‹ Poésies complètes. Traduites de l'écossaisChapitre 103 sur 267 · VIEUX VOISIN · texte numérisé non relu

VIEUX VOISIN

Je suis six fois votre débiteur

Pour votre habile et amicale lettre ;

Quoique je doive le dire . je vous soupçonne de llatterio .

Vous parlez si bien ; Pour mon pauvre sot babil rimé ,

Un peu moins suffirait.

En bon état soit votre cœur, et en bon état votre violon ; Puisse long-temps votre coude se trémousser et se démener , Pour vous égayer dans les divers tracas

Des soucis du monde .

Jusquà ce que les enfants de vos enfants caressent affectueusement

Vos vieux cheveux gris.

Mais , Davie , mon garçon , j'ai peur que vous ne soyez trop léger ; On me dit que vous avez négligé la muse; Et s'il en est ainsi, vous devriez être battu

Jusqu à ce que vous vous donniez de la peine; Des mains telles que les vôtres ne devraient jamais être dispensées

Qu on ménage qui 1 on voudra. [d'agir,]

Pour moi , je suis sur le bord du Parnasse ,

Torturant les mots pour les faire rimer ;

Tantôt stupide d'amour, tantôt stupide de boisson,

Avec les filles ou les francs-maçons ; Et tantôt , mais toujours trop tard , je trouve

Belles les sages leçons.

Entre tous les fils étourdis de l'homme. Parlez-moi du corps des Bardes; Excepté si c'est à quelque projet frivole

De rimes sonores , Du diable s'ils pensent jamais 1

J'en pourrais jurer.

Nulle itensée , nulle vue. nul plan de vie, >'uls soins pour nous donner joie ou peine :

Mais simplement nous mettons la main à la poch'? ,

Et tant qu'il s'y trouve quelque chose , Nous allons joyeusement en vrais hurluberlus ,

Sans nous inquiéter davantage.

Gloire à la rime', c'est toujours un trésor:

Mon prini^ipal , presque mon seul plaisir,

Au logis, aux champs, à l'ouvrage, au repos,

La Muse , pauvre fille , Quoique ses chants soient rudes et grossiers ,

Est rarement paresseuse.

Restez fidèle à la Muse , mon aimable Davie :

Le monde peut vous jouer plus d'un tour;

Mais pour la Muse, elle ne vous quittera jamais ,

Si pauvre que vous puissiez être , Non, quand même vous boiteriez, avec les éparvins ,

De porte en porte.

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