LA BRUME INDOLENTE
La brume indolente pend du sommet de la montagne ,
Cachant la course du ruisseau qui serpente dans l'ombre ;
Combien ces sites si animés naguère, paraissent languissants,
Lorsque l'automne cède à l'hiver la pâle année I
Les forêts sont sans feuilles, les prés sont bruns.
Et toute la gaie coquetterie de l'été est enfuie :
Laissez-moi errer à part, laissez-moi songer à part.
Avec quelle vitesse le temps vole, avec quelle àpreté le sort pour-
Combien j'ai vécu, mais combien j'ai vécu en vain ; [suit-]
Quel étroit espace de vie il peut me rester ;
Quels aspects le vieux tenifis a altérés dans sa marche ;
Quels liens le sort cruel a rompus dans mon sein.
Que de folies, si ce n'est pis, jusqu'à ce qu'on soit au sommet !
i>o4 POÉSIES DE BURNS.
Et en bas, que de faiblesse, que de ténèbres, que de souffrances 1 Cette vie avec tout ce qu'elle peut donner ne vaut pas la peine de
[vivre;] Si l'homme pauvre vit, certainement, c'est pour quelque chose au
[delà.]