‹ Poe˜me du CidChapitre 81 sur 182 · V. 880. — Voyez le vers · texte numérisé non relu

V. 880. — Voyez le vers

V. 892. — Au lieu de despues que, il faut lire, je crois, pues que.

V. 8g5. — Havellas pour havevlas , et l’infinitif au lieu de l’impératif.

Hid è venit, d’ aquí vos do mi gracia.

Mas del Cid Campeador yo non vos digo nada.

Sebre aquesto todo decirvos quiero, Minaya,

De todo mió reyno los que lo quisieren far,

900 Buenos è valientes pora Mió Cid buyar,

Sueltoles los cuerpos, è quitóles las heredades.

Besóle las manos Minaya Alvarr Fañez :

Grado è gracias , Bey, como à señor natural :

Esto feches agora, al feredes adelant.

905 Hid por Çastiella è dexenvos andar, Minaya :

Sin ulla dubda yd à Mió Cid buscar ganancia.

Quiero vos decir del que en buen ora násco è cínxo espada : Aquel poyo en él príso posada,

Mientra que sea el pueblo de Moros è de la yente christiana , 910 El Poyo de Mió Cid asiT dirán por carta.

Estando alli mucha tierra paraba :

El de Bio Martin todo lo metió en paria.

A Saragoza sus nuevas legaban.

Non place à los Moros, íirmemientre les pesaba.

9i5 Alli s’ovo Mió Cid complidas quince semanas.

Quando vió el Caboso que se tardaba Minaya,

Con todas sus yentes fizo una trasnochada.

Dexó el poyo, todo lo desemparaba.

Allende Teruel don Bodrigo pasaba.

920 En el Pinar de Tebar don Buy Diaz posaba.

Todas essas tierras todas las paraba :

A Saragoza metudal’ ha en paria.

Quando esto fecho ovo, acabo de tres semanas De Castiella venido es Minaya :

925 Docientos con él que todos ciñen espadas :

Non son en cuenta, sabet, las peonadas.

V. 898 et suiv. — Le traducteur, qui a cherché à reproduire le texte aussi exactement que possible, demande pardon pour cette construction de phrase.

V. 899. — Sanchez indique fort bien le sens du verbe Jar; mais il n’a point vu que ce mot était d’origine provençale.

V. 900. — Sanchez, au mot huyar, fait avec raison de ce mot l’équivalent de hubiar.

V. go4. — Sanchez se contente de mettre deux points à la fin de ce vers.

Y. 906. — Sanchez, au mot ulla, rappelle avec raison le latin ullus. — Sanchez ne met à la fin de ce vers aucun signe de ponctuation.

rr Allez et venez; dès ce moment je vous donne ma grâce.

«Mais du Cid Campeador je ne vous dis rien.

«Sur tout ceci, je veux vous dire, Minaya ,

«De tout mon royaume ceux à qui il plaira de le faire,

900 «{Et qui,] bons et vaillants, voudront aller aider Mon Cid,

«Je dégage leurs personnes et leur laisse leurs héritages, »

Minaya Alvar Fanez lui baisa les mains :

«Merci et grâces [à vous], Roi, comme à mon seigneur naturel!

«Vous faites cela à cette heure, vous ferez plus tard autre chose.»

905 — «Allez par la Castille, et qu’on vous laisse aller, Minaya;

« Allez sans nulle crainte chercher du butin à Mon Cid.

«Je veux vous parler de celui qui en bonne heure naquit et ceignit l’épée. « Ce coteau sur lequel il a établi son camp ,

«Tant qu’il sera habité par des Mores et par la gent chrétienne- ,

910 «Ainsi on l’appellera par charte : Le Coteau de Mon Cid.»

Pendant qu’il était là , il conquérait maint pays :

Celui de Rio-Martin, il le mit tout entier à rançon.

A Saragosse ces nouvelles de lui arrivèrent.

Cela ne plaît pas aux Mores , cela les affligea fortement.

915 Là demeura Mon Cid quinze semaines accomplies.

Lorsque l’Excellent vit que Minaya tardait à venir,

Il fit avec tous ses gens une marche de nuit.

Il laissa le coteau , il le désempara tout entier.

De l’autre côté de Teruel don Rodrigue passa.

920 Au Pinel-de-Tebar don Ruy Diaz établit son camp.

Toutes ces terres, toutes il les soumit;

[Et quant à] Saragosse, il l’a mise à rançon.

Lorsqu’il eut cela fait, au bout de trois semaines,

De Castille Minaya était de retour.

925 [Il amène] avec lui deux cents [hommes] qui tous ceignent l’épée;

Quant aux piétons, sachez, on ne pourrait les compter.

V. 908. — Peut-être y a-t-il, dans ce vers, un léger oubli du copiste ou de l’imprimeur, et faut-il lire : Aquel poyo en que él, etc. Du reste , sur le sens , aucun doute.

V. 912. — Le pronom el représente quelque sujet masculin sous-entendu, comme val (val, vallée).

Y. 916. — Ce mot caboso, dont j’ai déjà parlé (voyez le vers 226, à la note), revient à l’ancien provençal cabaus , lequel signifie supérieur, principal.

V. 920. — On appelle en espagnol pinar, en français pinel ou pinèle, un lieu planté de pins.

Quando vio Mió Cid asomar à Minaya,

El cavallo corriendo valo abrazar sin falla :

Besol’ la boca è los oios de la cara.

93o Todo gelo dice, que noT encubre nada.

El Campeador fermoso sonrrisaba :

Grado à Dios è à las sus Virtudes sanctas :

Mientra vos visquieredes , bien me yrá à mi, Minaya. Dios, como fue alegre todo aquel fonsado!

935 Que Minaya Alvar Fañez así era legado,

Diciendoles saludes de primas è de hermanos,

E de sus compañas aquelas que avien dexadas.

Dios, como es alegre la Barba velida!

Que Alvar Fañez pagó las mili misas,

9^0 E quel’ dixo saludes de su mugier è de sus fijas.

Dios, como fue el Cid pagado, è fizo grant alegría!

. Ya, Alvar Fañez, vivades muchos dias.

Non lo tardó el que en buen ora násco :

Tierras d’Alcaniz negras las va parando,

9 A 5 E à derredor todo lo va parando.

Al tercer dia don yxo y es tornado.

Hya va el mandado por las tierras todas.

P-esando va à los de Monzon è à los de Huesca. Porque dan parias place à los de Saragoza ,

95o De Mió Cid Buy Diaz que non tenien ninguna fonta. Con estas ganancias à la posada tornando se van : Todos son alegres, ganancias traen grandes.

Plógo à Mió Cid, è mucho à Alvar Fañez.

Sonrrisós’ el Caboso, que non lo pudo endurar.

955 Hya, cavalleros, decirvos he la verdat :

V. 929. — Sanchez ne met que deux points à la fin de ce vers.

V. 930. — Le poëte a négligé d’indiquer le sujet de la phrase ; mais en lisant le passage avec attention , l’on reconnaît que c’est Minaya. J’ai précisé.

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