‹ Poésies complètes. Traduites de l'écossaisChapitre 48 sur 267 · LA VEILLE DE LA TOUSSAINT · texte numérisé non relu

LA VEILLE DE LA TOUSSAINT

u Oui i que le riche tourne en ridicule, que l'orgueilleux dédaigne

Les simples plaisirs de la basse classe ;

Je me sens plus de tendresse , plus d'affinité de cœur

Pour un seul charme naturel, que pour tout le vernis de l'art."

GoLDSMITII.

La nuit que les fées légères

Dansent sur Cassilis Downans, Ou par les pelouses, en flammes étincelantesj

Caracolent sur de fougueux coursiers; Ou prennent la route do Colcan

Aux pâles rayons de la lune, Pour y errer et courir sur la caverne,

Parmi les rocs et les torrents.

Et folâtrer cette nuit.

Sur les belles rives sinueuses

Où serpente le Doon limpide , Et où Bruce conmiauda jadis les belTuiueuses cohortes

Et brandit sa lance de Carrick ^ , Amis joyeux, queUiues gens de la campagne

Se réunirent

1. Kilmarnock. (iV. d. Inul.] — 2. Les ancêtres de il'jbert LJruce étaient coii'.tes de Carrick.

Pour brùlpr leurs noisettes et nrrnrher leurs tipos de choux verts. Et céléhrer leur veille de Toussaint joyeusement cette nuit.

Les filles mises avec soin et exquise propreté,

Plus jolies que lorsqu'elles sont parées, Leur figure enjouée est un bien charmant indice

D'un cœur loyal . chaud et aimant :

Les garçons si propres aussi, avec des lacs d'amour

Bien noués sur leurs jarretières :

Les uns tout timides, et d'autres avec des langues

A faire aller grand train le cœur des filles Parfois la nuit.

Alors, premièrement et avant tout, à travers les choux verts,

Il faut que chacun aille chercher sa tige^. Ils ferment les yeux, et tâtonnent, et choisissent

Les grosses et les droites.

Ce pauvre niais de Will manc^ua le but

Et s'égara parmi les choux blancs, Et arracha, faute de meilleure ressource.

Une tige qui ressemblait à une queue de truie, Tant elle était tortue cette nuit.

Alors, droite ou tortue, avec ou sans terre 2,

A tue-tête ils crient tous pêle-mêle; 11 n'y a pasjusqu'aux petits enfants qui, tout branlants, ne courent

Avec des tiges par-dessus leurs épaules ; Et. ouvrant leurs couteaux, ils goûtent

Si les cœurs sont doux ou amers-"' ; Puis, soigneusement, au-dessus de la porte,

Avec adresse, ils les ont mises là A passer la nuit.

Les filles s'échappent d'entre eux tous

Pour arracher leurs tiges de blé ^ ; Mais Rab s'évade aussi et tourne

Derrière la grande haie :

11 agiippe Nclly fort et ferme;

Toutes les filles jettent des cris ; Mais son épi fut presque perdu.

Tandis quelle était blottie sous la meule Avec lui cette nuit.

1. Qui doit indiquer la manière dont sera fait le mari ou la femme qu'on aura. — 2. Sil y a de la terre à la racine, c'est signe de dot. — 3. Ceci sert à connaître le caractère. — 4. Trois, une à une. Si la troisième n'a pas d épi, la fille qui l'a prise ne se mariera pas vierge. (lY. il. Irn(l.\

<)i POÉSIES DE BLUNS.

Le beau tas de noisettes de la vieille ménacère

Se distribue à la ronde, Et la destinée de bien des garçons et des filles

Se décide cette nuit :

Les unes s'allument affectueusement côte à côte,

Et brûlent ensemble parfaitement; Les autres se séparent, avec un insolent orgueil.

Et sautent par-dessus la cheminée Bien haut cette; nuit.

Jeanne en glisse deux , dun œil attentif;

Qui c'était , elle ne veut pas le dire ; Mais, celle-ci, c'est Jack, et celle-ci, c'est moi.

