‹ Poe˜me du CidChapitre 68 sur 182 · V. 492 — Remarquer tornan , au pluriel , avec · texte numérisé non relu

V. 492 — Remarquer tornan , au pluriel , avec

Fellos en Casteion ó el Campeador estaba.

El castiello dexó en so poder, el Campeador cabalga. Saliólos recebir con esta su mesnada :

Los brazos abiertos recibe à Min aya.

Venides, Alvar Fañcz, una fardida lanza.

Do yo vos embias’ bien avria tal esperanza.

Eso con esto sea aiuntado.

5o o Dovos la quinta, si la quisieredes, Minaya.

Mucho vos lo gradesco, Campeador contado.

D’aquesta quinta que me avedes mandado ,

Pagarse ya della Alfonso el Castellano.

Yo vos la suelto è avello quitado.

5 o 5 A Dios lo prometo , à aquel que está en alto ,

Fasta que yo me page sobre mió buen cavallo , Lidiando coi Moros en el campo,

Que empleye la lanza è al espada meta mano,

E por el cobdo ayuso la sangre destelando 5i o Ante Ruy Diaz el Lidiador contado,

Non prendre de vos quanto vale un dinero malo.

Pues que por mi ganaredes quisquier que sea d’algo , Todo lo otro afelo en vuestra mano.

Estas ganancias alli eran imitadas.

5i5 Comidió s Mió Cid, el que en buen ora fue nado,

Al rey Alfonso que legarien sus compañas ;

Quel’ buscarie mal con todas sus mesnadas :

Mandó partir tod aqueste aber ;

Sos quiñoneros que gelos diesen por carta.

an sujet au singulier, compaña. C’est la règle latine , turba ruit ou ruunt.

V. ¿195. — D’après les Partidas on appelait umnada (mesnie) les hommes d’armes qui composaient la suite d’un homme puissant et recevaient de lui une solde et des bén^fi ces. (Voy. Part. V, tit. xu, 1. n.)

V. ¿99. — Peut-être, après ces mots Eso con esto sea aiuntado, qui forment en quelque sorte le premier hémistiche du vers, faut-il ajouter : è partamos las ganancias ( et partageons le double butin). Le sens et le vers seraient plus com¬

plets, et l'on aurait l’avantage de conserver l’assonance.

V. 5 oh.— Plusieurs observations sur ce vers.— 1 0 Le manuscrit et le texte de Sanchez portent : Yo vos la suelta. Il y a là probablement une erreur du copiste. — 20 Avello pour averio, et le verbe à l’infinitif au lieu de l’impératif, licence grammaticale fort usitée au moyen âge, et dont nous retrouverons plus d’un exemple dans le Poème. (Voyez le vers 895.) — 3° Sanchez, nous ne savons pourquoi , met une simple virgule à la fin de ce vers; cependant la phrase est complète.

Les voilà à Casteion où était le Campeador.

Laissant le château [qui est] en son pouvoir, le Campéador monte à cheval. 4g5 II sortit à leur rencontre avec cette sienne mesnie;

Les bras ouverts , il reçoit Minaya :

rr Venez, Alvar Fafiez, venez, lance hardie!

?r Partout où je vous eusse envoyé , bien aurais-je eu telle espérance, rr Que cela à ceci soit réuni.

5oo rr Je vous [en] donne le cinquième, si vous le voulez, Minaya. »

— rr Je vous en remercie beaucoup, Campéador renommé, rr De ce cinquième que vous m’avez accordé , rr 11 en serait content, Alphonse le Castillan, rr Je vous l’abandonne et vous en tiens quitte.

5otj rr A Dieu je le promets, à celui qui est là-haut :

rr Jusqu’à ce que je me satisfasse sur mon bon cheval, rr Combattant dans le champ avec les Mores , rr Employant la lance et mettant la main à l’épée ,

-Et par le coude en bas distillant le sang,

5io rr Devant Ruy Diaz le Batailleur renommé,

rr De vous je ne prendrai pas même ce que vaut un méchant denier, rr Puisque par moi vous avez gagné quelque chose de prix ,

"Tout le reste, le voilà entre vos mains. n «

Ce [double] butin était là rassemblé.

