‹ Poe˜me du CidChapitre 99 sur 182 · Alegre fue Mió Cid, que nunqua mas nin tanto · texte numérisé non relu

Alegre fue Mió Cid, que nunqua mas nin tanto

Ca de lo que mas amaba yal’ viene el mandado.

Docientos cavalleros mandó exir privado ,

Que reciban à Minaya è à las dueñas fijasdalgo.

El sedie en Valencia curiando è guardando,

1675 Ca bien sabe que Alvar Fañez trae todo recabdo.

Afevos todos aquestos reciben à Minaya,

E à las dueñas è à las niñas è à otras conpañas.

Mandó Mió Cid à los que ha en su casa Que guardasen el Alcázar è las otras torres altas , i58o E- todas las puertas, è las exidas è las entradas,

E aduxiesenle à Babieca : poco avie quel’ ganára.

Aun non sabie Mió Cid el que en buen ora cínxo spada ,

Si serie corredor ó si avrie buena parada.

A la puerta de Valencia do fuese en so salvo,

1 585 Delante su mugier è de sus fijas querie tener las armas. Recebidas las dueñas à una grant ondranza,

El obispo don Hieronymo adelant se entraba,

E dexaba el cavallo, pora la capiella adelinaba Con quantos que él puede que con oras se acordaron.

>596 Sobrepelizas vestidas è con cruces de plata,

Recibir saben las dueñas è al bueno de Minaya.

V. 1 565. — Los sos, etc. Le poète sous-entend dineros (deniers).

V. 1567. — Sanchez se contente de mettre une virgule à la fin de ce vers. Cependant le sens est complet.

V. i58o. — Sanchez met un point à la fin de ce vers. Cependant, à cet endroit, la phrase n’est point finie.

V. i58a. — Remarquer ici spada, au lieu de espada, après cínxo. Le poète n’a pas voulu , sans

i56o De rien de ce qu’ils voulurent ils n’eurent faute :

Même, les fers [de leurs chevaux], il les fit acquitter.

Minaya et les dames , Dieu ! comme il les honora !

Le jour suivant, au matin, ils chevauchaient promptement.

Jusque dans Valence, il les traita sans faute.

1 565 Le More dépensait le sien , car du leur il ne prenait rien.

Avec ces joies et [ces] nouvelles si honorables,

Ils sont près de Valence, à trois lieues comptées.

A Mon Cid, celui qui en bonne heure naquit,

Dans Valence on lui [en] apporte le message.

1570 Joyeux fut Mon Cid, au point qu’il ne le fut jamais plus, ni même autant: Car de ce qu’il aimait le plus, voilà qu’un message lui arrivait.

Il ordonna que deux cents chevaliers sortissent promptement.

Pour recevoir Minaya et les nobles dames.

Lui, il demeura à Valence, surveillant et gardant,

1575 Car il sait bien qu’ Alvar Fañez mène tout en sûreté.

Voici que tous ceux-là reçoivent Minaya,

Et les dames, et les jeunes filles, et le reste de la compagnie.

Mon Cid ordonna à ceux qu’il avait en sa maison ,

Qu’ils gardassent l’Alcazar et les autres tours élevées ,

»58o Et toutes les portes, et les issues et les entrées,

Et qu’on lui amenât Babieca : il l’avait gagné depuis peu.

11 ne savait pas encore, Mon Cid, celui qui en bonne heure ceignit l’épée. S’il serait coureur, et s’il aurait un bon arrêt.

A la porte de Valence, où il serait en sûreté,

1 585 Devant sa femme et ses filles il voulait tenir les armes.

Les dames ayant été reçues avec grande cérémonie ,

L’évêque don Hiéronyme entra devant,

Et laissant son cheval, se dirigea vers la chapelle Avec tous ceux qu’il put [réunir, et] qui arrivèrent à l’heure. j 5go Leurs surplis revêtus , et avec des croix d’argent ,

Ils sortaient pour recevoir les dames et le bon de Minaya.

doute, faire élider i’o final, aigu, de ctnxo par une voyelle moins forte, et il a préféré élider ou supprimer la voyelle initiale du mot suivant. Les anciens poètes provençaux ont souvent procédé de même.