Dit-elle en elle-même ; 11 bridait sur elle, et elle sur lui,

Comme s'ils ne devaient plus jamais se séparer, Lorsfjue , crac 1 il sauta par-dessus la cheminée ,

Et Jeanne eut même le cœur bien gros De voir cela cette nuit.

Le pauvre Willie, à la tige de chou blanc.

Fut brûlé avec la précieuse Mallie; Et Mallie, sans nul doute, prit de l'humeur

D'être accouplée à Willie ; La noisette de Mallie fit au dehors un bond orgueilleux ,

Et alla la brûler au pied , Tandis que Willie sautait et jurait sa foi

Que c'était juste comme cela qu'il voulait Etre cette nuit.

Nell avait en tète l'aventure de la meule.

Elle se met au feu avec Bob:

Une llamme amoureuse les unit dans une douce étreinte

Jusqu'à ce qu'ils se réduisent en cendre blanche; Le cœur de Nell dansait a cette vue.

Elle dit tout bas à Rob de regarder : Rob, à la dérobée, prit un baiser sur sa jolie bouche.

En se serrant bien dans le coin pour cela , Sans être vu cette nuit.

Mais Merran était assise derrière leur dos,

Songeant à Andrew Bell; Elle les laisse à leur causerie

Et s'échappe toute seule :

Elit' prend en droite ligne par la cour.

Et puis s'en va au four.

Et dans l'ombre tàte les poutres.

Et puis dedans jette le peloton de laine bleue. Tout effravée C(>tte nnit.

Et toujours elle dévidait, et toujours elle suait;

Je sais quelle ne s'amusait pas ; Jusqu'à ce que quelque chose arrêtât le tll dans le pot :

Bonté divine! c'est quelle tremblait'.... Mais si c'était le diable lui-même.

Ou si c'était le bout d'une poutre, Ou si c'était Andrew Bell,

Elle ne prit pas lo temps de faire De question cette nuit ^ .

La petite Jenny dit à sa grand' maman :

« A*oulez-vous venir avec moi, trrand" maman? Je mangerai devant la glace la pomme

Que j'ai eue de mon oncle Johnie^. »

Elle fumait sa pipe avec de telles bouffées,

Elle exhalait tellement sa colère, Qu'elle ne remarqua pas cjuune cendre chaude brûlait

Son beau tal)lier neuf destame

De part en part cette nuit.

« Qui , vous ? face de mauvaise petite drôlesse 1

Avisez-vous d'une pareille plaisanterie.

Comme de chercher le grand Larron en aucun lieu ,

Pour qu'il vous dise votrs bonne aventure : Nul doute que vous ne puissiez avoir une apparition !

Mais vous devez avoir grand sujet de la craindre; Car plus dune en a eu une frayeur,

Et a vécu et est morte en délire Dans une telle nuit.

>' Une moisson avant la bataille de ShérifF-moor ^ . —

Je m'en souviens comme d hier.

J'étais alors une morveuse, ma foi,

Je n'avais pas encore quinze ans :

L'été avait été froid et humide,

Et le blé était très-vert ; Et toujours nous avions un joyeux souper de moisson,

Et ce fut juste la veille de la Toussaint Qu'il tomba cette nuit.

» Notre maître moissonneur était Bab Mac-Graen,

Un habile et vigoureux gaillard :

11 a depuis fait un enfant à Eppie Sim ,

Qui demeurait dans Achmacalla :

1. Quand le fil sarrête, on doit demander, u qui arrête! " La réponse vous apprendra les nom et prénom de votre futur époux. — 2. Prenez une chandelle , et allez manger une pomme devant une glace , et vous y verrez votre futur époux regarder par-dessus votre épaule. — 3. En 1715. uV. d. Irad .\

Il pi'it (le la .craine de chanvre i, je me le rappelle bien.

Et il en parla avec grand mépris, Mais il fut bien des jours hébété.

