‹ Poésies complètes. Traduites de l'écossaisChapitre 105 sur 267 · UN BOUTON DE ROSE · texte numérisé non relu

UN BOUTON DE ROSE

Un bouton de rose, comme je me promenais de bonne heure, Au pied d'une butte entourée de blé, Penchait si gentiment sa tige épineuse Sous la rosée du matin 1

Avant que les ombres de laube aient fui deux fois , Etalé dans toute sa gloire empourprée , Et inclinant sa tête riche de rosée, Jl parfume le jeune matm.

Dans le buisson , une petite linotte Pressait amoureusement son nid caché; La rosée reposait froide sur sa poitrine De si bonne heure ce matin.

Elle verra bientôt sa tendre couvée , L'orgueil, le plaisir du bois,

Parmi les nouvelles feuilles, vertes et trempées de rosée, Eveiller le jeune matin.

Ainsi toi , cher oiseau, jeune et belle Jeany, Sur la corde tremblante ou l'air vocal, Tu payeras en doux accents le tendre soin Qui garde ton jeune matin.

Ainsi toi, charmant bouton de rose, jeune et gai , Tu resplendiras plein de beauté au jour, Et tu réjouiras le rayon du soir de la mère Qui veilla sur ton jeune matin.

11)2 POESIES DE BURXS.

ADIEU AUX FRERES DE LA LOCiE DE SAINT JAMES,

TARUOLTON.

Adieu '. un chaleureux et tendre adieu ,

Chers frères du nœud mystique !

Vous du petit nombre des favorisés, des iUuminés

Compagnons de mes joies mondaines !

Quoique je doive me hâter vers des terres étrangères ,

Poursuivant la boule glissante de la Fortune , Le cœur attendri, et lœil plein de larmes ,

Je penserai toujours à vous , quoique bien loin.

Souvent je me suis réuni à votre bande joyeuse ,

Et nous avons passé la nuit en gais festins; Souvent, honoré du commandement suprême,

J'ai présidé les fils de la lumière :

Et à cette clarté hiéroglyphique

Que les artisans seuls peuvent voir, La mémoire fidèle écrira dans mon cœur

Ces scènes heureuses quand je serai bien loin.

Puissent la liberté, 1 harmonie et l'amoUr

Vous unir pour le grand dessein, Sous l'œil omniscient den haut

Le glorieux architecte divin , Afin que vous puissiez garder la ligne infaillible,

Vous élevant toujours par la loi du plomb , Jusqu'à ce que l'ordre brillant reluise complètement,

Telle sera ma prière quand je serai bien loin.

Et vous, adieu! Vous que vos mérites appellent

Justement à porter ce signe suprême'.

Que le ciel bénisse votre honoré et noble nom,

Cher à la Maçonnerie et à l'Ecosse!

Permettez-moi ici une dernière requête

Quand vous vous assemblez tous animellement, Un coup à la ronde, je le demande avec une larme,

Pour le barde qui est bien loin.

POÉSIES DE BURNS. 16â

J'orrais, suivant les détours du Nith,

Pour observer les douces fleurs naissautes ;

J'errais, suivant les détours du Nith, Pour rêver à Philis et la chanter.

CIKJEt'R.

Fi de vos belles et de vos beautés !

Elles ne pourront jamais se comparer à elle . Quiconque a ren^^'ontré ma Philis

A rencontré la reine des belles .

La marguerite amuse ma tendre fantaisie ,

Si innocente, si simple, si sauvage; O toi, dis-je, emblème de ma Philis,

Car c'est l'enfant de la simplicité.

Fi, etc.

Le bouton de rose, c'est la roUgeur de môii ért -hattteresse , Sa douce lèvre de baume quand on la prfsse :

Qu'il est beau, qu'il est pur, le liSj

Mais piiis beau et plus pur est son seiii. Fi . etc.

Cette touffe de gaies fleurs dans le bo's(iuet

Ne saurait rivaliser avec ma Philis ; Son haleine est l'haleine du chèvrefeuille ,

Ce diamant de rosée, son œil.

Fi, etc.

Sa voix est le chant du matin ,

Qui éveille le bois étalant sa verdure Quand Phœbus regarde par-dessus les montagnes ,

La musique, le plaisir et l'amour.

Fi , etc.