V. 1 586 et suiv. — Hiéronyme, qui a un double rôle dans notre Poème, était allé au-devant de Minaya et des dames comme chevalier; maintenant il va à leur rencontre < n qualité d’évêque de Valence.

El que en buen ora násco non lo detardaba. Ensiellanle à Babieca, cuberturas le echaban.

Mió Cid salió sobr’ él, è armas de fuste tomaba. i5g5 Vistiós* el sobregonel, luenga trae la barba.

Fizo una corrida, esta fue tan estraña.

Por nombre el cavallo Babieca cavalga.

Quando ovo corrido, todos se maravillaban.

Des’ dia se preció Babieca en quant grant fue España, 1600 En cabo del coso Mió Cid descavalgaba.

Adelinó à su mugier è à sus fijas amas.

Quando lo vió doña Ximena , à pies se le echaba : Merced, Campeador, en buen ora cinxiestes espada. Sacada me avedes de muchas vergüenzas malas. iGo5 Afeme aqui, señor, yo è vuestras fijas amas.

Con Dios è convusco buenas son è criadas.

A la madre è las fijas bien las abrazaba.

Del gozo que avien de los sos oios loraban.

Todas las sus mesnadas en grant deleit’ estaban,

1610 Armas teniendo è tablados quebrantando.

Oyd lo que dixo el que en buen ora násco :

Vos, querida è ondrada mugier, è amas mis fijas.

Mi corazón è mi alma,

Entrad comigo en Valencia la casa,

1 61 5 En esta heredad que vos yo he ganada.

Madre è fijas las manos le besaban.

A tan grant ondra ellas à Valencia entraban.

Adelinó Mió Cid con ellas al Alcázar.

Alá las subie en el mas alto logar.

1G20 Oios velidos catan à todas partes.

Miran Valencia como yace la cibdad;

V. 1593. — Texte de Sanchez : emienllanh. Faute d’impression, probablement.

V. 1596. — Les armes de fût étaient celles dans la confection desquelles il entrait du bois, comme la lance, l’arbalète. Ici, parlant d’un chevalier, le poete veut désigner la lance.

V. 1596. — Le surcot (du latm mrgotum ) était une espèce de surtout. — Et le Cid porte la

barbe dans toute sa longueur, par le même niolif qui lui a fait revêtir le surcot : il est chez lui , dans son domaine, au milieu de ses vassaux; il n’a donc à prendre aucune précaution contre la possibilité d’une insulte. ,

V. 1609. — • Ms. et texte de Sanchez: en grant delent. Sanchez, au mot delent, interprète : gozo, contento (joie, contentement). Sur le sens,

Celui qui en bonne heure naquit ne perdit pas de temps.

On lui selle Babieca, sur lequel on jette des couvertures.

Mon Cid sauta dessus, et prit des armes de fût.

1595 II avait revêtu le surcot, longue il porte la barbe.

Il fournit une carrière , laquelle fut très-curieuse.

Le cheval qui a pour nom Babieca chevauche.

Lorsqu’il eut couru , tous étaient émerveillés.

Dès ce jour on apprécia Babieca dans toute la grande Espagne. 1600 Au bout de la carrière Mon Cid descendit de cheval.

Il s’avança vers sa femme et ses deux filles.

Lorsque doña Chimène le vit, elle se jeta à ses pieds :

« Merci, Campéador! en bonne heure vous avez ceint l’épée. «Vous m’avez tirée de maintes humiliations mauvaises. i6o5 ff Me voici devant vous, seigneur, moi et vos deux filles*

te Avec l’aide de Dieu et là vôtre , elles sont bonnes et élevées. » La mère et les filles, bien il les embrassait.

De la joie qu’ils avaient, ils pleuraient de leurs yeux.

Toutes ses mesnies étaient en grand contentement,

1610 Tenant leurs armes et brisant les tablados.

Ecoutez ce que dit celui qui en bonne heure naquit : ttVous, chère et honorée femme, et mes deux filles, rrMon cœur et mon âme, tt Entrez avec moi dans Valence la ville,

1 6 1 5 rtDans cet héritage que je vous ai gagné, n Mère et filles lui baisaient les mains.