Tant il avait été épouvanté Cette même nuit. »

Alors se leva le batailleur Jamie Fleck,

Et il jura sur sa conscience Qu'il pourrait semer un picotin de graine de chanvre;

Car tout cela, c'était de la niaiserie; Le vieux maître de la maison aveignit le sac

Et lui en donna une poignée ; Puis il lui dit de s'échapper de l'assemblée

A un moment où personne ne le verrait, Et d'essayer cette nuit.

11 marche à travers les tas de blé,

Quoiqu'un peu effrayé ; Pour herse il prend la fourche

Et la traîne à son c-1 ; Et de temps en temps il dit :

« Graine de chanvre, je te vois, Et que celle qui doit être ma chérie

Vienne après moi, et t'arrache Aussi vite cette nuit. »

11 sifflait la marche de lord Lennox

Pour tenir son courage éveillé , Quoique ses cheveux commençassent à se cambrer,

Tant il était saisi de frayeur :

Quand voilà qu'il entend un cri ,

Et puis un gi-missement et un grognement ; Il va regardant par-dessus son épaule,

Et, trébuchant, tombe

Tout de son long cette nuit.

11 poussa un horrible cri « Au meurtre ! »

Dans un désespoir effroyable; Et jeunes et vieux sortirent en courant

Pour entendre le sombre récit :

11 jura que c'était Jeanne Mac-Craw, la boilousc,

Ou la bossue Mersan llumphie, Quand, attendez! elle trotta au milieu d'eux tous;

Et qui était-ce? tout simplement la truie Qui était dehors cette nuit.

1. 11 s'agit d'aller seul dans une grange faire trois fois le geste do vanner, et à la troisième fois l'apparition se montre sous un aspect ou avec une suite qui indique sa profes.sion ou son rang dans le monde i.V. d. h-<uL\

Meg aurait bien voulu aller à la grange

Poiu- vanner trois vans de rien ; Mais, quant à rencontrer le diable seule.

Elle n'y a que peu de confiance :

Elle donne au berger quelques noisettes

Et deux pommes aux joues rouges Pour faire le guet, tandis quelle part pour la grange,

Dans l'espérance de voir Tam Kipples Cette même nuit.

Elle tourna la clef d'une main prudente

Et se hasarde sur le seuil ; Mais d'abord fait un appel à Sawnie,

Puis elle entre hardiment :

Un rat fit du bruit en haut du mur,

Et elle cria : Que le Seigneur me préserve ! Et courut à travers le fumier et tout,

Et pria avec zèle et ferveur Très-vite cette nuit.

Ils poussèrent Will dehors avec de rudes exhortations ;

Ils lui promirent quelque charmante belle ; 11 advint que le tas, qu'il mesura trois fois de ses bras,

Etait entouré de bois pour le maintenir ; 11 prit un vieux tronc noueux de chêne moussu

Pour une noire et affreuse vieille, Et il lâcha un jurement, et lança un coup tel,

Qu'il mit en pièces la peau

De ses poings cette nuit.

Leezie était une veuve folâtre

Aussi gaie qu'un jeune chat; Mais, hélas 1 cette nuit, dans les bois,

Elle resta muette de frayeur 1 A travers les houx, et près du cairni,

Et sur la montagne elle allait lentement Au ruisseau où aboutissent les domaines des trois lairds;

Tremper dedans la manche gauche de sa chemise^ Etait son but cette nuit.

Tantôt sur une cascade le ruisseau se jouait

En serpentant au travers du vallon ; Tantôt il errait autour d'un rocher escarpé ;

1. Sorte de tumulus de forme conique, composé d'un amas de pierre. — 2 Au retour, on se met au lit , mais placé de manière à voir le feu, où on a mis sa chemise à sécher. Vers minuit, une apparition , exactement semblable à la personne invoquée , viendra retourner la manche, comme pour la faire sécher de l'autre côté. JV. fi. trad.)

