A MARY
Voulez-vous aller aux Indes, ma Mary, Et quitter la rive de la vieille Ecosse ?
Voulez-vous aller aux Indes, ma Mary, A travers le rugissement de l'Atlantique?
Ohl suaves croissent le limon et l'orange,
Et le fruit de l'ananas f Mais tous les charmes des Indes
Ne sauraient égaler les tiens.
J'ai juré par les cieux à ma Mary, J'ai juré par les cieux d'être sincère;
Et ainsi puissent les cieux m'oublier, Quand j'oublierai mon serment !
Oh î engagez-moi votre foi , ma Mary.
Et engagez-moi votre main blanche comme un lis; Oh 1 engagez-moi votre foi, ma Mary,
Avant que je ciuitte la grève de l'Ecosse.
Nous nous sommes donné notre parole , ma Mary, D'être unis par une affection mutuelle;
Et maudite soit la cause de notre séparation, Maudits soient l'heure et le moment 1
Veux-tu être ma chérie?
Quand le chagrin torturera ton tendre cœur,
Veux-tu me laisser un peu t" égayer?
Par le trésor de mon àme ,
C'est là l'amour que je te porte 1
Je fais vœu et serment que toi seule
A jamais seras ma chérie;
Toi seule, j'en fais vœu et serment,
Seras à jamais ma chérie.
Chère belle, dis que tu m'aimes;
Ou , si tu ne veux pas être à moi ,
Ne dis pas que tu me refuseras :
Si cela ne doit pas, si cela ne peut pas être.
Que tu veuilles de moi pour amant ;
Laisse-moi , chère belle , mourir [)romptement
Dans la confiance que tu m'aimes;
Chère belle , laisse-moi mourir promptcment
Dans la confiance que tu m'aimes.
LA MONTAGNARDE MAUV.
0 vous, collines, coteaux et ruisseaux, qui entourez Le château de Montgoniery,
Verts soient vus bois , et belles vos fleurs !
Que vos eaux ne soient jamais fangeuses 1 Que là létc commence à déployer ses robes,
Et qu'il s'y attarde le plus long-temps 1 Car là j'ai reçu le dernier adieu
De ma charmante montagnarde Mar}\
Avec, quel charme fleurissait le gai bouton vert,
Qu'elle était riche, la fleur de l'aubépine, Lorsque sous leur ombrage odorant ,
Je la serrai contre mon sein 1 Les heures d'or, aux ailes d'ange ,
Volaient sur moi et ma chérie ; Car chère à moi, comme la lumière et la vie,
Etait ma charmante montagnarde Mary.
Après maint serment, et étroit embrassement ,
Notre séparation fut bien tendre , Et, promettant de nous revoir souvent,
Nous nous arrachâmes l'un de l'autre ; Mais ô gelée précoce de la cruelle mort,
Qui a brillé ma fleur si vite !
Maintenant vert est le gazon, et froide est la terre
Qui enveloppe ma montagnarde Mary 1
Ohl pâles, pâles sont maintenant ces lèvres de rose
Que j'ai souvent baisées si passionnément 1 Et fermé pour toujours est le regard étincelant
Qui s'arrêtait si bienveillant sur moi 1 Et maintenant tombe en poussière silencieuse
Ce cœur qui m'aimait si tendrement 1 Mais toujours au fond de mon sein
Vivra ma montagnarde Marv !