MAUCHLINE EN LUI RECOMMANDANT UN JEUNE GARÇON
Mosgaville , 3 mai 1786.
Je regarde, monsieur, comme un devoir impérieux De vous avertir que maître Tootie,
Autrement dit, laird Mac-Gaun, Etait sur le point de prendre à son service le gar(;on Dont vous avez parlé l'autre jour,
Et l'aurait fait sur-le-champ.
N'était qu'il a appris les tours de l'enfant , Dont, ma foi, je le soupçonne fort , Comme d'avoir gratté les mar([ues de la vieille vache
Et d'avoir dit là-dessus des mensonges : J'aimerais donc autant
Qu'il servit votre révérence, S'il se fait que vous ne soyez pas
Pourvu autrement,
Ce n'est pas pour dire , mais il est assez délié , Et dans une maison grossière et brutale
Le garçon pourrait apprendre à jurer; Mais aussi avec vous il recevra de si bons enseignements, Et aura de si beaux exemples de rectitude,
Que je n'ai aucune crainte. Vous lui apprendrez toutes sortes d'arguties ,
Et le menacerez bien de l'enfer :
Et le forcerez d'aller à l'église —
Toutes les fois que vous vous y rendrez vous-même. Si donc vous devez être absent
De chez vous vendredi^ prochain , Alors veuillez laisser, monsieur, Vos ordres à votre dame.
J'ai donné ma parole d'honneur, Que chez John de Paisley, ce soir.
Je rejoindrais ce ver de terre ; Pour essayer de mettre les deux parties d'accord. Et nommer les arrhes et le salaire
En mode et forme légaux :
Je sais bien qu'il est capable de jouer un tour,
Quand des innocents le laissent faire; Et que le Diable, si tant est qu'il existe, Est , ma foi , sûr de le happer.
Quant aux phrases et aux compliments,
Vous savez que votre lauréat les dédaigne : Mais vous aurez toujours votre part dans la prière Du reconnaissant ménestrel Bl'rns.