‹ Poésies complètes. Traduites de l'écossaisChapitre 76 sur 267 · A WILLIAM SIMPSON · texte numérisé non relu

A WILLIAM SIMPSON

A OCIIILTUEE.

Mai 17b5.

J'ai reçu votre lettre, aimable Willie ;

D'un rœur reconnaissant, je vous remercie beaucoup.

Copendant, je dois le dire, je serais un sot

Et un grand vaniteux , Si je croyais, mon cher enjôleur,

A vos expressions flatteuses.

Mais je veux croire que votre intention était obligeante, 11 me répugnerait de penser qu'il y avait là-dessous Une satire ironique, dirigée de côté

Contre ma pauvre petite Muse ; Quoique vous l'ayez décrite en termes si louangeurs ,

Que j'ai peine à vous pardonner.

Ma raison serait à l'envers.

Si j'osais espérer de gravir Avec Allan, ou avec Gibertfield,

Les hauteurs de la renommée ; Ou avec Fergusson, le jeune écrivain,

Nom immortel.

(0 Fergusson 1 ton brillant génie

Elait peu propre à la science aride et lourde du droit 1

Maudits soient vos cœurs de pierre.

Gens d'Edimbourg 1 Le dixième de ce que vous perdez aux cartes

Aurait garni son garde-manger !)

Cependant quand un conte me vient dans la télé, Ou que les filles me font un accroc au cœur. Car parfois elles semblent devoir causer ma mort

(0 mal cruel !), J'éveille mon chalumeau rustique;

Cela me fait du bien.

La vieille Coda peut bien maintenant se trémousser de plaisir

Elle a des poètes de son cru ,

Des gaillards qui ne ménageront pas leurs poumons,

Mais qui entonneront leurs chants, .liis(|irà ce (|ue tous les échos retentissent

De ses dignes lonanL'i^s.

Nul poète ne jugeait qu'elle valût la peine Qu'il mit son nom en style mesuré ; Elle était comme une île inconnue

Par delà la Nouvelle-Hollande , Ou bien là où les océans, dans leur farouche rencontre, bouillonnent

Au sud de Magellan.

Ramsay et le fameux Fergusson

Ont donné un bon coup de main au Forth et au Tay ;

L'Yarrow et la Tweed, sur maint air,

Retentissent dans l'Ecosse , Tandis que l'Irwin. le Lugar, l'Ayr et le Doon,

Personne ne les chante.

L'Ilissus , le Tibre, la Tamise et la Seine Coulent doucement dans maint vers mélodieux ! Mais, ^'illie, pose ton pied contre le mien

Et redresse ta crête, Nous ferons briller nos rivières et ruisseaux

A l'égal des meilleurs.

Nous chanterons les plaines et les champs de la vieille Coda, Ses landes d'un brun rougeàtre sous les bruyères en tleur, Ses collines et ses coteaux, ses creux et ses vallées,

Où le glorieux "Wallace Remporta souvent la palme, à ce que dit l'histoire.

Sur les gens du midi.

Au nom de Wallace quel sang écossais

Ne bout comme la mer dans les grandes marées !

Souvent nos pères intrépides ont marche

A côté de Wallace , Poussant toujours en avant, les pieds chaussés de sang,

Ou le corps teint d'un rouge glorieux.

Oh 1 charmants sont les vallons et les bois de Coda , Quand les linots chantent au milieu des bourgeons, Et (jue les lièvres agiles, dans de tendres ébats,

Se livrent à leurs amours , Tandis que sur les coteaux le pigeon ramier roucoule

D'un cri lamentable 1

Même le froid hiver a des attraits pour moi ,

Quand les vents se déchaînent confie l'arbre dépouillé ;

Ou ([ue les gelées sur les montagnes d'Ochillree

Sont gris-blanc ; Ou f(ue des tourbillons aveuglants volent fmienx.

Obsiurcissant le jour !

POESIES DE BLILXS. 119

0 Nature, tous tes aspects et toutes tes formes

Ont des charmes pour les cœurs sensibles et pensifs !

Soit que l'été bienfaisant nous réchauffe et nous rende

La vie et la lumière, Soit que Ihiver hurle, au fort des tempêtes,

Dans les longues et sombres nuits !

La Muse , aucun poète ne la jamais trouvée

Qu'il n'ait appris à errer seul.

Suivant les bords sinueux de quelque ruisseau sautillant ,

Sans trouver le chemin Ions.

Oh 1 qu'il est doux de s'égarer et de méditer pensif

Quelque chant sorti du cœur 1

Les gens cupides peuvent travailler comme des esclaves, Se pousser, se culbuter, lutter et s'efforcer. Qu'on me laisse décrire l'aspect de la Nature,

Et moi, avec plaisir, Je laisserai la ruche affairée et grommelante

Bourdonner sur ses trésors.

Adieu , « faiseur de rimes , mon frère 1 >.

Nous avons été trop long-temps inconnus l'un à l'autre :

Maintenant, que nos tètes reposent ensemble

Dans une amitié fraternelle 1 Puisse l'Envie bondir dans des entraves,

L'infernale et noire diablesse '.

Tant que les gens des hautes terres haïront les péages et les taxes. Tant que les bergers des landes aimeront le bon mouton gras , Tant que la terre, ferme sur son axe,

Fera son tour quotidien. Comptez que vous avez un ami , de cœur et de fait ,

Dans Robert Blrns.

Page 1