‹ Poésies complètes. Traduites de l'écossaisChapitre 96 sur 267 · LA MORT DE JOHN MAC LEOD, ESQ · texte numérisé non relu

LA MORT DE JOHN MAC LEOD, ESQ

FRi-:RE d'uN'K JErXE PERSONNE , AMIE PAKTICruÈRE DE LAUTEUR,

Triste est ton récit, page futile.

Et déplorable ton alarme :

La mort arrache un frère bien aimé

Des bras d'Isabella.

Agréablement parée de la rosée en perles,

La rose du matin peut s'épanouir ; Mais à midi une série de froids coups de vent

Peut jeter ses beautés à terre.

Sur le matin d'Isabella

Le soleil souriait propice ; Mais, long-temps avant midi, des nuages successifs

Trompèrent ses espérances successives.

Le destin rompt souvent les cordes du sein

Que la nature avait le mieux garni :

Ainsi était formé le cœur d'Isabella,

Et ainsi ce cœur fut brisé.

Le terrible Tout-Puissant, seul,

Peut guérir la blessure qu'il a faite ; Peut diriger les yeux pleins jusqu'au bord et usés par la douleiu"

Vers les scènes au delà du tombeau.

l.iO POESIES DE lîURNS.

Là les fleurs de la vertu s'épanouiront .

Et ne craindront [)lus avicun souille desséchant Là le mérite sans tache d'Isabella

Sera heureux enfin.

HUMBL,E PÉTITION DE L'EAU DE BRUAK .

Al NOBLE DUC DATHOLE.

I Les chutes de Bruar, dans Athole , sont excessivement belles et pittoresques; mais leur effet est tort affaibli par le manque d'arbres et d'arbustes. i

My lord , je sais que jamais le malheur

N'assiège en vain votre noble oreille ; Enhardi par là , je vous prie d'entendre

Votre humble esclave se plaindre De ce que les rayons brûlants de l'insolent Phœbus,

Dans tout l'orgueil flamboyant de Tété, Dessèchent, consument mes torrents écumeux ,

Et boivent mes flots de crystal.

Les truites curieuses , aux sauts légers ,

Qui jouent dans mes eaux, Si , dans leurs élans aventureux et folâtres ,

Elles s'égarent près du bord ; Si, chance malheureuse', elles s'attardent long-temps.

Je suis tellement tari par la chaleur, Qu'elles restent entre les pierres blanchissantes

A se rouler dans les convulsions de la mort.

L'autre jour je pleurais de dépit et de chagrin,

Quand le poète Burns passa , D'être vu par un barde,

Mon lit à moitié sec :

Même en l'état où j'étais, il m'adressa, je crois.

Des vers louangeurs ; Mais, si j'eusse été dans ma gloire,

11 m'eût adoré à genoux.

Ici, écumant contre les rocs cachés,

Je tords ma course vigoureuse; Là mon torrent fume à gros bouillons,

Mugissant en cascade.

Mettant largement à contribution charpie soiu'ce et fontaine,

Coninie la nature me h^s (loiiiia.

POiiSlES DE BUilNS. 151

Je suis, (iuoi(iue ce soit moi-mcmr» qui lo dise, Digne ({u'oii fasse un mille pour me voir.

Si ilonc il plaît à mon noble maître

D'exaucer mes vœux les plus grands .

Il ombragera mes bords d'arbres altiers

Et de beaux arbustes touffus.

Alors , doublement ravi , my lord ,

Votis errerez sur mes rives , Et écouterez maint oiseau reconnaissant

Vous faire de mélodieux remerciments.

La brune alouette, au gazouillement capricieux,

Aspirera au ciel ; Le chardonneret, le plus gai des enfants de la musique ,

Joindra sa voix charmante au chœur ; Le vigoureux merle, le linot au gosier clair,

Le mauvis doux et moelleux, Le rouge-gorge pensif, égaieront l'automne ,

Cachés dans toutes ses boucles jaunes.

Cela aussi leur assurera un couvert

pour se préserver de la tempête , Et le lièvre poltron dormira en sécurité,

Couché dans son gîte au milieu de l'herbe : Ici le berger s'asseoiera

Pour tresser sa couronne de fleurs ; Ou trouvera une retraite sûre où s abriter

Contre les ondées à la chute rapide.

Et ici, dans un doux et charmant mystère ,

Le couple amoureux se rencontrera.

Méprisant les mondes avec toute leur richesse

Comme un soin vide et oiseux :

Les fleurs rivaliseront de charmes

Pour embellir cette heure céleste, Et les bouleaux étendront leurs bras odoriférants

Pour cacher les tendres embrassements.

Ici peut-être aussi, à l'aube printanière,

Quelque barde rêveur pourra errer.

Et contempler la plaine fumante et humide de rosée,

Et la montagne grise de brume ; Ou , â la lueur de la lune des moissons

Bigarrant les arbres de teintes douces.

Se livrer à son délire, i)rès de mon torrent qui coule dans lOmbre

Enflant sa voix rauque dans la brise.

Permettez aux sapins altiers et aux fiènes si frais De couvrir mes humbU-s bords ,

152 POESIES DE BUR\?i.

Et de voir, on se peii'hant >ur 1 étan,2,

L humide lit de leurs ombrages !

Permettez aux bouleaux odorants, revêtus de chèvrefeuilles,

D'orner mes rocs escarpés ; Et, pour le nid du petit chanteur.

L'épine au berceau caché.

Et que puisse l'espoir chéri de la vieille Ecosse,

Votre petite troupe d'anges, S élever, comme ses pères, pour être l'appui

De sa terre natale honorée 1 Et que puisse, aussi loin que voit Albion,

De chaque verre empli par Tamitié , Le bénédicité être — « Les honnêtes gens d'Athole ,

Et d'Athole les jolies filles 1 »

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