‹ Poe˜me du CidChapitre 64 sur 182 · Et que vous, femme honorée, vous soyez de moi servie · texte numérisé non relu

Et que vous, femme honorée, vous soyez de moi servie

On prépare un grand dîner au bon Campeador.

On sonne les cloches dans Saint-Pierre avec grand bruit.

Par la Castille on va entendant les hérauts ,

Comme quoi s’en va du pays Mon Cid le Campeador.

990 Les uns laissent leurs maisons, les autres leurs fiefs :

En ce jour-là, sur le pont d’Arlanzon Cent quinze chevaliers sont tous réunis :

Tous demandent après Mon Cid le Campéador.

Martin Antolinez fit route avec eux.

295 Ils s’en vont devers Saint-Pierre, où se tient celui qui en bon point naquit. Lorsqu’il apprit cela , Mon Cid de Bivar,

Que sa compagnie s’accroît, par où il vaudra davantage,

Il monta aussitôt à cheval et Sortit à leur rencontre.

Il se prit à sourire ; tous s’avancent vers lui et vont lui baiser la main.

3oo Mon Cid parla de tout cœur :

«Je prie Dieu et le Père Spirituel,

«Vous qui pour moi laissez maisons et héritages,

«Que je puisse avant de mourir vous faire quelque bien,

«Et, ce que vous perdez, que vous le recouvriez au double.»

3o5 Mon Cid fut content, parce qu’il croissait par cette adjonction.

Ils furent contents, tous les autres hommes qui étaient avec lui.

Ils ont passé les six [premiers] jours du délai ;

Ils n’en ont plus que trois pour sortir, sachez-le, et pas plus.

Le Roi a mandé à Mon Cid de considérer

altérant l’orthographe de ce mot, le copiste n’a-t-il point voulu le rapprocher davantage de la forme latine? — 2°Ici, par ces mots le Père Spirituel , le poète veut, je crois, désigner Jésus-Christ.

V. 3o3.— Sanchez, je ne sais pourquoi, met un point à la fin de ce vers; la phrase n’est pas finie.

V. 3o4.— Je reproduis dans sa hardiesse énergique cette construction de phrase.

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