CHANT DE GUERRE
Scène — un champ de bataille , temps du jour — le soir; les blessés et les mourants de l'armée victorieuse sont supposés entonner ensemble le Chant suivant :
Adieu, beau jour, terre verte, et vous, cieux,
Qu'égaie en ce moment le large soleil qui se couche;
Adieu , amours et amitiés, ô vous chers et tendres nœuds, Notre carrière est parcourue 1
Toi, hideux roi des terreurs, sombre ennemi de la vie,
Va effrayer le lâche et l'esclave ; Va leur apprendre à trembler, tyran cruel ! mais sache
Que tu n'as pas de terreurs pour le brave.
Tu frappes le lourd paysan, il s'enfonce dans l'obscurité,
Et ne sauve pas même un nom du naufrage ; Tu frappes le jeune héros — but glorieux !
11 tombe, dans toute la splendeur de sa réputation !
Au champ du fier honneur — notre épée dans nos mains ,
Pour sauver notre roi et notre pays — Tandis que la victoire éclaire la chute des derniers grains de sable
Ohl qui ne voudrait mourir avec les braves*. [de la vie,]
I8-' POESIES DE BUKNS.
Adieu, onde qui coule en serpentant
Autour de la demeure d'Eliza 1 0 Mémoire 1 épargne-moi ces cruelles angoisses
Dans mon cœur qui se gonfle :
Condamné à traîner ma chaîne sans espoir,
Et pourtant à languir en secret, A sentir un feu dans chaque veine,
Sans oser découvrir ma torture.
Des amants le plus misérable, invisible, inconnu
Je voudrais bien cacher mes chagrins :
Le soupir qui éclate , le gémissement involontaire
Trahissent l'amant malheureux.
Je sais que tu me condamnes au désespoir,
Et que tu ne veux ni ne peux me soulager; Mais, Eliza, écoute ma seule prière,
Par pitié pardonne-moi 1
J'ai entendu la musique de ta voix,
Sans savoir qu'elle me rendait esclave:
Jai vu tes yeux, sans rien craindre.
Jusqu'à ce que des craintes ne fussent plus capables de me L'imprudent matelot ainsi éperdu , [sauver :]
Voyant le torrent qui roule, Au milieu des horreurs qui l'entourent s'abime enfin
Dans la ruine cjui l'accable.