‹ Poésies complètes. Traduites de l'écossaisChapitre 246 sur 267 · Gavin IIamilto:i , csi · texte numérisé non relu

Gavin IIamilto:i , csi

POESIES DE BUKN3. 32o

Sa réputation et son honneur saigneront-ils sous les coups

D'indignes garnements, Et pas une muse ne lèvera-t-elle la tète

Pour intimider ces bavards?

0 Pope, si j'avais les traits de ta satire

Pour traiter ces gredins comme ils le méritent ,

Je fendrais leurs cœurs creux et pourris,

Et je raconterais tout haut Leurs jongleries et leurs tours de passe-passe

Pour duper la foule.

Dieu sait que je ne suis pas ce que je devrais être , Et que je ne suis même pas ce que je pourrais être ; Mais j'aimerais mieux vingt fois

Etre un franc athée , Que de me cacher sous les bannières de lEvangile,

Comme derrière un écran.

Un honnête homme peut aimer à boire ,

Un honnête homme peut aimer les filles ;

Mais la basse vengeance et la malignité perfide,

Il les dédaignera toujours , Ainsi que de proclamer son zèle pour les lois de l'Evangile,

Comme certaines gens à nous connus.

Ils ont la religion à la bouche ,

Us parlent de miséricorde, de grâce et de vérité;

Pourquoi ? — pour donner carrière à leur malignité

Contre quelque pauvre homme , Et le poursuivre à outrance, sans justice ni pitié,

Jusquà sa ruine complète.

Salut, Religion', vierge divine'.

Pardonne à une muse aussi humble que la mienne,

D'oser dans ces vers rudes et imparfaits

Te nommer ainsi ; Stigmatiser tes faux amis

Ne peut te décrier.

Quoique entaché et sali de mainte souillure,

Et bien indigne de ton cortège,

Dune voix tremblante je joins mes chants

A la voix de ceux Qui osent intrépidement soutenir ta cause

En dépit des ennemis ;

En dépit des foules, en dépit des gens ameutés. En dépit des menées souterraines ,

En dépit des coups de bandits portés dans l'ombre

A la vertu et au mérite Par des gredins vêtus de robes saintes,

Mais doués dune âme infernale.

0 Ayr, mon cher pays natal 1 Dans le ressort de ton église Se trouve une troupe candide, libérale,

De précepteurs du peuple , Renommés comme hommes, comme chrétiens aussi,

Et comme mâles prédicateurs.

Monsieur, vous êtes nommé dans ce cercle ; Monsieur, vous êtes célèbre dans ce cercle ; Et plusieurs qui blâment votre doctrine

[Ce qui vous fait honneur', Ceux-là même, monsieur, estiment votre cœur

Et vos manières séduisantes.

Pardonnez la liberté que j"ai prise.

Et si j'ai été impertinent,

îs'en faites pas un crime , cher monsieur, à un homme

Dont le cœur ne vous a jamais lésé, Mais qui a toujours pris le plus vif intérêt

A tout ce qui vous concernait.

A GAVIX UAMILTON, ESQ.

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