A JOHN LAPRAIK
13 septembre 1785.
Bonne chance et bon succès à vous, Johnny, Bonne santé, mains robustes et beau temps; Quand vous avez expédié proprement
Votre morceau de pain , Puissiez-vous ne jamais manquer d'un pot d'eau-de-vie
Pour vous dégager la tète 1
Puisse Borée ne jamais bouleverser vos sillons
Ni renverser vos tas de gerbes de dessus leurs jambes ,
Envoyant le tout par-dessus les bruyères et les crevasses des ma-
Comme les débris d'un naufrage; [rais,]
Mais puisse le plus haut grain qui s'agite
Venir dans le sac !
Je m'en occupe aussi et j'y travaille; Mais de rudes et violentes ondées l'ont mouillé. J'ai donc pris mon vieux trognon de plume A grand'peine,
Et j ai pris mon couteau , et je l'ai aiguisé Comme un homme de lettres.
Voilà deux mois que je suis votre débiteur
Pour votre belle lettre sans signature et sans date,
Me reprochant mes acerbes et mauvaises dispositions
Envers les hommes saints , Tandis que du diable si vous êtes meilleur d'un iota,
Et si vous n'êtes pas plus profane.
Mais que les gens d'église sonnent leurs cloches,
Chantons notre noble personne :
Nous ne crierons à aucune fille des monts païens
De nous assister et de nous inspirer ; Mais les cabaretières et les alambics de whiskey,
Voilà nos muses.
Je ne renonce pas, monsieur, à votre amitié;
Et si vous y voyez quelque objection,
Alors, la main dans la main , quelque jour nous la nouerons,
Et prendrons un témoin; Et lorsque nous l'aurons humectée d'usquebaugh,
Elle ne se rompra pas.
Mais si béte et gourmettes de bois se reposent Jusqu'à ce que les vaches soient parties sans le berger. Et que tout le grain soit dans la cour.
Et bien couvert de chaume , J'ai l'intention de passer avec vous au coin du feu
Un soir d'hiver.
Alors l'eau de-vie inspiratrice de là muse Nous rendra tous deux si gais et si spirituels , Que vous oublierez que vous êtes vieux et infirme*,
Et serez aussi enjoué Que si vous aviez neuf ans de moins que trente,
Vos doux vingt et un ans.
Mais les tas de gerbes sont culbutés par le vent, Et voici le soleil qui parait au couchant; Il faut que je coure avec les autres,
Et que je quitte mon anche :
Je signe donc en toute hâte,
Votre dévoué, Rob le bon vivant .