V. 58o. — Males, pour mal les. dît à discrétion
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Aguisa de membrado por sacarlos à celada.
Veyenlo los de Alcocer, Dios, como se alababan!
Falido ha à Mió Cid el pan è la cebada.
590 Las otras abes lieba, una tienda ha dexada.
De guisa va Mió Cid como si escapase de arrancada :
Demos salto à él è feremos grant ganancia,
Antes quel’ prendan los de Teruel, sinon non nos darant dent nada. La paria qu’él ha prisa tornarnos la ha doblada.
595 Salieron de Alcocer à una priesa much estraña.
Mió Cid quando ios vio fuera, cogió s como de arrancada.
Cogió s Salon ayuso, con los sos abuelta nadi.
Dicen los de Alcocer : ya se nos va la ganancia.
Los grandes è los chicos fuera salto dan.
600 Al sabor del prender de lo al non piensan nada :
Abiertas dexan las puertas que ninguno non las guarda.
El buen Campeador ya su cara tornaba.
Vió que entredós è el castiello mucho avie grand plaza :
Mandó tornar la seña , apriesa espoloneaba :
6o5 Feriólos, caballeros, todos sines dubdanza.
Con la merced del Criador nuestra es la ganancia.
Bueltos son con ellos por medio de la laña.
Dios, que bueno es el gozo por aquesta mañana!
Mió Cid è Alvar Fañez adelant aguijaban :
610 Tienen buenos cavados, sabet^a su guisa les andan.
Entre ellos è el castiello en esora entraban.
Los vasallos de Mió Cid sin piedad les daban.
En un ora è un poco de logar trescientos Moros matan,
Dando grandes alaridos los que están en la celada.
6 1 5 Dexando van los delant, por el castiello se tornaban.
V.587. — Ici, non plus, le mot membrado ne saurait signifier fameux, renommé. (Voyez le vers 1 3 1 .)
V. 5go. — C’est Sanchez qui nous a fourni l’interprétation de abes, qu’il fait dériver du vix latin. Quoi qu’il en soit de l’origine , ce même adverbe, écrit aves , se trouve dans les poésies de Gonzalo de Berceo. (Voy. Vida de santa Oria, cop. 38.)
V. 59 1 . — Cette appellation Mon Cid est assez étrange dans la bouche des ennemis du Cid. —
Au mot arrancada, Sanchez interprète fort bien: seguida, victoria (poursuite, victoire).
V. 593. — Remarquer le t placé à la fin du mot darant. On a déjà vu (v. 563) , et l’on reverra plus loin une forme semblable, qui était un reste des habitudes latines. Je ne reviendrai plus sur ce point.
V. 59^.— Le texte de Sanchez porte : tornarlos. Erreur du copiste, évidemment. (Voyez le vers 578.)
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En manière d'homme habile, pour les attirer dans une embuscade.
Ceux d’ Alcocer voient cela: Dieu! comme ils se réjouissent!
«Le pain et l’orge ont manqué à Mon Cid.
590 «Il a laissé une tente et emporte les autres avec peine.
«Il s’en va de façon, Mon Cid, comme s’il échappait d’une poursuite.
« Assaillons-le , et nous ferons un grand butin,
« Avant que ceux de Teruel le prennent; sans quoi , ils ne nous en donneront rien. «La rançon qu’il a prise, il faut qu’il nous la rende au double. »
595 Ils sortirent d’Alcocer avec une hâte étonnante.
Mon Cid, quand il les vit dehors, s’enfuit comme s’il eût été poursuivi.
Il s’enfuit en descendant le Jalon; contre les siens personne ne combat.
Ceux d’Alcocer disent : «Déjà le butin nous échappe h Les grands et les petits s’élancent dehors.
600 Avec le désir de prendre, ils ne pensent à rien autre;
Ils laissent les portes ouvertes, de façon que personne ne les garde.
Le bon Campéador avait tourné le visage.
Il vit qu’entre eux et le château il y avait grand espace ;
Il fit retourner sa bannière, et piqua vivement de l’éperon :
6o5 «Frappez-les, chevaliers, tous, sans hésitation.
«Avec la grâce du Créateur, nôtre est le butin. v Us sont retournés avec eux par le milieu de la plaine.
Dieu! que bonne est leur joie en cette matinée!
Mon Cid et Alvar Fanez piquaient des deux en avant.
610 Ils ont de bons chevaux, sachez-le, et qui vont à leur guise.
Entre eux et le château alors ils entrèrent.
Les vassaux de Mon Cid donnèrent sus sans pitié.
En une heure et un peu de temps, ils tuèrent trois cents Mores,
Tandis que ceux qui sont dans l’embuscade poussent de grands cris.
61 5 Les laissant devant eux, ils marchent au château.
Y. 5g6. — Fuera. L’orthographe primitive n’at-elle pas été altérée par le copiste? Dans le Poema de Alexandro , on lit foras.
V. 6o3. — Sanchez a fort bien remarqué la ressemblance du mot plaza (place, lieu, espace) avec le français place. Mais ce mot ressemble encore plus au provençal et au catalan plassa.
