Gavin IIamilto:i , csi
POESIES DE BUKN3. 32o
Sa réputation et son honneur saigneront-ils sous les coups
D'indignes garnements, Et pas une muse ne lèvera-t-elle la tète
Pour intimider ces bavards?
0 Pope, si j'avais les traits de ta satire
Pour traiter ces gredins comme ils le méritent ,
Je fendrais leurs cœurs creux et pourris,
Et je raconterais tout haut Leurs jongleries et leurs tours de passe-passe
Pour duper la foule.
Dieu sait que je ne suis pas ce que je devrais être , Et que je ne suis même pas ce que je pourrais être ; Mais j'aimerais mieux vingt fois
Etre un franc athée , Que de me cacher sous les bannières de lEvangile,
Comme derrière un écran.
Un honnête homme peut aimer à boire ,
Un honnête homme peut aimer les filles ;
Mais la basse vengeance et la malignité perfide,
Il les dédaignera toujours , Ainsi que de proclamer son zèle pour les lois de l'Evangile,
Comme certaines gens à nous connus.
Ils ont la religion à la bouche ,
Us parlent de miséricorde, de grâce et de vérité;
Pourquoi ? — pour donner carrière à leur malignité
Contre quelque pauvre homme , Et le poursuivre à outrance, sans justice ni pitié,
Jusquà sa ruine complète.
Salut, Religion', vierge divine'.
Pardonne à une muse aussi humble que la mienne,
D'oser dans ces vers rudes et imparfaits
Te nommer ainsi ; Stigmatiser tes faux amis
Ne peut te décrier.
Quoique entaché et sali de mainte souillure,
Et bien indigne de ton cortège,
Dune voix tremblante je joins mes chants
A la voix de ceux Qui osent intrépidement soutenir ta cause
En dépit des ennemis ;
En dépit des foules, en dépit des gens ameutés. En dépit des menées souterraines ,
En dépit des coups de bandits portés dans l'ombre
A la vertu et au mérite Par des gredins vêtus de robes saintes,
Mais doués dune âme infernale.
0 Ayr, mon cher pays natal 1 Dans le ressort de ton église Se trouve une troupe candide, libérale,
De précepteurs du peuple , Renommés comme hommes, comme chrétiens aussi,
Et comme mâles prédicateurs.
Monsieur, vous êtes nommé dans ce cercle ; Monsieur, vous êtes célèbre dans ce cercle ; Et plusieurs qui blâment votre doctrine
[Ce qui vous fait honneur', Ceux-là même, monsieur, estiment votre cœur
Et vos manières séduisantes.
Pardonnez la liberté que j"ai prise.
Et si j'ai été impertinent,
îs'en faites pas un crime , cher monsieur, à un homme
Dont le cœur ne vous a jamais lésé, Mais qui a toujours pris le plus vif intérêt
A tout ce qui vous concernait.
A GAVIX UAMILTON, ESQ.