V. 12 35. — Luenga. La forme de ce mot
n’a -t- elle pas été altérée par le copiste? Dans le Poema de Alexandro ,joti trouve longo , longa.
V. 1237. — Ms. et texte de Sanchez : y veriedes barata. Le mot espagnol barata signifie marché, troc, échange frauduleux. Or il n’est question ici de rien de pareil. Nous avons préféré le mot barata qui se retrouve plus loin au vers 3307. C’est le vieux mot provençal baralha.
En fait d’argent monnayé, trente mille marcs lui échoient;
Et les autres richesses, qui les pourrait conter?
Le Campéador était content, ainsi que tous ceux qu’il a,
Quand sa bannière principale fut placée au sommet de l’Alcazar. *
i23o Déjà Mon Cid se reposait avec toutes ses compagnies.
A ce roi de Séville arriva la nouvelle
Que Valence était prise, vu qu’on ne la secourait pas.
Il vint les voir avec trente mille [hommes] d’armes.
Près du verger ils eurent la bataille.
1 2.35 Mon Cid à la longue barbe les mit en déroute.
Jusqüe dans Xativa dura la poursuite.
Au passage du Jucar vous eussiez vu la confusion :
Les Mores couchés sur le dos boire de l’eau malgré eux.
Ce roi de Maroc échappe avec trois blessures, i ü4o Mon Cid s’en est retourné avec tout ce butin.
Il fut beau celui de Valence, quand on conquit la ville;
Mais cette victoire, sachez, fut bien plus profitable encore.
A tous les moindres [d’entre eux] il échut cent marcs d’argent.
Jugez par là jusqu’où allaient les exploits du Chevalier.
12^5 Une grande joie est parmi tous ces Chrétiens,
Avec Mon Cid Ruy Diaz, celui qui en bonne heure naquit.
Déjà sa barbe croît et va s’allongeant.
Mon Cid dit alors de sa bouche :
«Pour l’amour du roi Alphonse qui m’a chassé du pays,» i2 5o Que les ciseaux n’y pénétreraient pas et n’en couperaient pas un poil,
Et que de cela parleraient Mores et Chrétiens.
Mon Cid don Rodrigue se repose dans Valence.
Avec lui [est] Minaya Alvar Fañez, car il ne se sépare pas de son bras.
Ceux qui sont sortis du pays abondent en richesses.
deux pronoms, se (soi) et le (lui), propose d'interpréler brazo comme synonyme de lado (côté). C’est impossible , et nous aimons mieux supposer ici une faute du copiste. On se rappellera que souvent le Cid, en adressant la parole à Alvar Fañez, l’appelle mon bras droit (mi diestro brazo). C’est un trait charmant que la distraction du copiste avait gâté.