‹ Poe˜me du CidChapitre 94 sur 182 · V. 1 364. — Fueren. Remarquer ce mot à la · texte numérisé non relu

V. 1 364. — Fueren. Remarquer ce mot à la

fin d’un vers placé dans un couplet dont l’assonance est en 0 aigu. Le manuscrit primitif1 devait porter foren.

V. 137t. — Deux observations sur ce vers. — i° Todas las. Le poète sous-entend le mot cosas , ou heredades. — a0 Remarquer, après las escuellas ( substantif féminin ) , le pronom masculin los. Le

« De ce si fier butin qu’a fait le Campéador, j 35 o « Ainsi me protège saint Isidore! je suis content de cœur; rr Et je suis content des prouesses que fait le Campéador.

« J’accepte ces chev.aux qu’il m’envoie en présent, »

Bien que le Roi fût satisfait , Garci Ordoñez eut un grand chagrin.

«Il semble qu’au pays des Mores il n’y ait plus homme vivant,

1 355 « Lorsqu’ainsi fait à sa guise le Cid Campéador !»

Le Roi dit au comte : « Laissez ce discours ;

«Car de toutes façons il me sert mieux que vous.»

Alors parla Minaya , en manière de baron :

«Le Cid vous demande grâce, si cela ne vous déplaît pas,

1 36o «Pour sa femme doña Chimène et ses deux filles :

« Elles sortiraient du monastère où il les a laissées ,

«Et iraient devers Valence, au bon Campéador.»

Le Roi dit alors : «J’y consens volontiers.

«Je leur ferai donner des vivres pendant qu’elles seront sur mes terres.

1 365 «D’insulte et de mal préservez-les , et de déshonneur.

«Lorsque ces dames seront à l’extrémité de ma terre,

« Songez à les servir, vous et le Campéador.

« Ecoutez-moi , hommes d’armes , et toute ma cour :

«Je ne veux point que le Campéador perde rien.

1370 «Quant à tous les hommes d’armes qui lui disent Seigneur,

«Tout ce que je leur ai confisqué, je le leur rends tout.

«Qu’on leur serve leurs revenus là où sera le Campéador.

«J’exempte leurs corps de mal et de mort violente.

«Je fais cela afin qu’ils servent leur seigneur.»

1375 Minaya Alvar Fanez lui baisa les mains.

Le Roi sourit, [et] très-bellement parla :

« Ceux qui voudront aller servir le Campéador,

«Je les en laisse libres, et qu’ils aillent à la grâce du Créateur.

«Nous gagnerons plus à cela qu’au déshonneur d’autrui.»

poète sous-entend, je crois, ie substantif homes.

V. 1372. — Nous avons précisé de notre mieux. Nous cherchons à traduire les mots , mais surtout à rendre la pensée.

V. 1373. — Atregar. Les anciens Provençaux disaient trena , tregua ( trêve ) et trevar, entreguar (avoir trêve, faire paix). — Sanchez, d’a¬

près Ducange, interprète bien, d’une manière générale, le sens du mot ocasion ; mais il en fait le synonyme de muerte (mort). . Ce n’est pas tout à fait cela. C’est seulement de mort violente, ou mieux encore, contre peine de mort que le roi Alphonse entend garantir les vassaux du Cid : il n’est pas en son pouvoir de promettre davantage.

Aquí entraron en fabla los infantes de Carrion :

Mucho crecen las nuevas de Mió Cid el Campeador.

Bien casariemos con sus fijas pora huebos de pro.

Non la osariemos acometer nos esta razón.

Mió Cid es de Bibar, è nos de los condes de Carrion.

Non lo dicen à nadi, è fincó esta razón;

Minaya Alvar Fañez al buen Bey se espidió.

Hya vos ydes, Minaya, yd à la gracia del Criador.

Levedes un portero, tengo que vos avrá pro.

Si levaredes las dueñas, sírvanlas à su sabor.

Fata dentro en Medina denles quanto huebos les fuer5.

Desi adelant piense délias el Campeador.

Espidió s Minaya è vase de la cort.

Los infantes de Carrion dando iban compaña à Minaya Alvar Fañez. En todo sodes pro , en esto así lo fagades :

Saludadnos à Mió Cid el de Bibar.

Somos en so pro quanto lo podemos far.

El Cid que bien nos quiera nada non perderá.

Respuso Minaya : esto non me ha porque pesar.

Hydo es Minaya, tornanse los infantes.

Adelinó pora San Pero ó las dueñas están.

Tan grand fue el gozo quandol’ vieron asomar.

Decido es Minaya, à San Pero va rogar.

Quando acabó la oración à las dueñas se tornó :

Omillo m, doña Ximena, Dios vos curie de mal.

Así faga à vuestras fijas amas.

Saludavos Mió Cid allá onde elle está.

Sano lo dexé è con tan grand rictad.

El Rey por su merced sueltas me vos ba ,

Por levaros à Valencia que avernos por heredad. Si vos viese el Cid sanas , sé sin mal ,

Todo serie alegre que non avrie ningún pesar.

V. 1 38 1 .—Le mot nuevas a dans notre Poëme un sens fort étendu , mais bien vague.

V. i38â. — Comme le poète a sous-entendu hardiment : è nos somos, etc., le traducteur sousentend également : et nous sommes , etc.

Page 1