‹ Poe˜me du CidChapitre 89 sur 182 · V. ia5A. — Voyez au vers i 198 la noie · texte numérisé non relu

V. ia5A. — Voyez au vers i 198 la noie

V. ia38. — Sanchez , au mot aruenzo , dit que cette expression paraît signifier abondance : interprétation qui me paraît inadmissible. Dans mon opinion , ce mot n’est autre que le vieux mot provençal atrenzo (en arrière, resupinus) et, probablement, dans le manuscrit primitif du Poème du Cid il était écrit de même.

V. 1 253.— Ms. et texte de Sanchez : que nos’le parte de so brazo. Sanchez, embarrassé de ces

»a55 A todos les dió en Valencia casas è heredades :

De que son pagados, el amor de Mió Cid ya lo yvan probando.

Los que fueron con él, è los de después, todos son pagados.

Violo Mió Cid que con los haberes que avien tomados,

Que si s pudiesen yr, ferio yen de grado.

1360 Esto mandó Mió Cid, Minaya lo ovo conseiado :

Que ningún orne de los sos que s le non spidies’, ó noT besas’ la mano, Sil’ pudiesen prender, ó fuese alcanzado,

Tomasenle el haber è pusiesenle en un palo.

Afevos todo aquesto puesto en buen recabdo.

1265 Con Minaya Alvar Fañez él se va conseiar :

Si vos quisieredes , Minaya , quiero saber recabdo De los que son aqui è comigo ganaron algo.

Meterlos he en escripto, è todos sean contados,

Aquestos mios vasallos que curian à Valencia è andan arobdando.

1270 Que si alguno s furtare, ó menos le fallaren, el haber me avrá à tornar. Ali dixo Minaya: conseio es aguisado.

Mandólos venir à la cortb è à todos los iuntar.

Quando los falló., por cuenta fizólos nombrar.

Tres mili è seiscientos avie Mió Cid el de Bibar.

1275 Alegra s le el corazón è tornos’ à sonrrisar :

Grado à Dios, Minaya, è à Sancta Maria Madre!

Con mas pocos ixiemos de la casa de Bibar.

Agora avernos riqueza, mas abremos adelant.

Si à vos ploguiere , Minaya , è non vos caya en pesar, 5280 Embiarvos quiero à Castiella do avernos heredades,

Al rey Alfonso mió señor natural.

Destas mis ganancias que avernos fechas acá.

Darle quiero cien cavallos; è vos ydgelos lebar.

V. 1257. — Par ces mots los de despues (ceux d’ensuite), te poete designe ceux qui étaient venus joindre le Cid postérieurement à la mission qu’ Alvar Fañez avait remplie auprès du Roi.

V. 1262. — Le poète , entraîné par le besoin de l’assonance , n’a pas suivi l’ordre logique des idées.

V. 1263. — Nous avons interprété l’expression poner en un palo au sens où elle est employée encore aujourd’hui en Espagne. Bien que

Valence fût une ville musulmane, il faut considérer que le Cid a affaire à des Chrétiens, et qu’il ne pouvait songer à leur infliger un supplice qui n’était pas en usage dans l’Europe chrétienne.

V. 1269 - 70. — Dans le texte de 'Sanchez ces deux vers sont placés dans un ordre inverse , et la phrase ne présente ni construction grammaticale, ni sens. Je les ai transposés, et maintenant, si je ne m’abuse, ce passage a toute la

ia55 A tous il leur donna dans Valence maisons et héritages :

De quoi ils sont contents, [car] ils allaient éprouvant l’amour de Mon Cid.

Ceux qui étaient partis avec lui, et ceux d’ensuite, tous sont contents.

Il vit, Mon Cid, que, avec les biens qu’ils avaient pris,

S’ils pouvaient s’en aller, ils le feraient volontiers.

1260 Voici ce qu’ordonna Mon Cid, d’après le conseil de Minaya :

Qu’à tout homme des siens qui s’éloignerait sans sa permission et sans lui avoir baisé la main , Si l’on pouvait l’atteindre et l’arrêter,

On lui prît son avoir et on le mît au gibet.

Voilà tout cela prudemment disposé.

is65 II va se concerter avec Minaya Alvar Fañez :

«Si vous l’approuvez, Minaya, je veux savoir l’état

«De ceux qui sont ici et ont gagné quelque chose avec moi.

«Je veux les mettre en écrit, et que tous soient comptés,

«Ces miens vassaux qui gardent Valence et vont veillant autour.

1370 «Que si aucun se dérobe et qu’on le trouve de moins, son avoir me fera retour.»

Ici parla Minaya : « C’est sagement pensé. »

Il les fit venir à la cour et tous réunir.

Quand il les eut là, par compte il les fit dénombrer.

Mon Cid de Bivar avait trois mille et six cents hommes.

1275 II s’en réjouit en son cœur et se mit à sourire :

« Grâces à Dieu , Minaya , et à sainte Marie Mère !

«Avec moins [que cela] nous sortîmes de la ville de Bivar.

«A cette heure nous sommes riches, nous le serons davantage [encore] plus tard.

«Si à vous il plaisait, Minaya, et que cela ne vous afflige pas,

1280 «Je veux vous envoyer en Castille, où nous avons nos héritages,

«Au roi Alphonse mon seigneur naturel.

«De ce mien butin que nous avons fait ici,

«Je veux lui donner cent chevaux; et vous, allez les lui mener.

correction et toute la clarté désirables. — Quant au verbe arobdar, Sanchez l’interprète : rodear, rondar (tourner autour, faire la ronde). Peutêtre, ajoute Sanchez, faut- il lire axobdando , du mot arabe axobda (sentinelle ), employé par le poète aux vers 666 et 668. La correction indiquée par Sanchez présenterait le même sens. Nous rappellerons aussi que l’ancien provençal avait le verbe arondar (embrasser, environner).

V. 1271. — Sanchez ne met à la fin de ce vers aucun signe de ponctuation. Cependant le sens est complet.

V. 1-273. — Sanchez place après por cuenta la virgule que nous avons placée devant ces deux mots. Nous croyons avoir mieux compris la pensée du poète. (Voyez le vers 1762.)

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