‹ Poe˜me du CidChapitre 87 sur 182 · V. 1218. — Sanchez, fidèle à ses habitudes · texte numérisé non relu

V. 1218. — Sanchez, fidèle à ses habitudes

[Et] envoya ses messages au pays de Castille :

« Celui qui veut perdre [tout] souci et parvenir à richesse, rr Qu’il s’en vienne devers Mon Cid, qui a le désir de faire une chevauchée. 200 rc II veut assiéger Valence pour la donner aux Chrétiens.

«Celui qui voudra venir avec moi assiéger Valence

«(Et que tous viennent de gré, que nul ne vienne par force) ,

«Je l’attendrai trois jours à Canal de Celfa.»

Voilà ce que dit Mon Cid, celui qui en bonne heure naquit;

2o5 [Et] il retourna à Murviedro, car il l’avait gagné.

Les hérauts allèrent, sachez, de toutes parts.

Avec le désir du butin , il ne veut pas perdre de temps.

De la bonne chrétienté des troupes considérables viennent le joindre.

Il va croissant en puissance, Mon Cid de Bivar.

210 Lorsque Mon Cid vit ces troupes réunies, il commença à se féliciter.

Mon Cid don Rodrigue ne voulut pas perdre de temps.

Il chemina devers Valence, et alla se jeter sur cette ville.

Mon Cid l’assiège avec soin, sans employer la ruse.

Il les empêche de sortir et il les empêche d’entrer.

2 1 5 Ses nouvelles vont toutes retentissant de toutes parts.

Il vient à Mon Cid , sachez , plus de gens qu’il ne s’en retire.

Il fixa à la ville un délai, pour le cas où l’on viendrait les secourir.

Il se tient sur elle, sachez, neuf mois accomplis.

Lorsque le dixième arriva , ils eurent à la lui livrer.

220 Grande est la joie qu’il y a en ce lieu.

Lorsque Mon Cid entra dans Valence, et qu’il entra dans la cité,

Ceux qui [auparavant] étaient à pied se font chevaliers.

L’or et l’argent , qui pourrait vous le conter ?

Riches étaient tous ceux qu’il y avait là.

225 Mon Cid don Rodrigue fit prendre la cinquième partie.

écrit yaz\ avec une apostrophe qui représente i’e final (yace). Les Provençaux disaient jac et jatz.

V. 1221 .—Le Cid n’avait pas tardé à se rendre maître des faubourgs de Valence ; mais l’important pour lui, c’était d’entrer dans la partie de la ville entourée de murs ou de remparts, dans la cité.

V. 1 2 2 2 .—Ce vers , très-curieux , exige quelques mots d’explication ; nous nous permettons de renvoyer le lecteur aux Notes historiques et littéraires.

V. 12 23. — Au xne piècle, le verbe espagnol contar, comme le provençal contar et le français conter, avait un double sens; il signifiait à la fois compter des quantités données et racontes' une chose. Ici, bien qu’il s’agisse d’or et d’argent, nous croyons répondre à l’intention du poète en prenant le mot contar dans sa double acception , et en l’écrivant de notre vieille orthographe à double entente.

En el aver monedado treinta mili marchos le caen :

E los otros haberes quien los podrie contar?

Alegre era el Campeador con todos los que ha,

Quando su seña cabdal sedie en somo del Alcázar. i a3o ‘Ya folgaba Mió Cid con todas sus compañas.

Aquel rey de Sevilla el mandado legaba ,

Que presa es Valencia que non gela enparan.

Vínolos ver con treinta mili d’armas.

Apres de la verta ovieron la batalla.

1235 Arrancólos Mió Cid el de la luenga barba.

Fata dentro en Xativa duró el arrancada.

En el pasar de Jucar y veriedes baraia :

Moros en aruenzo amidos beber agua.

Aquel rey de Marruecos con tres colpes escapa. s2üo Tornado es Mió Cid con toda esta ganancia.

Buena fue la de Valencia quando ganaron la casa :

Mas mucho fue provechosa, sabet, esta arrancada.

A todos los menores cayeron cien marchos de plata.

Las nuevas del Cavallero ya vedes do legaban.

12 'i 5 Grande alegría es entre todos esos Christianos,

Con Mió Cid Ruy Diaz el que en buen ora násco.

Ya le crece la barba, è vale allongando.

Dixo Mió Cid de la su boca à tanto :

Por amor del rey Alfonso ,. que de tierra me ha echado , 12.5o Nin entrarie en ela tigera, ni un pelo non abrie taiado. E que fablasen desto Moros è Christianos.

Mió Cid don Rodrigo en Valencia está folgando.

Con él Minaya Alvar Fañez, que no s parte de so brazo. Los que exieron de tierra de ritad son ahondados.

V. 1228. — Sanchez met un point à la fin du vers 1228, et une simple virgule à la fin du vers suivant.

V. 1 2 3 1 . — Remarquer aquel pour à aquel. Il y a ici sans nul doute un sacrifice à l’euphonie.

V. 12 34. — Au mot apres, Sanchez remarque que ce mot est français et provençal. Certainement.

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