‹ Poe˜me du CidChapitre 60 sur 182 · V. 226. — i° Spidió pour espidió. Ne serait- ce · texte numérisé non relu

V. 226. — i° Spidió pour espidió. Ne serait- ce

2 3o Si el Rey me lo quisiere tomar, à mi non min chal :

Ante seré convusco que el sol quiera rayar.

Tornaba s Martin Antolinez à Burgos, è Mió Cid aguijar Pora San Pero de Cardeña quanto pudo à espolear,

Con estos caballeros quel’ sirven à so sabor.

235 Apriessa cantan los gallos è quieren quebrar albores. Quando legó à San Pero el buen Campeador,

El abbat don Sancho , christiano del Criador,

Rezaba los matynes à buelta de los albores,

Y estaba doña Ximena con cinco dueñas1 de pro , a4o Rogando à San Pero è al Criador :

Tu que à todos guias, val à Mió Cid el Campeador. Lamaba à la puerta, y sopieron el mandado.

Dios, que alegre fue el abbat don Sancho !

Con lumbres è con candelas al corral dieron salto :

245 Con tan grant gozo reciben al que en buen ora násco. Gradescolo à Dios, Mió Cid, dixo el abbat don Sancho : Pues que aqui vos veo , prended de mi ospedado.

Dixo el Cid : gracias don abbat , è so vuestro pagado ;

Yo adovaré conducho pora mi è pora mis vasallos ; a5o Mas porque me vo de tierra, dovos cinquenta marchos ; Si yo algún dia visquier’, servos han doblados :

Non quiero facer en el monesterio un dinero de daño :

pas une altération maladroite du copiste , qui , par là , aura cru rapprocher davantage ce mot de la forme latine? Au vers 2600, on lit espedimiento. — 20 El Caboso. J’ai traduit ce mot dans le sens indiqué par Sanchez. Ce qui m’a décidé, c’est qu’on le trouve employé avec la même signification dans les poésies de Gonzalo de Berceo. Autrement, je l’aurais interprété volontiers au sens de capitaine, chef de gueire; d’autant que le poète ne donne ce nom qu’au Cid et à deux de ses compagnons qui sont également des chevaliers émérites , Alvar Fañez et l’évêque Hiéronyme. — 3° Cver. La forme de ce mot n’a-t elle pas été modernisée par le copiste? Dans le Poema de Alexandro , on lit cor.

V. 23o. — A mi non min chal. Chai, et plus loin cal (v. 2867), 3' pers. singul. du verbe

chaler ou caler. Les Provençaux avaient également les deux formes. Quant à celte particule min, c’est évidemment le provençal m’en; soit que notre poète, comme il lui arrive quelquefois , ait fait élider l’e de la particule relative en par une voyelle plus forte, soit que le texte ait été altéré par le copiste.

V. 2 33 .— Quanto. Ici, comme au vers 527, l’o final de quanto paraît nuire à la régularité de la versification. Au vers 1599, le texte porte quant. Tout cela n’indiquerait-il point que l’o final euphonique n’était pas encore, au xn' siècle, décidément établi dans la langue ?

V. 2 35. — Le verbe quebrar signifie ordinairement crever. Ici le poète s’en sert pour exprimer la première apparition de l’aube. Nos poètes provençaux ont employé le verbe crebar dans la même

23o tr Si le Roi me veut prendre mon bien, il ne m’en chaut ! ff Avant que le soleil paraisse je serai avec vous. »

Martin Antolinez s’en retournait à Burgos, et Mon Cid de piquer des deux Devers Saint-Pierre-de-Cardeña, en éperonnant de son mieux,

Avec ces chevaliers qui le servent à son gré. a35 Bientôt chantent les coqs et l’auhe commence à poindre.

Lorsque le bon Campeador arriva à Saint-Pierre,

L’abbé don Sanche, chrétien du Créateur,

Récitait les matines au retour de l’aube ,

Et doña Chimène était avec cinq dames de qualité, alto Priant saint Pierre et le Créateur :

«Toi qui gouvernes tous les hommes, protège Mon Cid le Campéador!»

Il appela à la porte et l’on sut le message.

Dieu ! comme il fut content l’abbé don Sanche !

Ils se précipitèrent à la cour d’entrée , avec des flambeaux et des cierges ; a45 Ils reçoivent avec la plus grande joie celui qui en bonne heure nâquit. ff J’en rends grâces à Dieu, Mon Cid, dit l’abbé don Sanche; ff Puisque je vous vois ici, recevez de moi l’hospitalité. »

Le Cid dit : tt Merci, seigneur abbé, et je suis votre obligé; tf Je me pourvoirai de vivres pour moi et mes vassaux. a5o ff Mais comme je m’en vais du pays, je vous donne cinquante marcs.

* Si je vis encore quelque temps , ils vous seront doublés.

ff Je ne veux point faire dans le monastère un denier de dommage.

circonstance. (Voyez le Lexique roman, L II, p. 5 o 8.)— Sanchez se contente de mettre une simple virgule à la fin de ce vers.

V. 2 36. — Désormais le poëte emploiera simplement ces mots San Pero pour désigner Saint- Pierre-de-Cardeña. Le nom tout entier était, en effet, un peu long pour son vers.

V. 237. — Cette expression chrétien du Créateur, qui, au premier abord, peut paraître quelque peu étrange, revient exactement à cette locution populaire que nous entendons encore tous les jours sans nous étonner : un chrétien du bon Dieu.

V. 239. — Le savant Aldrete donne avec raison le mot pro comme synonyme de bien; mais nous croyons avoir rendu l’intention du poëte.

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