Tantôt il se creusait en tourbillon:

Tantôt il brillait aux lueurs de la nuit

Dun éclat mouvant et sautillant ; Tantôt il disparaissait derrière le coteau.

Au bas du noisetier touffu, Invisible cette nuit.

Parmi les foujïères , sur le penchant de la colline .

Entre elle et la lune, Le diable, ou sinon une génisse errante,

Se leva et poussa un mugissement :

Le cœur de la pauvre Leezie faillit sauter hors de sa poitrine.

Elle bondit prescpie aussi vite qu'une alouette, Mais un pied lui manqua, et dans la mare

Par-dessus les oreilles elle alla tout droit Faire un plongeon cette nuit.

En ordre, sur la pierre nettoyée de l'àtre,

Les trois écuelles sont rangées i, Et chaque fois grand soin e^t pris

De les voir dûment changées :

Le vieil oncle John, qui, depuis l'année de Mar-,

Désirait les joies du mariage Parce qu'il a eu l'écuelle vide trois fois,

Les a jetées dans le feu

De colère cette nuit.

De chansons joyeuses et de causeries amicales

Je sais qu'ils ne se lassaient pas; Et récits merveilleux, et plaisants badinages,

Leurs passe-temps étaient gais et peu coûteux . Jusqu'au moment où les so\vens au beurre 5, dont la fumée em-

Mirent toutes les bouches en mouvement : [baume.]

Puis , après avoir vidé ensemble un verre de liqueur,

Jls partirent en belle humeur

Et tout heureux cette nuit.

1. Une écuelle contient de l'eau propre , la seconde de l'eau sale , la troisième est vide. On bande les yeux de la personne qui veut consulter le sort ; si c'est dans l'eau propre qu'elle trempe sa main gauche , c'est signe de mariage avec une vierge. Si c'est dans l'eau sale , elle épousera une veuve ; si c'est dans l'écuelle vide , elle ne se mariera point. L'épreuve se renouvelle trois fois , en déplaçant chaque fois les écuelles. — 2. 1715, l'année de la révolte en faveur des Stuarts , à la tête de laquelle était le comte de Mar. — 3. Sorte de bouillie faite de fécule de gruau, infusée . passée et aigrie. Les sowens, avec du beurre au lieu de lait, se sen'ent toujours à souper, la veille de la Toussaint. {X. d. irad.i

POESIES DK BURNS. fiO

COMPLIMENT DE NOUVEL AN- DU VIEUX FERMIER A SA VIEILLE JUMENT MNGGIE, UN LLl DONNANT SA POiUNÉK UK GRAIN POLll ÉTUENNJ:.

Je te souhaite une bonne année, Maggie 1 Tiens , voici une poigne*^ pour ta vieille panse : Quoique maintenant tu aies le dos creux et noueux ,

J'ai vu le jour Que tu pouvais aller comme un cerf

Sur la prairie.

Quoique maintenant tu sois ridée, roide et cassée,

Et que ta vieille peau soit aussi blanche qu'une marguei-ite ,

Je t'ai vue pommelée, lisse et luisante

D'un joli gris :

Il aurait eu du nerf celui qui aurait osé t'irriter

Aux jours d'autrefois.

Tu étais jadis au premier rang ,

Fortement bâtie, ferme et de haute taille;

Tu posais sur la terre une jambe aussi bien faite

Que pas une qui l'ait jamais foulée ; Et tu savais voler par-dessus une mare

Comme un oiseau.

Il y a maintenant quelque vingt-neuf ans Que tu étais la jument de mon beau-père ; Il te donna à moi, pour toute dot,

Avec cinquante marcs*; Quoique peu de chose, c'était de l'argent bien gagné,

Et tu étais vigoureuse.

La première fois que j'allai faire la cour à ma Jenn\ , Vous trottiez alors avec votre maman : Quoique vous fussiez espiègle, rusée et joueuse,

Jamais vous n'étiez rétive; Mais simple, docile, paisible et douce.

Et tout avenante.

