‹ Poésies complètes. Traduites de l'écossaisChapitre 176 sur 267 · Mahomet · texte numérisé non relu

Mahomet

CXXXYI.

Les ombres de la nuit s'amassent rapidement. 1/ ouragan farouche et inconstant rugit avec force. Le sombre nuage est chargé de pluie, Je le vois poussé sur la plaine.

Le chasseur maintenant a quitté la bruyère, Les oiseaux dispersés se rejoignent rassurés , Tandis que j'erre ici . accablé de soucis , Le long des solitaires rives de l'Ayr. .

L'Automne pleure son blé mûrissant, Arraché par les ravages de l'Hiver précoce ; A travers son paisible ciel d'azur, Elle voit voler la tempête courroucée : Mon sang se glace à l'entendre sévir, Je pense à la vague orageuse, Où je dois affronter maint danger, Loin des belles rives de l'Ayr.

Ce n'est pas le rugissement du tlot qui sentie,

Ce n'est pas ce rivage fatal, mortel ;

Quoique la mort s'y montre sous toutes les formes,

Les malheureux n'ont plus rien à craindre :

Mais ce sont les liens qui m'entourent le cœur,

C'est ce cœur percé de tant de blessures.

Elles saignent de nouveau ; et ces liens, je les arrache

En quittant les belles rives de l'Ayr,

Adieu les montagnes et les vallons de la vieille Coïla, Ses landes de bruyère et ses vallées sinueuses ; Les lieux où erre l'imagination affligée, Poursuivant dans le passé des amours malheureux ! Adieu, mes amis ! adieu, mes ennemis 1 Ma paix avec ceux-ci, mon amour avec ceux-là — Les larmes qui m'échappent trahissent mon cœur. Adieu les belles rives de l'Ayr.

Page 1