Diaz, el que en buen ora cínxo espada, Posó en la glera quando nol’ coge nadi en casa.

forza. ( Del orig. de la leng. caslell. , lib. III, cap. xv.) Le mot arabe suffit donc pour prouver l’existence du mot espagnol. Ajoutons que, dans le Poema de Alexandro , on trome for cia , foi- ciar, for ciado. — 3° Ici, avec nadi, comme dans le reste de l’ouvrage, le poète met le verbe au singulier.

V. 35. — Laman. Le verbe lamar, au lieu de clamar, n’est-il pas au nombre des mots rajeunis par le copiste ?

V. 36. — Querien pour querían , à l’imparfait, comme avie pour avia. Je crois désormais inutile de faire remarquer cette forme.

V. 4i. — La particule ya, qui se trouve fréquemment répétée dans ce Poème, revient à

notre ancien adverbe ja , et elle a également un sens très-étendu.

Y. 42. — Cet adverbe composé à noch (au^ jourd’hui) se retrouve dans l’ancien provençal, a noit, a noich.

Y. 47. — Lti forme nuestro était-elle déjà reçut dans la langue à l’époque où fut composé notrt Poème? ou bien est-ce le copiste qui a substitut une forme plus récente à la forme ancienne tombée en désuétude? Ce qu’il y a de certain, c’est que, dans le Poema de Alexandro, on lit n ostro et nostra. — Au lieu de l’indicatif ganades, il faudrait ici le conditionnel gananedes. Mais le poète ne se gêne pas avec les temps des verbes; et ailleurs, au lieu du conditionnel, il met le futur,

35 Ceux de Mon Cid appellent à grands cris :

Ceux du dedans ne leur voulaient point répondre.

Mon Cid piqua des deux et s’avança vers la porte ;

Il tira le pied de l’étrier, et contre la porte donna un coup.

La porte ne s’ouvrit pas, car elle était bien fermée. ho Une petite fille de neuf ans s’arrêta devant ses yeux : rr Déjà , Campéador, en bonne heure vous avez ceint l’épée.

«Le Roi l’a défendu; aujourd’hui est arrivée sa charte,

« Avec grande précaution et fortement scellée.

«Nous n’oserions vous ouvrir, ni vous accueillir pour rien au monde ;

¿5 «Sans quoi nous perdrions les biens et les maisons,

«Et, de plus, les yeux du visage.

«Cid, à notre mal vous ne gagneriez rien.

«Mais que le Créateur vous protège ainsi que toutes ses Vertus saintes !r Ainsi parla la jeune fille, et elle s’en retourna vers sa maison.

5 o Déjà il voit bien, le Cid, qu’il n’a plus la faveur du Roi.

11 s’éloigna de la porte, et piqua des deux à travers Burgos.

Il arriva à Sainte-Marie , et mit aussitôt pied à terre.

Il s’agenouilla et fit de cœur une prière.

L’oraison terminée, il remonta aussitôt à cheval.

55 II s'ortit par la porte et alla camper sur Arlanzon.

Il campa près de cette ville, sur la grève.

Il planta sa tente et descendit aussitôt de cheval.

Mon Cid Ruy Diaz, celui qui en benne heure ceignit l’épée,

Campa sur la grève, personne n’ayant voulu l’accueillir en sa maison.

par ia seule raison que cela lui est plus commode. (Voyez les vers 628 et i532.) Nous respectons cette grammaire originale , en nous efforçant de traduire avec la plus grande clarté possible.

V. 48. — Les Vertus sont un ordre angélique placé, dans la hiérarchie céleste, au-dessus des Chérubins et des Séraphins.

V. 4g. — Sanchez: tornos ’ (avec une apostrophe après l’s). Sanchez a méconnu ici, comme dans tous les autres endroits analogues , l’s affixe , de l’ancien provençal, qui se plaçait après les mots terminés par une voyelle lorsque le mot suivant commençait par une consonne.

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