‹ Poésies complètes. Traduites de l'écossaisChapitre 37 sur 267 · LE VIEUX PONT · texte numérisé non relu

LE VIEUX PONT

O vous, mes vieux contemporains, au souvenir si cher, Si vous étiez ici pour partager l'indignation que je ressens ! Vous , dignes prévôts et nombreux baillis , Qui avez toujours gravi les sentiers de la droiture ; Vous, diacres délicats, et vous, sages convocateurs^, [chaussée;] Auprès desquels nos modernes ne sont que des nettoyeurs de Vous, pieux conseils, qui avez fait le bonheur de cette ville ; Vous, pieux frères de la robe sacrée, Qui tendez humblement vos derrières aux pères fouetteurs ; Et (ce qui maintenant serait étrange} vous,- pieux écrivains; Vous tous, sages personnes que j'ai portées au-dessus de l'eau. Si vous étiez ici , que diriez-vous ou que feriez-vous ? Comme vos esprits gémiraient dans un tourment profond , De voir tous ces tristes changements ;

Et, comme dans votre agonie, vous maudiriez l'heure et le lieu Où vous avez engendré cette race basse et dégénérée ! A présent de révérends personnages , la gloire de leur pays , >»e racontent i)lus en simple et plat écossais une simple et plate A i)résent des bourgeois économes et sages [histoire!]

Ne se réunissent plus autour d'une pinte ou à l'hôtel-de-ville ; Mais bien une gentry idiote , à tète de liège , perverse , La désolation et la luine du pays ; [biers,]

Des hommes faits aux trois quarts par leurs tailleurs et leurs bar- Qui dissipent vos prudentes épargnes en damnés nouveaux ponts et LE NOUVEAU PONT. [havros!]

Maintenant arrèfc/.-vous la 1 cai'. ma foi . vous en avez dit assez, Et beau'ou]) pins ([uc vous ne pou\e/. en justifier.

1. Ccr.vonerrs , ccn\ (]iii sont cliart,'*^'' <1(^' ''f)nvi)<|iHT li'S corps niiiniri pan -v. \. <l . Iriid ]

Onnnt à vos prèiros, jo n'en dirai que peu de i linso :

Corbeaux et clergé sont un gibier très-diirifile à tirer;

Mais, avec la permission de votre longue barbe.

Vous pourriez vous dispenser de mal parler des magistrats :

Les assimiler à votre bande d'autrefois ,

Je dois lo dire, est une romparaison qui cloche.

Dans Ayr les esprits badins n'ont plus l'occasion

De crier au bourgeois . comme terme injurieux :

Le conseil ne se dandine iilus par la rue

Dans toute la pompe d une suffisance ignorante; [sinssecs.l

Gens qui devenaient éclairés à marchander les houblons et les rai-

Ou acquéraient des vues libérales dans les obligations et saisines.

Si par hasard le Savoir, errant à l'aventure,

Leur avait présenté un rayon de sa lampe,

Et pour une fois les avait amenés au Sens commun .

La plate et lourde Stupidité arrivait obligeamment à leur aide.

Combien de temps ce bavardage aurait continué, [sang à répandre!] Quels combats sanglants auraient eu lieu, si des esprits avaient du Personne ne saurait le dire; mais devant leurs yeux Apparut un éblouis.sant cortège de fées.

Elles dansaient joyeusement sur le courant étincelant de lumière ; Leurs costumes variés brillaient aux rayons de la lune ; Elles marchaient si légèrement sur le cristal des eaux , Que la glace naissante se courbait à peine sous leurs pieds : [elles,] Tandis que les ménestrels faisaient retentir leurs accords parmi Et que les bardes qui ennoblissent l'àme chantaient leurs chants Oh ! si Mac Lauchian i, savant inspirateur des cordes, [héroïques.] Eût été là pour entendre cet orchestre céleste [strathspeys^.^ Quand ils exécutaient avec une fureur de montagnard ses chers Ou quand ils jouaient les airs touchants de la vieille Ecosse. Les joies ravissantes ou les peines saignantes de l'amour. Comme son oreille de montagnard eût été plus noblement enflammée, Et même sa main sans égale inspirée d'un doigter plus beau ! On ne pouvait deviner quels étaient les instruments . Mais c'était lame même de la musique qu'on entendait ; L harmonieux ensemble retentissait de tous cotés. Tandis que la simple mélodie se versait attendrissante dans le cœur.

En avant parait le Génie du fleuve.

Vénérable chef avancé en âge , Sa tète blanche couronnée do lis d'eau , Sa jambe nerveuse ceinte d'herbes marines. Puis venait le plus aimable couple de tout le cortège , La charmante Beauté donnant la main au Printemps ; Puis, couronnée de foin fleuri, venait la Joie champêtre, Et l'Eté, avec son œil aux chauds rajons;

] . Célèbre violon écossais. — 2. Danse écossaise.

3i> POESIES DE BIRNS.

L'élégante Abondance, avec sa corne épanchée.

Conduisait la jeune Automne parée dune guirlande d'épis courbés ;

Puis les cheveux de l'Hiver, blanchis par le temps ^ apparaissaient

A côté de l'Hospitalité au front sans nuages ; [glacés]

Après, suivait le Courage de son pas martial.

Venu de l'endroit où le Féal coule caché sous des bois sauvages ;

La Bienveillance, à l'air doux et plein de bonté.

Sous la forme d'une femme , venait des tours de Stair :

Le Savoir et le Mérite à pas égaux arrivaient

De la simple Catrine, leur séjour depuis long-temps aimé;

En dernier la Paix à la robe blanche, couronnée d'une guirlande

Léguait à l'Agriculture rustique [de noisetier.]

Le fer brisé des instruments de mort :

A cette vue nos deux Esprits oublièrent leur courroux enflammé.

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