‹ Poésies complètes. Traduites de l'écossaisChapitre 182 sur 267 · LA BELLE JEANNE · texte numérisé non relu

LA BELLE JEANNE

11 y avait une fille , et elle était belle , On la voyait à l'église et au marché !

Quand toutes les belles filles étaient réunies , La plus belle fille, c'était la belle Jeaime.

El toujours elle faisait l'ouvrage de sa maman Et toujours elle chantait joyeusement :

L oiseau le plus gai du buisson

N'eut jamais le crenr .*^i léger (]u'i'lle.

Mais les éperviers déroberont les tendres joies

Qui réjouissent le nid de la petite linotte; Et la jielée brùleia les plus jolies fleurs,

Et laniour troublera le plus profond repos.

Le jeune Robie était le plus beau des garçons,

La fleur et lorgueil de toute la vallée, Et il avait des bœufs, et des moutons, et des vaches,

Et de chevaux bondissants, neuf ou dix.

Il alla avec Jeanie à la foire,

Il dansa avec Jeanie dans la plaine ; Et long-temps avant que l'innocente Jeanie le sût,

Elle avait perdu son cœur, elle avait perdu son repos.

Comme au sein de Tonde

La lune habite, quand tombe la rosée du soir, Ainsi tremblant et pur était le tendre amour

Dans le cœur de la belle Jeanne.

Et maintenant elle fait l'ouvrage de sa maman, Et toujours elle soupire d'inquiétude et de peine; Pourtant elle ne sait quel peut être son mal , Ni ce qui pourrait la rétablir.

Mais le cœur de Jeanie, est-ce qu'il ne bondit pas légèrement,

Et la joie ne brilla-t-elle pas dans son œil , Quand Robie lui parla d'amour,

Un soir sur le pré couvert de lis ?

Le soleil baissait au couchant ,

Les oiseaux chantaient délicieusement dans chaque taillis ; Il pressa avec transport ses lèvres sur les siennes.

Et tout bas lui conta ainsi son amour :

0 bell? Jeanie, je t'aime tendrement;

Oh ! crois-tu avoir du goût pour moi ? Ou veux-tu quitter la chamière de ta mère,

Et apprendre à avoir soin des fermes avec moi ?

Tu ne travailleras ni à la grange ni à l'étable,

Ni à riet qui te donne de la peine; Mais tu iras dans les bruyères en fleur.

Et tu examineras avec moi le blé ondoyant.

Or (\ue pouvait faire la naïve Jeanie?

Elle n'avait pas envie de lui dire non : A la fin elle donna en rougissant un doux consentement ,

Et dès lors l'amoir fut toujours entre eux deux.

Page 1