Avec un très-grand honneur elles entraient à Valence.

Mon Cid se rendit avec elles à i’Alcazar.

Là il les fit monter à l’endroit le plus élevé.

1 620 Ces beaux yeux regardent de toutes parts.

Elles considèrent Valence, comme est sise la cité;

point de doute; mais, quant à la forme du mot, j’ai pensé que delent n’est qu’une erreur du copiste, et qu’il faut lire deleit ou deleite. Les anciens Provençaux disaient, à peu près de même, deleig et deliet.

V. 1610. — Sanchez, au mot tablado, interprète : mesa (table à manger)! On nommait tablado une espèce de tableau, ou de planche,

qu’aux jours de divertissement les chevaliers s’essayaient à briser; cela, au moyen d’une arme de jet, appelée bohordo ou vara, fort bâton de deux ou trois pieds de long , et garni de fer aux extrémités.

V. 1612. — La fin de ce vers a été mal copiée. Il devait y avoir : è mis fijas amas , pour l’asso¬

nance.

E del* otra parte à oio han el mar.

Miran la huerta, espesa es è grant.

Alzan las manos por à Dios rogar.

1625 Desta ganancia como es buena è grand,

Mió Cid è sus compañas tan à grant sabor están.

El ibierno es exido , que el marzo quiere entrar.

Decirvos quiero nuevas de aient partes del mar,

De aquel rey Yucef que en Marruecos está. i63o Pésol’ al rey de Marruecos de Mió Cid don Rodrigo :

Que en mis heredades fuertemientre es metido,

E él non gelo gradece sinon à Jesu-Christo.

Aquel rey de Marruecos aiuntaba sus virtos.

Con cinquenta veces mili de armas todos fueron compiídos. 1 635 Entraron sobre mar, en las barcas son metidos.

Van buscar à Valencia à Mió Cid don Rodrigo.

Arrivado han las naves, fuera eran exidos.

Legaron à Valencia la que Mió Cid ha conquista.

Fincaron las tiendas, è posan las yentes descreídas.

16/10 Estas nuevas à Mió Cid eran venidas.

Grado al Criador è al Padre Espiritual !

Todo el bien que yo he, todo lo tengo delant.

Con afan gané à Valencia è hela por heredad.

A menos de muert non la puedo dexar.

1 645 Grado al Criador è à Santa María Madre!

Mis fijas è mi mugier que las tengo acá.

Venidom’ es delicio de tierras dalent mar.

Entraré en las armas, non lo podré dexar.

Mis fijas è mi mugier verme han lidiar.

1 65o En estas tierras agenas verán las moradas como se facen. Afarto verán por los oios como se gana el pan.

Su mugier è sus fijas subiólas al Alcázar.

Alzaban los oios, tiendas vieron fincadas.

Que es esto, Cid? sí el Criador vos salve!

V. 16&1. — Ici, par ces mots le Père Spirituel, le Cid entend Jésus-Christ.

V. 16/17. — Sanchez écrit delent. Faute d’impression, probablement. Il faut dalent, comme

au vers 2/119, ou bien encore de aient, comme au vers 1628.

V. i65o. — Les logis (moradas), c’est-à-dire les tentes. — Très-probablement le texte primitif

Et, de f autre côté, elles ont en vue la mer.

Elles considèrent le verger, qui est épais et grand.

Elles lèvent les mains pour prier Dieu.

162 5 De cette conquête, comme elle est belle et grande,

Mon Cid et ses compagnies ont un très-grand plaisir.

L’hiver est parti , voilà que le mois de mars veut entrer.

Je veux vous dire des nouvelles de l’autre côté de la mer,

De ce roi Yucef qui se tient à Maroc.

1 63o Le roi de Maroc se prit de colère contre Mon Cid don Rodrigue :

« Car il s’est mis violemment dans mon héritage , ce Et il n’en rend grâces qu’à Jésus-Christ. r>

Ce roi de Maroc assembla ses bataillons.

Avec cinquante fois mille [hommes] d’armes ils furent tous complets.

1 635 Ils entrèrent sur mer, furent mis dans les barques.

Ils vont chercher, à Valence, Mon Cid don Rodrigue.

Les nefs sont arrivées, ils sortent dehors.