Mais la beauté, comme elle est fragile et fugitive,

C'est la tleur d'un beau jour d été ! Tandis que le mérite dans l'àme de ma Philis

Fleurira sans déclin.

Fi, etc.

Un tendre baiser, et puis nous nous séparons; Un adieu, hélas, éternel'.

Je te ferai raison avec les larmes d'un cœur déchiré ,

Je te donnerai pour gage de violents soupirs et gémissements.

Qui dira que la fortune l'afllige,

Tant quelle lui laisse l'étoile de l'espérance?

Moi, aucune lueur riante ne m'éclaire;

Le sombre désespoir m'entoure de ténèbres.

Je ne blâmerai jamais ma partialité,

Kien ne pouvait résister à ma Nancy ;

Rien que de la voir, c'était l'aimer;

N'aimer qu'elle, et l'aimer à jamais.

Si nous ne nous étions jamais aimés si tendrement,

Si nous ne nous étions jamais aimés si aveuglément,

Jamais rencontrés — ou jamais séparés,

Nous n'aurions jamais eu le cœur brisé.

Adieu, toi la première et la plus belle!

Adieu, toi la meilleure et la plus chère!

A toi toute joie et tout trésor,

Paix, bonheur, amour et plaisir!

Un tendre baiser, et puis nous nous séparons!

Un adieu , hélas , éternel !

Je te ferai raison avec les larmes d'un cœur déchiré,

Je te donnerai pour gage de violents soupirs et gémissements.

Rendue à la joie , la nature voit

Sa robe reprendre les couleurs printanières , Sa chevelure de feuilles flotter au vent,

Toute fraîche trempée de la rosée du matin.

CHŒUR

Et me faut-il toujours raffoler de Menie *

Et souffrir le dédain qui est dans son œil? Car il est de jais, de jais noir, et il est comme un épervier.

Et il ne veut laisser personne tranquille!

En vain pour moi les primevères fleurissent,

En vain pour moi les violettes poussent; En vain pour moi dans le vallon ou dans le bois

Le mauvis et le linot chantent.

Et me faut-il toujours, etc.

1. Ce chœur fait partie d'une chanson composée à Edimbourg, par un ami particiilier do l'auteur. — 2. .abréviation ordinaire de Marianne.

POESIES DE BUUNS. 16:

Le laboureur conduit gaiement son attelage.

Avec joie le semeur attentif va tout doucement : Mais pour moi la vie est un rê\e fatigant,

Le rêve de quelqu'un qui ne s'éveille jamais. Et me faut-il toujours, etc.

La poule d'eau folâtre effleure l'onde ,

Les halbrans crient dans les roseaux, Le cigne altier nage majestueux,

Et tout est heureux excepté moi.

Et me faut-il toujours, etc.

Le gardeur de moutons ferme sa porte à deux battants,

Et sur les bruyères siffle sa note aiguë, 11 erre d'un pas libre, inégal.

Je le rencontre sur la colline humide de rosée. Et me faut-il toujours, etc.

Et quand l'alouette, entre l'ombre et la lumière,

Joyeuse s'éveille à côté de la marguerite, Et s'élève en chantant sur ses ailes frémissantes,

Spectre épuisé de douleur, je me glisse vers mon logis. Et me faut-il toujours . etc.

Viens, Hiver, avec ton hurlement courroucé,

Et courbe dans ta rage l'arbre dépouillé ; Ton obscurité soulagera mon âme désolée,

Car alors toute la nature est triste comme moi 1

CIIOEIR.

Et me faut-il toujours raffoler de Menie ,

Et souffrir le dédain qui est dans son œil? Car il est de jais, de jais noir, et il est comme un épervier,

El il ne veut laisser personne tranquille 1

FRAGMENT

Quand mon lit serait là-bas dans la lande,

S\ir la bruyère dans mon plaid , Heureux pourtant, heureux je serais.

Si j'avais ma chère Peggy de ^Fontgomerie.

Lorsque sur la colline fondraient de violentes tempêtes, Kf que les nuils d hiver seraient soiubres et ))liivieuses,

Je chercherais quelque vallon, et dans mes bras J'abriterais ma chère Peggy de Montgomerie.

Si j'étais un baron fier et puissant,

Et qu'un cheval et des valets attendissent tout prêts, Alors toute la joie que cela me donnerait.

Ce serait de la pai'tager avec Peggy de Montgomerie.

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