DÉDIÉ \ R. AIKEN, ESQ
Que l'ambition ne tourne pas en ridicule leur utile travail , Leurs plaisirs f^rossiers , et leur destinée obscure;
Et que la grandeur n'écoute pas avec un souris dédaigneux Les courtes ma'S simples annales du pauvre.
Grw.
Vous (|uc je chéris, fiuo j'honore et ([ue je respect(% ô mon ami 1 Ce n'e.«.t point un barde mercenaire (pii vous fait sou hommage:
Avec un honnête orgueil, je méprise toute vue égoïste :
Ma pluscherc récompense, c'est l'eslime et la louange d un ami.
Pour NOUS je. chante on simples luis écossais,
1 Docteur ïuunt;. [N.d. Vaut.,
l'OEslES DE \\l\\y>. g3
L liumble classe isolée do la scène du niuude; Les sentiments naturels dans leur force, les voies innocentes;
Ce (juaurait été Aiken dans une chaumière; :reux, je crois '/ Ah I quoique son mérite eût été inconnu, il y eût été bien plus heu-
Le froid Novembre souffle à grand bruit et avec colère ;
La courte journée d'hiver touche à son terme , Les bêtes fangeuses sont retirées de la charrue,
Les noires troupes de corbeaux songent au repos. Le paysan excédé de fatigue quitte son travail :
Ce soir sa semaine de labeur est finie ; 11 rassemble ses bêches, ses hoyaux et ses houes,
Espérant goûter à l'aise le repos du matin , Et fatigué, sur la bruyère, il dirige sa course vers son logis.
Enfin sa chaumière isolée apparaît à sa vue.
Abritée sous un vipil arbre :
Ses petits enfants (pii l'attendent accourent en trébuchant
Au-devant de leur père avec un trémoussement et des cris de joie. Son tout petit feu à la mine riante ,
La propreté de son foyer, le sourire de sa femme économe , Le babil de l'enfant qui balbutie sur son genou.
Trompent tous ses soucis et son anxiété cuisante . Et lui font oublier entièrement sa fatigue et sa peine.
Bientôt entrent les fils aînés .
En service au dehors, chez les fermiers d'alentour : Les uns mènent la charrue, d autres les troupeaux, d'autres pru-»
Une affaire avantageuse à la ville voisine. [dents vont faire] Leur première espérance, leur Jenny, devenue une femme,
Dans la fleur de la jeunesse , l'œil étmcelant d'amour, Arrive , peut-être pour montrer une belle robe neuve ,
Ou pour déposer ses gages péniblement gagnés , Afin d'aider ses chers parents, s'ils sont dans la gêne.
Frères et sœurs vont au-devant avec une joie franche [rent.] Et se demandent réciprocpioment avec bienveillance s'ils prospc'
Ainsi réunis , les heures fuient d'une aile rapide sans qu'on s'en (îhacun raconte les nouvelles (pi il \ oit ou entend ; [aperçoive ;]
Le.-* parents contemi)lent d'un leil partial leurs années pleines d'es-* L'antici|tution guide au Unu la vue. ^I'^J'i'Ij
LiJ mère. u\ec son aii;uille et ses ciseaux .
86 POESIES DE BlK^S.
Fiiit paraître les vieux habits presque comme neufs ; — Le père entremêle le tout d'admonitions convenables.
Tous les enfants sont avertis d obéir
Aux ordres de leur maître et maîtresse . Et de s'occuper de leurs travaux dune main diligente.
Et de ne jamais , quoique hors de vue , s'amuser ni jouer : « Et surtout . ne manquez pas de craindre toujours le Seigneur 1
Et rendez-lui vos devoirs , comme il convient . matin et soir ! De peur de vous égarer dans la voie de la tentation ,
Implorez son conseil et sa puissante assistance : ^gneur 1 »] Us n'ont jamais cherché en vain, ceux qui ont bien cherché le Sei-
VÏI.
Mais , chut 1 on frappe doucement à la porte ;
Jenny. qui sait ce que pareil coup veut dire. Raconte comme quoi un jeune garçon voisin a traversé la bruyère,
Pour faire des commissions, et l'escorter jusqu'au logis. La mère rusée voit la conscience allumer une tlamme
Dans l'œil de Jenny et rougir sa joue ; Le cœur pénétré de sollicitude iiujuiète , elle s'informe du nom.
Tandis que Jenny est à demi effrayée de parler; [sujet , un libertin . ] La mère est bien contente d'apprendre que ce n'est point un mauvais