5 1 5 II pensa, Mon Cid, celui qui en bonne heure naquit,

Que du roi Alphonse viendraient les compagnies;

Que celui-ci lui chercherait mal avec toutes ses mesnies :

Il ordonna qu’on partageât tout cet avoir;

Que la part de chacun lui fût donnée par charte.

Y. 5 1 1 . — Ici encore , Sanchez met une virgule à la fin du vers.

V. 5i6. — On a déjà vu et on reverra fréquemment, dans le cours de ce récit, l’article al employé à la place de de ou del (de , du). Le Gid avait d’ailleurs l’intention bien arrêtée d’éviter toute collision avec le roi Alphonse, son seigneur. (Voyez le vers 546.)

V. 519. — Sanchez fait du mot quiñonero le synonyme du mot quiñón, lequel signifie la part qui revient à chaque individu dans une répartition. Je le veux bien; mais je ferai remarquer

qu’habituellement, dans la langue espagnole, les substantifs terminés en ero servent à désigner l’homme qui fait une chose ou qui use d’une chose exprimée par un mot auquel on ajoute cette désinence : ainsi de caballo (cheval) vient caballero (chevalier); de escudo (écu), escudero (écuyer), etc. etc. Ici, tout en me soumettant à l’autorité de Sanchez, je serais disposé à croire que par ce mot quiñonero le poète a voulu désigner les officiers qui étaient chargés de faire la répartition, les répartiteurs; et le pronom los se rapporterait à axer considéré comme nom collectif.

5Ao

Sos cavalleros y han arrivanza :

A cada uno dellos caen cien marchos de plata,

E à los peones la meatad sin falla.

Toda la quinta à Mió Cid fincaba.

Aqui non lo pueden vender, nin dar en presentaya.

Nin cativos nin cativas non quiso tener en su compaña. Fabló con los de Casteion, ymbió à Fita è à Guadalfaxara Esta quinta por quanto serie comprada,

Aun de lo que diesen que oviesen grand ganancia. Asmaron los Moros tres mili marcos de plata.

Plógo à Mió Cid d’ aquesta presentaya.

A tercer dia dados fueron sin falla.

Asmó Mió Cid con toda su compaña Que en el castiello non y abrie morada,

E que serie retenedor, mas non y avrie agua.

Moros’ en paz ca escripia es la carta.

Buscarnos ye el rey Alfonso con toda su mesnada :

Quitar quiero Casteion. Oyd escuellas è Minaya!

Lo que yo dixier’ non lo tengades à mal :

En Casteion non podriemos fincar ;

Cerca es el rey Alfonso è buscadnos verná.

Mas el castielo non lo quiero bermar.

Ciento Moros è ciento Moras quierolas quitar,

Porque lo pris dellos que de mi non digan mal.

Todos sodes pagados è ninguno non por pagar;

Cras à la mañana pensemos de cavalgar :

Con Alfonso mió señor non querría lidiar.

Lo que dixo el Cid à todos los otros plaz’.

Del castiello que prisieron todos ricos se parten.

Los Moros è las Moras bendiciendol’ están.

Vanse Fenares arriva quanto pueden andar.

Trocen las Alearías è iban adelant.

Por las cuebas d’Anquita ellos pasando van.

V. 527. — Quanto. Voyez au vers 233 la note. V. 535. — Le sens de ce vers, dont l’interprétation littérale ne présente d’ailleurs aucune difficulté , est bien vague. L’auteur a voulu dire , ce

me semble , que le Cid ne pouvait pas , honnêtement, attaquer les habitants de ce pays, au moment où il venait de traiter avec eux.

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