‹ Poe˜me du CidChapitre 79 sur 182 · V. 83o. — Voyez le vers · texte numérisé non relu

V. 83o. — Voyez le vers

V. 83 1. — Au lieu*de remaneciere , le texte de Sanchez porte romcmeciere. Nous n’avons vu là

Que rueguen por mi las noches è los dias.

Si les yo visquier, serán dueñas ricas.

(Minaya Alvar Fañez desto es pagado,

| Por ir con él omes contados.

835 Agora daban cebada , ya la noch era entrada.

Mió Cid Ruy Díaz con los sos se acordaba :

Hydes vos, Minaya, à Castiella la gentil.

A nuestros amigos bien les podedes decir :

Dios nos valió è vendemos la lid.

84o A la tornada, si nos fallarédes aquí;

Sinon do sopieredes que somos, yndos conseguir.

Por lanzas è por espadas avernos de guarir;

Sinon en esta tierra angosta non podriemos vivir.

Ya es aguisado, mañana s fue Minaya.

845 El Campeador con su mesnada.

La tierra es angosta è sobeiana de mala.

Todos los dias à Mió Cid aguardaban Moros de las fronteras è unas yentes estrañas.

Sano el rey Fariz con él se conseiaban.

85o Entre los de Teca è los de Teruel la casa,

E los de Calatayuth que es mas ondrada,

Así lo han amasdo è metudo en carta :

Vendido les ha à Alcocer por tres mili marchos de plata. Mió Cid Ruy Diaz à Alcocer es venido.

855 Que bien pagó à sus vasallos mismos!

A cavalleros è à peones fechos los ha ricos :

En lodos los sos non fallariedes un mesquino.

Qui à buen señor sirve, siempre vive en delicio.

Quando Mió Cid el castiello quiso quitar,

86o Moros è Moras tornáronse à quexar :

Vaste, Mió Cid, nuestras oraciones vayante delante !

Nos pagados fincamos, señor, de la tu part.

qu’une faute typographique, et nous avons corrigé. — Quant à daldo pour dadlo, c’est une de ces transpositions de lettres volontaires, qui se rencontrent fréquemment dans le cours de ce récit.

V. 83g. — Le texte de Sanchez porte : la lidat; et en marge, comme interprétation ou comme variante : la lid. Nous avons adopté cette leçon. Lid est le mot consacré et, de plus, il est ici appelé par l’assonance.

tt Quelles prient pour moi la nuit et le jour.

ff Si pour elles je puis vivre, elles seront de riches dames.»

( Minaya Alvar Fanez est de cela satisfait,

( Parce que vont avec lui des hommes de renom.

835 Maintenant on donnait l’orge , déjà entrait la nuit.

Mon Cid Ruy Diaz se recordait avec les siens :

« Allez-vous-en , Minaya, en Castille la noble.

« A nos amis, bien vous pouvez leur dire :

«Dieu nous a protégés, et nous avons gagné la bataille.

84o ff A votre retour, vous nous retrouverez certainement ici;

ff Sinon, là où vous apprendrez que nous sommes, venez nous rejoindre, tr Avec nos lances et nos épées , il nous faut nous tirer d’affaire ;

«Sans quoi, nous ne pourrions vivre dans ce pauvre pays.»

Déjà [ tout] est prêt , au matin partit Minaya.

845 Le Campéador [demeura] avec sa mesnie.

Le pays est pauvre et souverainement mauvais.

Tous les jours, attendaient Mon Cid

Les Mores des frontières et quelques peuples étrangers.

Le roi Fariz revenu à la santé, ils se concertaient avec lui.

85o Entre ceux de Teca et ceux de Teruel la ville,

Et ceux de Calatayuth , qui est plus considérable ,

Ils l’ont ainsi pensé et mis dans une charte :

11 leur a vendu Alcocer pour trois mille marcs d’argent.

Mon Cid Ruy Diaz est venu à Alcocer.

855 Combien il rend contents ses vassaux mêmes !

Cavaliers et piétons, il les a [tous] faits riches :

Parmi tous les siens, vous n’en trouveriez pas uirseul nécessiteux.

Qui sert bon seigneur vit toujours à l’aise.

Lorsque Mon Cid voulut quitter le château,

86o Mores et Moresques se mirent à se plaindre :

ff Tu t’en vas , Mon Cid ; que nos prières aillent devant toi !

«Nous demeurons, seigneur, contents de tes bontés.»

V. 84o. — Si, à cet endroit, me paraît être un adverbe affirmatif. (Voyez ie yers 181.)

V. 8 4 1 . — Yndos pour ydnos, par transposition. V. 85a. — Amasdo pour asmado, par transposition.

V. 855. — 'H faut avouer que ce mot mismos (mêmes) arrive, en cet -endroit, d’une manière un peu étrange. Mais que voulez-vous ?*Le poète en avait besoin, ou de quelque chose d’approchant, pour l’assonance.

Quando quitó Alcocer Mió Cid el de Bibar,

Moros è Moras conpezaron de lorar.

865 Alzó su seña , el Campeador se va.

Pasó Salon ayuso, aguijó cabadelant.

Al exir de Salon, mucho ovo buenas aves.

Plógo à los de Teruel, à los de Calatayutb mas.

Pesó à los de Alcocer, ca pro les facie grant.

870 Aguijó Mió Cid, yba s cabadelant,

E fincó en un poyo que es sobre Mont Real.

Alto es el poyo, maravilloso è grant : .

Non teme guerra, sabet, à nulla part.

Metió en paria à Daroca en antes :

875 Desi à Molina que es del’ otra part :

La tercera Teruel, que estaba delant.

En su mano tenie à Celfa la de Canal.

Mió Cid Ruy Diaz de Dios haya su gracia !

Ydo es à Castiella Alvar Fañez Minaya;

880 Treinta cavallos al Rey los empresentaba.

Viólos el Rey, fermoso sonrrisaba :

Quien los dió estos, sí vos vala Dios, Minaya?

Mió Cid Ruy Diaz que en buen ora cínxo espada. Venció dos reyes de Moros en aquesta batalla.

885 Sobeiana es, señor, la su ganancia.

A vos, Rey ondrado, embia esta presentaia.

Besavos los pies è las manos amas.

Quel’ bayades merced, sí el Criador vos vala.

Dixo el Rey : mucho es mañana ,

890 Home ayrado que de señor non ha gracia ,

Por acogello acabo de tres semanas :

Mas después que de Moros fue, prendo esta presentaia. Aun me place de Mió Cid que fizo tal ganancia.

Sobr’ esto todo à vos quito, Minaya :

895 Honores è tierras havellas endonadas.

V. 868-69. — Les uns son*' contents et les autres s’affligent, parce que le Cid s’éloigne de ces parages.

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