Ils vinrent à Valence , celle que Mon Cid a conquise.

Ils plantèrent leurs tentes, et la gent mécréante se campa. i64o Ces nouvelles étaient parvenues à Mon Cid. ce Grâces au Créateur et au Père Spirituel! cc Tout le bien que je possède, je l’ai tout entier devant moi. ce Avec peine j’ai conquis Valence , et je l’ai pour héritage, cc A moins de mort, je ne la puis laisser.

1 645 cc Grâces au Créateur et à sainte Marie Mère! cr J’ai près de moi mes filles et ma femme. ccLe délice de la terre m’est venu de delà la mer. cc J’entrerai en guerre, je ne pourrai l’éviter, cc Mes filles et ma femme me verront combattre. i65o «En ce pays étranger elles verront comment se font les logis.

cc Elles verront suffisamment de leurs yeux comment se gagne le pain.n Il fit monter à l’Alcazar sa femme et ses filles.

Elles levaient les yeux, elles virent les tentes plantées, cc Qu’est cela, Cid? qu’ainsi le Créateur vous sauve !»

portait : como se fan. Le copiste a mis le verbe sous la forme usitée à son époque ; et , par cela même , il a , sinon fait disparaître , du moins altéré l’assonance.

V. i65i. — Afarto pour farto (aujourd’hui harto). Sanchez a remarqué que les anciens Espagnols plaçaient volontiers un a devant certains mots. Les anciens Provençaux faisaient de même.

1 655 Ya, mugier ondrada, non hayades pesar.

Riqueza es que nos acrece maravillosa è grand.

A poco que viniestes, presend vos quieren dar.

Por casar son vuestras fijas, aducenvos axuuar.

A vos grado , Cid , è al Padre Espiritual.

1660 Mugier, sed en este palacio, è si quisieredes en el Alcázar.

Non hayades pavor porque me veades lidiar.

Con la merced de Dios è de Sancta María Madre,

Crecem’ el corazón porque estades delant.

Con Dios aquesta lid yo la he de arrancar.

1 665 Fincadas son las tiendas è parecen los albores.

A una grand priesa tañien los atamores.

Alegrava s Mió Cid è dixo : tan buen dia es oy.

Miedo ha su mugier è quierel’ quebrar el corazón.

Así facie a las dueñas è à sus fijas amas à dos.

1670 Del dia que nasquieran non vieran tal tremor.

Prísos’ à la barba el buen £id Campeador :

Non hayades miedo , ca todo es vuestra pro.

Antes destos. quince dias si plogiere al Criador,

Aquelos atamores à vos los pondrán delant è veredes quales son. 1675 Desi han à ser del obispo don Hieronymo :

Colgarlos han en Sancta Maria madre del Criador.

Votación es que fizo el Cid Campeador.

Alegres son las dueñas , perdiendo van el pavor.

Los Moros de Marruecos cavalgan à vigor.

1680 Por las huertas adentro están sines pavor.

Violo el atalaya è tánxo el esquila.

Prestas son las mesnadas de las yentes christianas.

Adobanse de corazón è dan salto de la villa.

Do s fallan con los Moros cometienlos tan ayna.

1 685 Sacanlos de las huertas mucho afe aguisa.

Y. 1667 .—Apoco que, etc. (Il y a peu que, etc.). Locution toute française ou provençale.

V. 1659. — Ici, dans l'intention de Chimène, le Père Spirituel, c’est Dieu.

V. 1676. — L’église de Sainte- Marie était l’une des principales mosquées de Valence, que

l’on avait consacrée à la Vierge. — Quant à cette expression Mère du Créateur, elle est parfaitement orthodoxe; on lit dans les litanies de la Vierge : Mater Dei, Mate r Creatoris.

V. 1677. — Sanchez, dans son texte, donne vacación, et, dans son Index, il dit que peut-être

1 055 — «Or çà, femme honorée, n’ayez point d’ennui.

« C’est richesse qui nous accroît merveilleuse et grande.

«Vous êtes depuis peu arrivée, on veut vous faire un présent.

