‹ Poésies complètes. Traduites de l'écossaisChapitre 181 sur 267 · LES BORDS DU NITTT · texte numérisé non relu

LES BORDS DU NITTT

La Tamise coule fièrement à la mer,

La Tamise qui baigne de royales cités ; Mais le Nith coule avec plus d'attraits pour moi ,

Le Nith où Cummins eut jadis haute puissance : Quand verrai-je cette terre honorée ,

Ce fleuve sinueux que j'aime si tendrement 1 La main ennemie de la fortune contraire

Doit-elle pour toujours, toujours me retenir ici?

Qu'elles sont charmantes, ô Nithl tes vallées fertiles,

Où fleurissent gaiement les aubépines touffues ! Avec quelle grâce serpentent tes vallons en pente,

Où les agneaux folâtrent dans les genêts ! Quoique maintenant ma destinée soit d'errer

Loin de tes belles rives et collines.

Puissent mes dernières heures s'y consumer,

Avec mes amis d'autrefois !

FRAGMENT

L'hiver est passé, et l'été arrive enfin,

Et les petits oiseaux chantent sur cha(]iie ari)re : Mainteuant tout est joyeux, et moi je suis très-triste. Depuis que mon tendre amour est parti loin de moi.

La rose sur l'églantier, près des eaux qui courent limpides, Peut avoir des charmes pour le linot ou l'abeille ;

Leurs petits amours sont heureux, et leurs petits cœurs en repos: Mais mon tendre amour est parti loin de moi.

Que les pays étrangers citent leurs odorants bosquets de myrtes, Où les étés resplendissants ajoutent au parfum ;

J'aime bien mieux ce solitaire vallon de verte fougère, Et son ruisseau qui se cache sous les longs genêts jaunes.

J'aime bien mieux ces humbles berceaux de genêts,

Où la campanule et la pâquerette se tapissent invisibles ;

Car là , sautillant légèrement parmi les fleurs sauvages , Et écoutant le linot , souvent erre ma Jeanne.

Si riche que soit la brise dans leurs vallées égayées du soleil, Et si froids que soient les vents de la Calédonie sur la vague;

Leurs bois embaumés qui entourent l'orgueilleux palais , Que sont-ils? le séjour du tyran et de l'esclave !

Les forêts aromatiques de l'esclave, et les sources où l'or bouil- Le brave Calédonien les regarde avec dédain; [lonne,]

Il erre aussi libre que les vents de ses montagnes ,

Sauf les chaînes volontaires de l'amour, les chaînes de sa Jeanne.

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