IV PRÉFACE
notions simples et certaines dégagées des difficultés et des détails qa*il n'abordera que dans la seconde et la troisième lectures.
Tels sont les avantages de la disposition typographique que j'ai adoptée. Elle a soulevé cependant une critique que je ne puis passer sous silence. « N'est-il pas à craindre, a-ton dit, que l'étudiant préparant sa licence ne se cantonne trop volontiers, comme on l'y invite, dans le gros texte? (1) » Je n'ai pas eu cette pensée et n'ai pas besoin de m'en disculper. Mon seul but a été de faciliter la tâche aux bons étudiants, en leur proposant une méthode d'initiation qui leur permît de s'élever graduellement et sans fatigue jusqu'aux sommets de notre science, et nullement de favoriser les instincts des mauvais en leur offrant dans le gros texte le minimum des connaissances nécessaires pour réussir dans les examens de licence. Si quelques-uns font de mon livre un usage auquel il n'est pas destiné, on ne saurait m'en accuser, car l'abus se glisse partout, même dans les meilleures choses. Après tout, la partie de mon Précis imprimée en gros caractères présentera plus de garantie que la plupart de ces manuels, trop répandus hélas ! dans nos écoles, où le nombre des erreurs semble croître avec la brièveté et contre lesquels « l'Université poursuit une campagne qui, pour n'avoir pas un caractère religieux ou politique, n'en est pas moins ardente (2) ». Dût mon livre n'avoir pas d'autre résultat que d'en diminuer le crédit, je croirais encore avoir fait une œuvre utile.
Dans ces dernières années, notre législation civile a reçu des modifications et des compléments dont on ne peut méconnaître l'importance ni l'étendue. Il est nécessaire que les livres d'enseignement, destinés à la préparation aux examens, soient rigoureusement au courant de ces changements législatifs. Le Précis de droit civil doit à la date de sa publication le facile, mais précieux mérite de les indiquer ; on y trouve, avec Texplication du code civil, celle de toutes les lois, même les plus récentes, qui s'y rattachent.
(1) La France judiciaire j livraison de mars 1882, bulletin bibliographique.
(2) Gomple-renda de M. Tesloud, Revue critique de léQiilaUon et de jurisprudence, 1884, p. 633.
PRÉPACIf: V
Ainsi, pour parler (l*abord des dispositions nouvelles qui se réfèrent aux matières contenues dans le premier volume, une loi du 27 février 1880, conséquence nécessaire d'une révolution économique, a comblé une lacune de notre législation eu exigeant de nouvelles garanties pour Taliénation des valeurs mobilières appartenant aux mineurs et aux interdits. L'année suivante, les règles du code nivil sur la mitoyenneté des clôtures, sur les plantations, les droits de passage en cas d'enclave (plus de 12 articles du second livre) ont été diversement modifiés par une loi du 25 août 1881, fragment détaché de ce code rural que la France prépare depuis 80 ans et qui sera un chef-d'œuvre si sa valeur doit se mesurer au temps dépensé pour le faire. J'expose aussi dans le premier volume le dernier étal de la législation sur l'acquisition de la qualité de Français, et notamment les deux lois du 14 février 1882 et du 28 juin 1883, qui sont venues compliquer encore une matière déjà laborieusement réglementée. L'institution du mariage a subi dernièrement une modification considérable : une loi du 27 juillet 1884 a rétabli le divorce, en modifiant sur quelques points l'organisation consacfrée par le code civil de 1804 ; et plus récemment la loi du 18 avril 1886, sur la procédure du divorce et de la séparation de corps, a complété l'innovation en simplifiant les formes suivies jusqu'alors. Ces deux lois, aussi remarquables par la portée que par le nombre de leurs dispositions, ont été commentées avec des développements proportionnés à l'importance du sujet.
L'activité du législateur s'est encore portée sur d'autres points. Ainsi une loi du 5juin 1883 a modifié l'art. 175idu code civil relatif aux risques locatifs. Les vices rédhibitoires dans les ventes et échanges d'animaux domestiques ont été soumis à des règles nouvelles par la loi du 2 août 1884, qui abroge celle du 20 mai 1838. En outre, la loi du 28 mars 1885, pour mettre fin à une jurisprudence arbitraire, a proclamé la légalité des miarchés à terme tels qu'ils se pratiquent dans les bourses de commerce. Le troisième volume contient le commentaire détaillé de toutes ces lois.
Enfin j'indique la loi du 12 janvier 1886, qui a établi la