Ce jour-là vous caracoliez avez beaucoup de fierté Quand vous portiez au logis ma belle liancée :

l. Le marc vaut treize shillings ot liuit sous. i.Y. d. lrnd.\

Et, ravissante et gracieuse, elle vous montait

D'un air virginal !

J'aurais pu défier tout Kyle Stewart

De montrer vos pareilles.

Quoique à présent vous ne puissiez plus que vous traîner et boiter. Et trébucher comme une barque de pêcheur de saumons. Ce jour-là vous étiez une noble et alerte fille

Comme pieds et comme haleine '.

Et vous les fîtes courir jusqu'à ce qu'ils fussent tous chancelants

Loin, loin . derrière !

Quand toi et moi nous étions jeunes et fiers ,

Et que le repas de l'écurie se faisait attendre aux foires ,

Comme tu te cabrais , et hennissais , et criais ,

Et en prenais la route '.

Les gens de la ville couraient, et se tenaient à l'écart ,

Et t'appelaient folle.

Quand tu étais repue et que j'étais ivre,

^'ous nous mettions toujours en route comme une hirondelle :

A Brooses tu n'avais pas ton pareil

Pour la moelle et la vitesse; Mais tu vous les battais tous à plat,

N'importe où tu allais.

Les petits chevaux de chasse à la croupe rompue

T'auraient peut-être dépassée à une petite course ;

Mais pendant six milles d'Ecosse tu mettais leur ardeur à l'épreuve

Et tu les essoufflais :

Ni fouet ni éperon , mais simplement une bap;uette

De sauU; ou de noisetier.

Tu étais le plus noble animal

Qui ait jamais été attelé dans du cuir vert ou de la corde !

Souvent toi et moi , en huit heures de marche ,

Par un bon temps de mars, Nous avons retourné une Acre et demie, haut la main ,

Plusieurs jours de suite.

Jamais tu ne t'emportais, ni ne luttais, ni ne résistais au joug ;

Mais tu remuais ta vieille (jucue ,

Et tu élargissais ta i)oitrine bien remplie

Avec force et puissance, Jusqu'à ce que des montagnes de roseaux gémissent arrachés

Et tombassent l'un sur l'autre.

Quand les gelées duraient long-temps, et que les neiges étaient Et qu'elles menaçaient d'arrêter le travail, profondes,

.11' remplissais ta mesure im peu

Au-dessus ilu bois ; Jc savais (juc ma Maggio ne dormirait pas Pour cela plus qu en été.

Au chariot ou à la charrette, tu n'étais jamais rétive; La descente la plus escarpée , tu l'aurais atfrontée ; Jamais tu ne sautais, te cabrais , te jetais en avant,

Puis t'arrêtais pour soulïler ; Mais , quand tu avais un peu hâté le pas ,

Tu le ralentissais insensiblement.

Tout mon attelage se compose de tes enfants ,

Les quatre plus braves bêtes qui aient jamais porté le joug ;

J'en ai vendu en outre six de plus ,

Que tu as nourries.

J'ai tiré treize livres et deux shillings

De la pire d'entre elles.

Nous avons fait tous deux bien des travaux pénibles Et nous avons lutté contre les tourments du monde ! Et , dans bien des jours danxiété , jai cru

Que nous serions battus 1 Pourtant nous voici arrivés à la vieillesse débile

Avec quelque chose encore.

Et ne pense pas, mon vieux et fidèle serviteur, «Jue maintenant peut-être tu mérites d'avoir moins , Et (lue tu pourras souffrir la faim sur tes vieux jours ;

Car, sur mon dernier boisseau, Je mettrai un picotin tout comble

De côté pour toi.

Nous sommes parvenus ensemble à l'âge des infirmités;

Nous irons tout branlants l'un avec l'autre ;

Avec un soin attentif je te transporterai avec tes entraves

Dans (luekiuc sillon réservé Où tu puisses noblement dilater ton cuir

Avec peu de fatigue.

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