‹ Poésies complètes. Traduites de l'écossaisChapitre 47 sur 267 · ÉLÉGIE DE TAM SAMSON · texte numérisé non relu

ÉLÉGIE DE TAM SAMSON

" Uu honnête homme est le plus noble ouvrage de Dieu, "

Pope.

La vieille Kilmarnock a-t-elle vu le diable?

Ou le grand Mac Kinlay ^ s"est-il foule le talon ?

Ou Robinson est-il rétabli et en état

De prêcher et de lire ?

c<>'on, pis (pie totit celai » s" écrie chaque jeune garçon,

Tarn Samson est mort 1

1. Voir la pièce intitulée Ordination , stances u et ix [N. d. liud.

60 POESIES DE JJURNS.

KiluiaiDOck peut loiiii-tcmps se plaindre et i^éniir. Et soupirer, et sangloter, et pleurer, solitaire, Et vêtir ses fils, homme, femme et enfant,

D"habits de deuil ; A la mort elle a chèrement payé sa redevance :

Tarn Samson est moi't 1

Les frères da niveau mystique

Peuvent de tristesse laisser tomber leur tète à fausse cqucrrc,

Tandis que le long de leur nez les pleurs ruissellent

Comme les gi'ains dun collier ; La mort a donné à la loge un terrible coup :

Tarn Samson est mort '.

Quand l'Hiver s'enveloppe de son manteau

Et durcit la boue comme un roc:

Quand les joueurs de curling affluent sur les lacs

Avec un empressement joyeux, Qui placeront-ils auprès du but?

Tarn Samson est mort !

C'était le roi de toute la troupe,

Pour défendre, ou tirer, ou attraper de côté un trou,

Ou en suivant la direction de la pierre rugir comme Jéhu

Au moment nécessaire; Mais maintenant il reste en arrière dans la ligne do la mort:

Tam Samson est mort 1

Maintenant qu'en sûreté voguent les majestueux saunions,

Et les truites toutes grêlées de rouge .

Et les anguilles bien connues pour leur souple queue.

Et les brochets pour leur gloutonnerie, Puisque, pris lui-même ou sombre filet du trépas, nous pleurons

Tam Samson mort 1

Réjouissez-vous toutes , gloussantes perdrix : Vous, coqs de bruyère pattus, chantez gaiement: Vous, lièvres, redressez votre queue toute belle

Sans crainte.

Votre ennemi mortel est maintenant parti :

Tam Samson est mort 1

Que ce désastreux matin soit à jamais déploré

Qui le vit paré de ses habits de chasse,

Tandis que ses chiens d'arrêt à lentour bn'ilaiiMit impatients,

IV'jà découplés :

Mais, hélas! il jiartit, et jamais no re\int :

Tam Samson est mort '.

POESIES J)E ]iLU.NS. 6l

En vain la vieillesse battait son corps en brcclie:

En vain la govitte enchaînait ses jointures:

En vain les ruisseaux coulaient comme des rivières

Larges d'un arpent 1 Maintenant chaque vieille femme, pleurant, répète :

Tarn Samson est mort !

Par-dessus mainte et mainte crevasse il sauta,

Et toujours il tira un autre coup ,

Juscju'au moment où la poltronne de Mort s'élança derrière lui

Avec une mortelle inimitié ; Maintenant elle proclame à son de trompe

Que Tarn Samson est mort !

Lorsqu'il sentit le poignard à son cœur, jl trébucha comme lorsqu il était ivre : Mais pourtant il tira la détente mortelle,

Attentif à bien viser :

«( 0 Dieu, cinq! » s'écria-t-il, et là-dessus il tomba ;

Tarn Samson est mort 1

Chaciue vieux chasseur regretta un frère;

Chaque jeune pleura un père;

Cette vieille pierre grise, là-bas dans la bruyère.

Indique la place de sa tète, Où Burns a écrit en mauvais vers :

Tam Samson est mort 1

C'est là qu'il gît, dans un éternel repos. Peut-être sur sa poitrine qui tombe en poussière Quelques malicieux coqs de bruyère bâtissent leur nid

Pour pondre et couver; Hélas ! il ne les inquiétera plus !

Tam Samson est mort !

Quand les vents d'août font ondoyer la bruyère. Et (jue les chasseurs errent aui)rès de ce tombeau , Que sa mémoire réclame trois décharges

De poudre et de plomb.

Jusqu'à ce qu'Echo réponde de son antre :

Tam Samson est mort 1

Que le ciel donne le repos à son âme, n'importe où il soit ! C'est le vœu de bien d'autres ([ue moi. Il avait deux défauts, peut-être bien trois ;

Mais quel remède?

Nous avons perdu un bon vivant, un bra\e linmme :

Tam Samson est mort 1

POESIES DE BUliNS.

ÉPITAPilE.

Ci-git l'argile usée de Tarn Samson,

0 vous , cagots zélés , épargnez-le 1 Si le mérite honnête monte au ciel,

Vous vous amenderez avant d'habiter près de lui.

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