‹ Poésies complètes. Traduites de l'écossaisChapitre 120 sur 267 · CHANT DE GUERRE · texte numérisé non relu

CHANT DE GUERRE

Scène — un champ de bataille , temps du jour — le soir; les blessés et les mourants de l'armée victorieuse sont supposés entonner ensemble le Chant suivant :

Adieu, beau jour, terre verte, et vous, cieux,

Qu'égaie en ce moment le large soleil qui se couche;

Adieu , amours et amitiés, ô vous chers et tendres nœuds, Notre carrière est parcourue 1

Toi, hideux roi des terreurs, sombre ennemi de la vie,

Va effrayer le lâche et l'esclave ; Va leur apprendre à trembler, tyran cruel ! mais sache

Que tu n'as pas de terreurs pour le brave.

Tu frappes le lourd paysan, il s'enfonce dans l'obscurité,

Et ne sauve pas même un nom du naufrage ; Tu frappes le jeune héros — but glorieux !

11 tombe, dans toute la splendeur de sa réputation !

Au champ du fier honneur — notre épée dans nos mains ,

Pour sauver notre roi et notre pays — Tandis que la victoire éclaire la chute des derniers grains de sable

Ohl qui ne voudrait mourir avec les braves*. [de la vie,]

I8-' POESIES DE BUKNS.

Adieu, onde qui coule en serpentant

Autour de la demeure d'Eliza 1 0 Mémoire 1 épargne-moi ces cruelles angoisses

Dans mon cœur qui se gonfle :

Condamné à traîner ma chaîne sans espoir,

Et pourtant à languir en secret, A sentir un feu dans chaque veine,

Sans oser découvrir ma torture.

Des amants le plus misérable, invisible, inconnu

Je voudrais bien cacher mes chagrins :

Le soupir qui éclate , le gémissement involontaire

Trahissent l'amant malheureux.

Je sais que tu me condamnes au désespoir,

Et que tu ne veux ni ne peux me soulager; Mais, Eliza, écoute ma seule prière,

Par pitié pardonne-moi 1

J'ai entendu la musique de ta voix,

Sans savoir qu'elle me rendait esclave:

Jai vu tes yeux, sans rien craindre.

Jusqu'à ce que des craintes ne fussent plus capables de me L'imprudent matelot ainsi éperdu , [sauver :]

Voyant le torrent qui roule, Au milieu des horreurs qui l'entourent s'abime enfin

Dans la ruine cjui l'accable.

Page 1