« Vos filles sont à marier, on vous apporte le trousseau. «

— « Je vous rends grâces, Cid, et au Père Spirituel. » if,6o — «Femme, tenez-vous dans ce palais, et, si vous voulez, dans l’Alcazar. «N’ayez point de peur en me voyant combattre.

«Avec la merci de Dieu et de sainte Marie Mère,

«Mon courage s’accroît, parce que vous êtes devant moi.

«Avec [l’aide de] Dieu, je gagnerai cette bataille.»

1 665 Les tentes sont plantées, et l’aube paraît.

A grande hâte on battait les tambours.

Mon Cid se réjouit et dit : «C’est un bien beau jour aujourd’hui!»

Sa femme a peur, et son cœur paraît vouloir se briser.

Ainsi fait-il à ses deux filles et aux dames.

1670 Depuis le jour où elles étaient nées, elles n’avaient pas éprouvé un tel effroi. Il se prit la barbe , le bon Cid Campéador :

«N’ayez point de crainte, car tout [cela] est votre profit.

«Avant quinze jours d’ici, s’il plaît au Créateur,

«On mettra devant vous ces tambours, et vous verrez quels ils sont.

»<>75 " Us appartiendront ensuite à l’évêque d«n Hiéronyme :

«On les placera dans Sainte-Marie mère du Créateur.»

(C’était un vœu qu’avait fait le Cid Campéador.)

Les dames se réjouissent, elles vont perdant leur crainte.

Les Mores de Maroc chevauchent vigoureusement.

1680 Au dedans des vergers ils sont sans peur.

L’atalaya vit cela et sonna la cloche.

Elles sont prêtes , les mesnies de la gent chrétienne.

Elles s’arment de cœur et s’élancent hors de la ville.

Là où elles rencontrent les Mores, elles les attaquent très-vivement.

1 685 Elles les chassent hors des vergers, vraiment, de bonne façon.

il faut lire votación. La correction nous a paru bonne et nous l’avons adoptée.

V. 1681. — L' atalaya étaitunetourd’invention arabe, habituellement érigée sur un monticule, où l’on plaçait une ou plusieurs sentinelles, qui avaient pour mission d’observer le pays circonvoi-

sin, et devaient, au moyen de certains signaux, avertir de tous les mouvements de l’ennemi. Ici , le mot atalaya désigne la sentinelle même que l’on plaçait dans la tour. Les Partidas donnent une excellente définition du mot atalaya pris en ce dernier sens. (Voy. Part. Il, tit. xxvi, 1. x.)

Quinientos mataron dellos complidos en es* dia.

Bien fata las tiendas dura aqueste alcanz.

Mucho avien fecho, piensan de cavalgar.

Alvar Salvadores preso fincó allá.

1690 Tornados son à Mió Cid los que comien so pan.

El se lo vió con los oios, cuentangelo delant.

Alegre es Mió Cid por quanto fecho han.

Oydme, cavalleros, non rastará por al :

Oy es dia bueno è meior será eras.

1695 Por la mañana prieta todos armados seades.

Decirnos ha la misa è pensar de cavalgar,

El obispo don Hieronymo soltura nos dará.

Yrlos hemos ferir en el nombre del Criador è del aposto! Sanctiague. Mas vale que nos los vencamos, que ellos coian el campo.

170° Esora dixieron todos : d’ amor è de voluntad.

Fablaba Minaya, non lo quiso detardar :

Pues eso queredes, Cid, à mi mandedes al.

Dadme CXXX. cavalleros pora huebos de lidiar.

Quando vos los fueredes ferir entraré yo del’ otra part.

1 7°5 O de amas ó de la una Dios nos valdrá.

Esora dixo el Cid : de buena voluntapd.

El dia salido è la noch entrada es.

No s detardan de adobasse esas yentes christianas.

A los mediados gallos antes de la mañana ,

1710 El obispo don Hieronymo la misa les cantaba.

La misa dicha , grant soltura les daba :

El que aqui muriere lidiando de cara,

Prendol’ yo los pecados, è Dios le avrá el alma.

A vos, Cid don Rodrigo, en buen ora cinxiestes espada.

.,.5 Hyo vos canté la misa por aquesta mañana ;

Pidovos un don è sea m presentado :

Las feridas primeras que las baya yo otorgadas.

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