V. 208. — Ici, évidemment, comme dans
quelques autres passages qui se présentent plus loin , l’adverbe privado a le sens de presto, luego.
V. 21 1. — Sanchez, dans son Index, dit que le verbe mesurar, à cet endroit , paraît être synonyme de pagar (payer). Malgré ma déférence pour l’érudition de Sanchez, je 11e saurais accepter cette interprétation. Quelle que fût la simplicité ou même, si l’on veut, la grossièreté des
acó II jugea à propos de sortir du logis et prit congé de tous deux.
Il est sorti de Burgos et a passé l’Arlanzon.
Il vint à la tente de celui qui en bonne heure naquit.
Le Cid le reçut , les deux bras ouverts : rr Venez, Martin Antolinez, mon fidèle vassal;
2o5 ftPuissé-je voir bientôt le jour où vous ayez de moi quelque chose! 75 — rr Je viens, Campéador, avec toutes bonnes nouvelles :
77 Vous six cents [marcs], et moi trente j’ai gagné.
■7 Donnez l’ordre qu’on plie la tente et partons promptement; r A Saint-Pierre-de-Cardeña trouvons-nous au chant du coq.
210 r Nous verrons votre femme, noble dame de haut renom, ft Nous ferons un court séjour et quitterons le royaume.
77 Cela est bien nécessaire, car le délai approche. n Ces paroles dites, la tente est pliée.
Mon Cid et ses compagnies chevauchent au plus vite.
3i5 II tourna la face de son cheval vers Sainte-Marie,
Leva la main droite , se signa le visage :
77 A toi je rends grâces , Dieu qui gouvernes le ciel et la terre !
77 Que tes vertus me protègent, glorieuse sainte Marie!
7' De ce moment je quitte la Castille, puisque j’ai le Roi irrité, aso 77 Je ne sais si j’y rentrerai en aucun jour de ma vie.
'7 Que votre vertu me soutienne, Reine de gloire, dans mon exil,
77 Et quelle me vienne en aide, quelle me secoure de nuit et de jour !
77 Si ainsi vous faites , et si mon bonheur est accompli ,
77 J’enverrai à votre autel de beaux et riches dons;