‹ Poe˜me du CidChapitre 63 sur 182 · V. 2 58. — Nous nous efforçons de rendre la pensée · texte numérisé non relu

V. 2 58. — Nous nous efforçons de rendre la pensée

V. 269. — Sanchez écrit feme. Nous avons reproduit la forme du manuscrit , qui d’ailleurs nous semble modernisée.— Le qualificatif infantes est le

« Et voici, pour doña Chimène je vous donne cent marcs.

«EHe et ses filles et ses dames, servez-les cette année. a55 «Je laisse deux filles bien jeunes, prenez-les sous votre protection.

«Je vous les recommande à vous, abbé don Sanche.

«D’elles et de ma femme ayez là plus grand soin.

« Si cela ne suffit pas pour leur dépense , et qu’il vous en coûte quelque chose . «Ne laissez pas de les bien pourvoir, je vous le recommande.

260 «Pour un marc que vous dépenserez, j’en donnerai quatre au monastère. « L’abbé avait à cela consenti volontiers.

Voici que doña Chimène arrive là avec ses filles.

Une dame conduit chacune d’elles, et on les amène devant lui.

Doña Chimène se mit à deux genoux devant le Campéador. a65 Elle pleurait de ses yeux, et elle voulut lui baiser les mains.

«Merci, Campéador, en bonne heure vous êtes né.

«De méchants brouillons sont cause que vous êtes exilé du pays.

«Merci, déjà, Cid, barbe très-accomplie.

Í « Me voici devant vous moi et vos filles | «Qui sont enfants et bien jeunes,

270 «Ainsi que ces miennes dames par qui je suis servie.

«Je vois bien que vous allez partir,

«Et il nous faut de notre vivant nous séparer de vous.

« Venez-nous en aide pour l’amour de sainte Marie. »

Il posa les mains sur sa belle barbe;

275 [Puis] il prit ses filles dans ses bras,

Et les pressa sur son cœur, car il les aimait beaucoup.

Il pleure de ses yeux et très-fortement soupire.

«Or çà, doña Chimène, la mienne femme très-accomplie,

«Je vous aime autant que mon âme;

280 K Déjà vous le voyez, qu’il faut, nous vivants, nous séparer.

pluriel d'infant. Cette forme, employée avec un sujet féminin, se retrouve encore dans la langue espagnole du xiv" siècle. Dans son testament, qui nous a été conservé par Ayala , Pierre-le-Cruel dit, en parlant de ses filles, «la infant doña Beatris. . . la dicha infant , n au lieu de la infanta , etc.

V. 270. — Le texte de Sanchez ne porte qu’une simple virgule à la fin de ce vers. — On voudra bien remarquer que, par suite d’une distraction, du vers 2,65 au vers 270, Sanchez donne six vers

au lieu de cinq. Nous avons reproduit cette erreur, d’ailleurs sans importance, afin de ne pas changer le numérotage.

V. 273. — Le mot cometo , ou comego. est fréquemment employé par notre auteur dans le sens d'aide, secours. (Voyez plus haut le vers 85 . et ci-après l’expression dar conseio aux vers d Inet 1 185.)

V. 27 k. — Sur le sens du mot vellido, retido , ou belido , voyez les vers 1876 et 1620.

Yo iré è vos fincarédes remanida.

Plega à Dios è à Sancta Maria

Que aun con mis manos case estas mis fijas,

O que de ventura è algunos dias vida, a85 E vos, mugier ondrada, de mi seades servida.

Grand yantar le facen al buen Campeador.

Tañen las campanas en San Pero à clamor.

Por Castiella oyendo van los pregones,

Como se va de tierra Mío Cid el Campeador.

290 Unos dexan casas è otros onores.

En aques’ dia en la puent de Arlanzon Ciento è quince cavalleros todos juntados son.

Todos demandan por Mió Cid el Campeador.

Martin Antolinez con ellos coió.

295 Vanse pora San Pero do está el que en buen punto nació. Quando lo sopo Mió Cid el de Bivar,

Cal’ crece compaña porque mas valdrá,

Apriesa cavalga, recebirlos salie.

Tornos’ à sonrisar, leganle todos, la manol’ van besar.

3oo Fabló Mió Cid de toda voluntad :

Yo ruego à Dios è al Padre Spiritual,

Vos que por mi dexades casas è heredades,

Enantes que yo muera algún bien vos pueda far,

Lo que perdedes doblado vos lo cobrar.

3o5 Plógo à Mió Cid, porque creció en Tayuntar :

Plógo à los otros homes todos quantos con él están.

Los seis dias de plazo pasados los han :

Tres han por trocir, sepades que non mas.

Mandó el Rey à Mió Cid à aguardar,

V. 286. — La particule 0 est souvent employée par le poète comme conjonction. — Pourquoi Sanchez a-t-il mis un point à la fin de ce vers?

V. 286. — Le mot yantar (du latin jentare) servait à désigner le dîner, qui avait lieu à midi. C’est l’archiprêtre de Hita qui nous apprend ce détail : «A hora de medio dia, quando yanta la gente. » ( Poesías del arcipreste de Hita , copla 845.)

Y. 287. — Voyez la note du vers 236.

V. 290. — Dans la langue espagnole du moyen âge, le mot onor signifie ordinairement un domaine féodal, un fief. Ici, il sert à désigner un domaine en général. (Voyez le vers 3o2.)

V. 291. — Au lieu de aques’ ( et malgré l’apostrophe ajoutée par Sanchez ) , il faut , je crois , lire aquest, comme dans l’ancien provençal.

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