‹ Poésies complètes. Traduites de l'écossaisChapitre 35 sur 267 · LE VIEUX PONT · texte numérisé non relu

LE VIEUX PONT

Buse suffisante , bouffie de vain orgueil 1

Voilà bien des années que je résiste au flux et au reflux ;

Et quoique à force de décrépitude je sois en bien mauvais état ,

Je serai un pont quand vous serez un informe amas de pierres !

Jusqu'ici vous n'avez pas vu grand'chose,

Mais deux ou trois hivers vous instruiront mieux.

Quand de lourdes, sombres, continuelles pluies de toute une journée

Inonderont les plaines d'un vaste déluge ;

Quand des montagnes d'où sort le bruyant Coïl .

De celles où boni Uonnent les sources moussues de l' imposant Lugar,

De celles où le Greenock serpente dans les landes, [d'eau.]

De celles d où le Garpal , hanté par les esprits, tire son faible filet

Réveillée par les vents tumultueux et les dégels salissants ,

En maint torrent descendra la neige fondue ; [santé,]

Tandis que les glaçons qui craquent, portés sur l'avalanche rugis-

Balayeront et détruiront tout, écluses, moulins et ponts;

Et que, depuis Glenbuck - jusqu'à Ratton-Key ^ ,

La vieille Ayr ne sera (piune mer immense et tumultueuse, —

Alors vous V0U.S écroulerez du diable si jamais vous vous relevez!).

Et vous ferez jaillir les eaux boueuses jusqu'aux cataractes du ciel :

Triste leçon c[ui vous apjnendra . à vos dépens ,

Que le noble art de l'architecture est perdu.

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