V. 606. — Sanchez se contente de mettre une virgule à la fin de ce vers.
V. 607. — Laña. La forme de ce mot n’a-t-elle pas été altérée par le copiste? Dans le Poema de Alexandro, on trouve planidat (terrain uni).
Y. 61 5. — C’est-à-dire, si je ne m’abuse, que le Cid et les chevaliers qu’il avait emmenés avec lui passent devant ceux qu’on avait mis en embuscade — les piétons probablement — à qui on laisse le soin de poursuivre les malheureux habitants d’Alcocer. (Voyez le vers 617.)
Las espadas desnudas, à la puerta se paraban.
Luego legaban los sos, ca fecha es el arrancada.
Mió Cid ganó Alcocer, sabet , por esta maña.
Vino Pero Bermuez que la seña tiene en mano.
Metióla en somo, en todo lo mas alto.
Fabló Mío Cid Ruy Díaz el que en buen ora fue nado : Grado à Dios del cielo è à todos los sos Sanctos.
Ya mejoraremos posadas à dueños è à cavallos.
Ovd à mi, Alvar Fañez è todos los cavalleros.
En este castiello grand aber abemos preso.
Los Moros yacen muertos, de vivos pocos veo.
Los Moros è las Moras vender non los podremos.
Que los descabecemos nada non ganaremos.
Coiamoslos de dentro, ca el señorío tenemos.
Posaremos en sus casas è dellos nos serviremos.
Mió Cid con esta ganancia en Alcocer está :
Fizo embiar por la tienda que dexára allá.
Mucho pesa à los d’ Teca è à los d’ Teruel non place,
E à los de Calatayuth non place.
Al rey de Valencia embiaron con mensaie,
Que à uno que dicien Mió Cid Ruy Diaz de Bibar, Ayrólo el rey Alfonso , de tierra echaclolo ha :
Vino posar sobre Alcocer en un tan fuerte logar.
Sacólos à celada, el castiello ganado ha.
Si non das conseio, à Teca è à Teruel perderás; Perderás Calatayuth que non puede escapar :
Ribera de Salon todo irá à mal :
Así fará lo de Siloca que es del’ otra part.
Quando lo oyó el rey Tanin:
Tres reyes veo de Moros derredor de mi estar.
Non lo detardedes , los dos id pora allá.
Tres mili Moros levedes con armas de lidiar,
Con los de i a frontera que vos ayudarán.
V. 03o. — Sanchez se contente de mettre deux points à la fin de ce vers.
V. 633 - 34. — Le narrateur a déjà dit <ela. (Voyez le vers 58o.) Mais peut-être la
répétition n’est-elle pas inutile. A mesure que le Cid étend ou affermit ses conquêtes , les habitants des localités voisines doivent éprouver une nouvelle et plus vive inquiétude.
L’épée nue , à la porte ils s’arrêteift.
Incontinent arrivent les leurs, car finie est la poursuite.
Mon Cid gagna Alcocer, sachez-le, par cette ruse.
Arrive Pero Bermuez, qui tient en main la bannière.
Gao 11 la plaça sur le château, à l’endroit le plus élevé.
[ Alors ] parla Mon Cid Ruy Diaz , celui qui en bonne heure naquit : rr Grâces soient rendues au Dieu du ciel et à tous ses saints ! cc A présent, maîtres et chevaux, nous aurons un meilleur gîte.
« Ecoutez-moi , Alvar Fañez et tous les chevaliers. •
6a5 et Dans ce château nous avons pris un grand avoir.
(f Les Mores gisent tués , j’en vois peu de vivants.
et Les Mores et les Moresques, nous ne pourrons les vendre.
k A les décapiter nous n’aurions nul profit.
^ Recueillons-les dedans, car nous sommes maîtres [de l’endroit]. 63o frNous logerons dans leurs maisons, et d’eux nous servirons. ^
Mon Cid , avec ce butin , se tient dans Alcocer.
Il fit envoyer après la tente qu’il avait laissée là-bas.
Cela afflige fort ceux de Teca et déplaît à ceux de Teruel,
Et ne plaît pas [non plus] à ceux de Calatayuth.
635 Ils envoyèrent vers le roi de Valence avec [ce] message : k Qu’un [chevalier] nommé Mon Cid Ruy Diaz de Bivar, fr Lequel le roi Alphonse avait pris en haine et chassé du pays, ffEst venu loger au-dessus d’Alcocer, en un lieu très-fort, cr II les a attirés dans une embuscade et a gagné le château,
64o cr Si tu n’avises, tu perdras Teca et Teruel ; te Tu perdras Calatayuth qui ne peut échapper : ce Sur la rive du Jalon tout ira à mal. cc Ainsi adviendra du pays de Siloca qui est de l’autre coté, v Lorsque le roi Tanin entendit cela :
645 rr Je vois trois rois de Mores autour de moi se tenir. ccNe perdez pas de temps, vous deux allez là-bas; cc Emmenez trois mille Mores armés pour combattre , cr Avec ceux de la frontière qui vous viendront en aide.
V. 635. — Mensaie. Ce mol n’est-il pas de ceux qui ont été modernisés par le copiste ? Dans le Poema de Alexandro , on lit message.