‹ Poésies complètes. Traduites de l'écossaisChapitre 56 sur 267 · DÉDIÉ \ R. AIKEN, ESQ · texte numérisé non relu

DÉDIÉ \ R. AIKEN, ESQ

Que l'ambition ne tourne pas en ridicule leur utile travail , Leurs plaisirs f^rossiers , et leur destinée obscure;

Et que la grandeur n'écoute pas avec un souris dédaigneux Les courtes ma'S simples annales du pauvre.

Grw.

Vous (|uc je chéris, fiuo j'honore et ([ue je respect(% ô mon ami 1 Ce n'e.«.t point un barde mercenaire (pii vous fait sou hommage:

Avec un honnête orgueil, je méprise toute vue égoïste :

Ma pluscherc récompense, c'est l'eslime et la louange d un ami.

Pour NOUS je. chante on simples luis écossais,

1 Docteur ïuunt;. [N.d. Vaut.,

l'OEslES DE \\l\\y>. g3

L liumble classe isolée do la scène du niuude; Les sentiments naturels dans leur force, les voies innocentes;

Ce (juaurait été Aiken dans une chaumière; :reux, je crois '/ Ah I quoique son mérite eût été inconnu, il y eût été bien plus heu-

Le froid Novembre souffle à grand bruit et avec colère ;

La courte journée d'hiver touche à son terme , Les bêtes fangeuses sont retirées de la charrue,

Les noires troupes de corbeaux songent au repos. Le paysan excédé de fatigue quitte son travail :

Ce soir sa semaine de labeur est finie ; 11 rassemble ses bêches, ses hoyaux et ses houes,

Espérant goûter à l'aise le repos du matin , Et fatigué, sur la bruyère, il dirige sa course vers son logis.

Enfin sa chaumière isolée apparaît à sa vue.

Abritée sous un vipil arbre :

Ses petits enfants (pii l'attendent accourent en trébuchant

Au-devant de leur père avec un trémoussement et des cris de joie. Son tout petit feu à la mine riante ,

La propreté de son foyer, le sourire de sa femme économe , Le babil de l'enfant qui balbutie sur son genou.

Trompent tous ses soucis et son anxiété cuisante . Et lui font oublier entièrement sa fatigue et sa peine.

Bientôt entrent les fils aînés .

En service au dehors, chez les fermiers d'alentour : Les uns mènent la charrue, d autres les troupeaux, d'autres pru-»

Une affaire avantageuse à la ville voisine. [dents vont faire] Leur première espérance, leur Jenny, devenue une femme,

Dans la fleur de la jeunesse , l'œil étmcelant d'amour, Arrive , peut-être pour montrer une belle robe neuve ,

Ou pour déposer ses gages péniblement gagnés , Afin d'aider ses chers parents, s'ils sont dans la gêne.

Frères et sœurs vont au-devant avec une joie franche [rent.] Et se demandent réciprocpioment avec bienveillance s'ils prospc'

Ainsi réunis , les heures fuient d'une aile rapide sans qu'on s'en (îhacun raconte les nouvelles (pi il \ oit ou entend ; [aperçoive ;]

Le.-* parents contemi)lent d'un leil partial leurs années pleines d'es-* L'antici|tution guide au Unu la vue. ^I'^J'i'Ij

LiJ mère. u\ec son aii;uille et ses ciseaux .

86 POESIES DE BlK^S.

Fiiit paraître les vieux habits presque comme neufs ; — Le père entremêle le tout d'admonitions convenables.

Tous les enfants sont avertis d obéir

Aux ordres de leur maître et maîtresse . Et de s'occuper de leurs travaux dune main diligente.

Et de ne jamais , quoique hors de vue , s'amuser ni jouer : « Et surtout . ne manquez pas de craindre toujours le Seigneur 1

Et rendez-lui vos devoirs , comme il convient . matin et soir ! De peur de vous égarer dans la voie de la tentation ,

Implorez son conseil et sa puissante assistance : ^gneur 1 »] Us n'ont jamais cherché en vain, ceux qui ont bien cherché le Sei-

VÏI.

Mais , chut 1 on frappe doucement à la porte ;

Jenny. qui sait ce que pareil coup veut dire. Raconte comme quoi un jeune garçon voisin a traversé la bruyère,

Pour faire des commissions, et l'escorter jusqu'au logis. La mère rusée voit la conscience allumer une tlamme

Dans l'œil de Jenny et rougir sa joue ; Le cœur pénétré de sollicitude iiujuiète , elle s'informe du nom.

Tandis que Jenny est à demi effrayée de parler; [sujet , un libertin . ] La mère est bien contente d'apprendre que ce n'est point un mauvais

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