‹ Poésies complètes. Traduites de l'écossaisChapitre 167 sur 267 · A UNE DAME · texte numérisé non relu

A UNE DAME

Oh ! si tu étais en butte au froid ouragan,

Sur la prairie là-bas, sur la prairie là-bas, Opposant mon plaid à son courroux ,

Je t'abriterais, je t" abriterais; Ou si les cruelles tempêtes de l'infortune

Soufflaient autour de toi , souillaient autour de toi , Mon sein serait ton asile,

Et pour toi seule, et pour toi seule.

Ou si j'étais dans le lieu le plus sauvage,

Le plus sombre et le plus nu, le plus sombre et le plus nu , Ce désert serait un paradis

Si tu y étais, si tu y étais; Ou si j'étais monarque de ce globe.

Régnant avec toi, régnant avec toi, Le plus brillant joyau de ma couronne

Ce serait ma reine, ce serait ma reine.

Sur les bords du Cessnock vit une tille;

Si je pouvais décrire sa tournure et sa mine, Sa gracieuse figure de prospérité

Et la vivacité de ses yeux étincelants :

Elle est plus fraîche que l'aube matinale

Quand Phébus qui se lève commence à paraître,

Quand les gouttes de rosée brillent sur la plaine ; Et elle a deux yeux perçants et étincelants.

Sa taille est comme celle du jeune frêne Qui croit entre les coteaux de primevères,

Et dresse sa tête au-dessus de tous les buissons ; Et elle a deux yeux perçants et étincelants.

Elle est sans tache comme l'épine fleurissante Aux fleurs si blanches et aux feuilles si vertes ,

Lorsqu'elle est le plus pure dans la rosée du matin ; Et elle a deux yeux perçants et étincelants.

■2't2 POÉSIES DE BUR>'S.

Elle ressemble à iagneau folâtre

Qui, lorsque mai en fleurs décore la scène, Joue autour de sa mère qui bêle ;

Et elle a deux yeux perçants et étincelants.

Ses cheveux sont comme la brume onduleuse

Qui le soir ombrage le flanc de la montagne, Quand sont passées les pluies qui raniment la fleur ;

Et elle a deux yeux perçants et étincelants.

Son front est comme l'arc pluvieux

Quand les rayons brillants du soleil interviennent , Et dorent le sommet du mont lointain ;

Et elle a deux yeux perçants et étincelants.

Sa voix est comme la grive qui le soir

Chante invisible sur les bords du Cessnock . Tandis que sa compagne est sur le nid dans le buisson ;

Et elle a deux yeux perçants et étincelants.

Ses lèvres sont comme les cerises mûres

Que les murailles exposées au soleil garantissent de Borée j Elles tentent le goût et charment la vue ;

Et eUe a deux yeux perçants et étincelants.

Ses dents sont comme un troupeau de moutons

Aux toisons fraîchement lavées, Qui montent lentement la hauteur escarpée ;

Et elle a deux yeux perçants et étincelants.

Son haleine est comme la brise odorante

Qui agite doucement la fève en fleurs, Quand Phébus s" abaisse derrière les mers;

Et elle a deux yeux perçants et étincelants.

Mais ce n'est pas son air, sa tournure, son visage, Quoi([ue égalant la fabuleuse reine de la beauté.

C'est l'âme qui brille dans chaque grâce, Et surtout dans son œil étincelant 1

l'U.VGMENT.

Une nuit (jue j'errais.

Quand le blé commence a i)ercer, Je m'assis pour réfléchir,

Sur une vieille racine d'arbre :

Le vieil Ayr roulait devant moi

Et fourait vers les mers; Un ramier roucoulait au-dessus de moi ,

Eveillant l'écho des collines.

GXXI.

P'ar-dessus le Forth je regarde le nord ,

Mais qu'est-ce que le nord et ses hautes-terres pour moi? Ni le sud ni l'est ne soulagent mon cœur, [vage.]

Ni la terre étrangère et lointaine, ni la mer au roulement sau-

Mais je regarde l'ouest, quand je vais reposer.

Afin que mes rêves et mon sommeil soient heureux ; Car loin dans l'ouest vit celui que j'aime le mieux,

Le garçon qui est cher à mon petit enfant et à moi.

Puissances célestes dont la protection

Veille toujours sur la beauté vertueuse , Tandis que j'erre en de lointains climats

Prenez soin de ma Mary :

Que sa forme si belle et si parfaite ,

Belle et parfaite comme la vôtre , Que son esprit de même essence

Attirent votre plus bénigne influence!

Rendez les vents que vous amenez autour d'elle

Doux et paisibles comme son sein; Soufllant dans la brise ((ui l'éventé,

Versez à son cœur le calme et le repos : Anges gardiens, ohl protégez-la

Tandis que je parcours des terres lointaines; Pendant que le sort m'exile en des royaumes inconnus,

Faites que j'habite toujours dans son cœur !

Les vents furieux autour d'elle souillant ,

Les feuilles jaunes jonchant les bois ,

Près dune rivière au rauque rugissement .

Isabella errait se lamentant.

"■ Adieu , heures qui naguère mesuriez

Des jours lumineux de joie et de plaisir :

Salut , sombre nuit de chagrin .

Nuit lugubre qui ne connaît pas de lendemain 1

» Revenant avec trop d'amour vers le passé , Rétléchissant à Tavenir sans espoir, La /roide affliction glace le sang de ma vie , Le cruel désespoir sempare de mon esprit. O vie, source de tout bonheur, Fardeau le plus pénible pour la misère, Oh ! avec quelle joie je t'abandonnerais Et te rendrais au noir oubli '. ->

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